editorial

Après une hésitation un peu longue, l’avis de convocation pour l’assemblée générale de l’Association franco-culturelle de Hay River (AFCHR) a finalement été émis cette semaine. C’est le 8 mai que les francophones du Slave Sud feront le bilan de l’année d’opération qui s’est terminée en mars… 2019.

Ce n’est pas une petite pandémie qui arrêtera la francophonie ténoise d’afficher sa vitalité.

Le 18 mars, nous avons célébré une année sous «état d’urgence sanitaire». Cette mesure d’exception, pensée par nos législateurs comme forcément temporaire, a été reconduite toutes les deux semaines depuis un an, afin d’octroyer à l’administration de la santé publique des pouvoirs spéciaux qui, à certains égards, sont plus étendus que ceux de la première ministre et de la procureure générale combinés. Dans l’arsenal des dispositifs d’urgence de l’État, ceux qui permettent à de hauts fonctionnaires d’adopter par décret des lois spéciales limitant l’exercice de nos libertés fondamentales sont certainement ceux que l’on devrait employer avec le plus de parcimonie, de méfiance et d’encadrement.

«La veille des élections, il t’appelait son fiston, le lendemain comme de raison, il avait oublié ton nom.» Cette boutade que chantait Félix Leclerc serait-elle le sort que réserve le Parti libéral du Canada aux communautés francophones et acadiennes? Nous nous posons sérieusement la question.

Nos oreilles de minorité linguistique ont frisé en entendant un échange entre la députée de Great Slave et le ministre responsable des langues officielles, lors de la période de questions orales du 26 février. La députée Katrina Nokleby, précisant que, comme unilingue anglophone, elle avait elle-même eu recours à l’outil en ligne pour commander de la nourriture lors de voyages en Europe, a demandé au ministre R.J. Simpson s’il pouvait contacter Google pour faire ajouter les langues autochtones officielles du territoire à son module de traduction automatique. Selon la députée, une pareille initiative permettrait «?d’aider un petit territoire comme le nôtre à préserver ses langues?». De son côté, le ministre des langues, unilingue anglophone aussi, s’est montré enthousiaste envers la proposition.

Dans moins d’un mois, les journées seront plus longues que les nuits. Avec le retour de mars, que d’aucuns considèrent comme le plus beau mois dans le Nord, les visages longs de l’hiver feront bientôt place aux sourires perchés de l’équinoxe.

La semaine dernière une prise de bec entre la députée de Great Slave et la ministre de la Santé et des Services sociaux a attiré l’attention sur les travaux de l’Assemblée législative. Alors que ce genre d’invective est monnaie courante dans les assemblées provinciales ou à la Chambre des communes, aux Territoires du Nord-Ouest, nos parlementaires sont généralement plus courtois.

Comme le veut la tradition, la ministre des Finances, Caroline Wawzonek, portait d’élégantes chaussures neuves (achetées dans une boutique indépendante des TNO) pour présenter son budget, le 4 février. Elles étaient bien belles, certes, mais on ne voudrait pas se trouver dedans.

À la reprise parlementaire, la première ministre, Caroline Cochrane, a mis la table pour des séances législatives qui seront accaparées par le coronavirus. «La protection de la santé et du bienêtre de nos résidents et de nos collectivités demeure notre plus importante priorité», a-t-elle déclaré dans son discours d’ouverture.

Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) tient ces jours-ci une série d’audiences en vue du renouvèlement des licences du diffuseur public Radio-Canada. Sans surprise, les communautés francophones d’un bout à l’autre du pays ont profité de cette occasion pour faire connaitre leur mécontentement quant à leur piètre représentation dans les médias de la société d’État (voir texte en p.11).