editorial

Petite bombe ce lundi 19 juillet. Radio-Canada met en ligne l’information selon laquelle le Gouvernement canadien permettra à Monsanto de proposer son pesticide Roundup à des doses de deux à trois fois celles utilisées présentement. Cette nouvelle se voulait un accompagnement à la campagne pour recueillir les commentaires des citoyens. Sauf que, oh surprise, cette campagne, lancée en sourdine le 6 mai, se terminait… le lendemain, soit le mardi 20 juillet?! Certainement pas une information disséminée à tout vent.

Cette année, le Traité 11 devient centenaire. Bien que proposé sans aucune restreinte morale par les gouvernements de l’époque, la volonté fédérale de moderniser ce pacte en 2005 a mené à une renégociation des clauses de cette entente entre le Canada et les Tlichos. Mais qui se souvient de ce long processus?? Qui tient compte de ces faits du passé, alors que l’attention moyenne de tout un chacun ne dépasse guère les quelques minutes dans nos vies modernes??

On apprenait, le 4 juin, le départ du doyen de l’Assemblée législative. Jackson Lafferty, qui aura représenté les électeurs de Monfwi durant près de 16 ans, a pris la décision d’abandonner son siège de député pour se porter candidat au poste de Grand chef tlicho. Le vétéran de la politique territoriale laisse un héritage important au chapitre de la défense et de la promotion des langues officielles.

C’est avec effroi que nous avons appris le recensement de quelque 215 cadavres d’enfants sur le terrain d’un ancien pensionnat indien en Colombie-Britannique. L’idée d’un charnier au Canada venait à jamais briser l’illusion d’un pays fondé sur les droits de l’homme et le respect des peuples.

Depuis quelques jours, on sent que le vent tourne. Si l’on continue de recenser des nombres de cas de COVID-19 préoccupants dans certaines régions du pays, dans l’ensemble, la situation semble s’améliorer. Plusieurs provinces ainsi que le territoire du Yukon ont annoncé la reprise graduelle des activités et l’on sent qu’un été de renouveau se prépare.

La tragédie des inondations dans le Dehcho a grandement secoué les Ténois. C’est déchirant de voir les images du joli village de Jean Marie River en bonne partie détruit par la crue et celles des résidents de Fort Simpson sous les tentes. Nos pensées accompagnent toutes les familles éprouvées par le sinistre.

C’est avec une vive émotion que nous avons appris, plus tôt cette semaine, le décès d’un grand ami du Nord, l’anthropologue, auteur et communicateur Serge Bouchard. Le mammouth laineux était un favori des Ténoises et des Ténois.

La semaine dernière, nous publiions un dossier sur l’offre active de service en français dans le système de santé des TNO. Pour le réaliser, nous avons sollicité les témoignages de la communauté francophone. Plusieurs d’entre vous ont spontanément répondu à notre appel et ont pris le temps de nous raconter vos difficultés à vous faire servir en français par le gouvernement territorial. Cette réponse nous suggère que nous ne sommes pas seuls à avoir observé les problèmes que nous avions identifiés et que ces difficultés sont plus répandues que ce que laissent croire les statistiques triomphantes brandies par le GTNO pour s’autocongratuler de ses efforts en matière de langues officielles. Plus de 35 ans après l’adoption de la Loi sur les langues officielles des TNO, les services en français demeurent fréquemment indisponibles.

Lorsque le député de Tu Nedhé-Wiilideh, Steve Norn, a annoncé qu’il avait contracté la COVID-19 et qu’il était à l’origine de l’émission d’une notification d’exposition dans un restaurant de Yellowknife, la rumeur s’est emballée. Et quand ce cas est devenu une grappe de cinq et qu’il a entrainé l’isolement de quelques 90 possibles contacts, dont des élèves d’une école secondaire, plusieurs sont tombés à bras raccourcis sur le législateur.

Nous attendions avec impatience une mise à jour des règles de santé publique en vigueur au territoire. Avec le temps doux qui semble vouloir s’installer, plusieurs d’entre nous anticipent déjà l’été en se posant cette question qui brule nécessairement les lèvres d’une société d’expatriés confinée dans ses frontières depuis plus d’un an : allons-nous pouvoir revoir nos familles?