Si les immigrants s’en mêlaient… : Un mois de réflexions sur nos droits

Voici quelques-uns des moments qui ont retenu l’attention au cours de ce mois de juin, certains plus inspirants et mémorables que d’autres, à vous de juger et de faire votre propre liste.


Le 3 juin — Toronto
Les célébrations du Mois de la Fierté sont lancées et cette année marque le cinquantième anniversaire des émeutes de Stonewall, à New York. Stonewall marque le début de la résistance de la communauté LGBTQ2+ et de la Fierté. Cette année, le Mois de la fierté est une occasion pour réfléchir sur la longue marche vers l’inclusion et la lutte continue pour l’obtention des droits de la communauté LGBTQ2+. L’affaire McArthur et les meurtres en série de ce tueur pendant une décennie sont un rappel douloureux qu’il a fallu la disparition d’un Blanc pour sonner l’alerte. Les relations entre la communauté et la police restent tendues et cette année encore, les policiers ne peuvent toujours pas participer au défilé en portant leurs uniformes. Certains groupes participant à la Fierté dénoncent cela et répètent que malgré le lourd passé d’oppression, il faut bâtir des ponts et bannir toute forme d’exclusion.


Le 3 juin — Gatineau
Dépôt du rapport Réclamer notre pouvoir et notre place de l’Enquête sur les femmes et les filles autochtones assassinées et disparues. Les 231 appels à la justice ne concernent pas uniquement les institutions et les gouvernements, les fournisseurs de services sociaux, les industries privées, etc. Ils s’adressent à l’ensemble de la population du Canada, à court et à long terme.


Le 13 juin — Oakland
Les Raptors nous font vibrer toute la saison et finalement au sixième match, remportent la victoire contre les Warriors de Golden State. Une série qui a soulevé l’enthousiasme d’un bout à l’autre du pays. Oui, les Blues de Saint-Louis, une équipe dont la majorité des joueurs sont canadiens, ont emporté leur première coupe Stanley depuis 52 ans, deux jours avant la finale de la NBA, mais on dirait que ce trophée est pratiquement passé inaperçu. Le hockey n’est-il plus le seul sport typiquement canadien ? We the North, le slogan des Raptors et la diversité de l’équipe renvoient l’image d’un Canada multiculturel. On célèbre un sport rassembleur, accessible financièrement à tous, y compris aux familles immigrantes fraichement arrivées au Canada.


Le 18 juin — Sacramento, Californie

« Cela s’appelle un génocide ». C’est le prélude du discours émouvant que le gouverneur de la Californie, Gavin Newson, prononce en présentant des excuses formelles aux peuples autochtones de l’État de la Californie. En 1851, le premier gouverneur de la Californie, Peter Burnett, déclarait aux membres de sa législature de « ne s’attendre qu’à la guerre tant que la race indienne ne sera pas éteinte. »


Le 20 juin — Ottawa
Le gouvernement fait voter la motion sur « l’urgence climatique » à la Chambre des communes et plus tard, dans la même journée, donne le feu vert au projet d’expansion de l’oléoduc Trans Mountain. Urgence climatique ou urgence électorale, se demandent certains éditoriaux. L’enjeu climatique sera heureusement le thème central des prochaines campagnes électorales, à tous les niveaux.


Le 20 juin — Yellowknife
« Cela est juste et bon. » C’est la réflexion que je me fais quand j’assiste à une cérémonie de citoyenneté très spéciale qui s’est tenue à Dettah. Pour célébrer le Mois national de l’histoire autochtone, des immigrants ont prêté leur serment de citoyenneté dans un esprit de réconciliation avec les peuples autochtones. Un dialogue à trois, entre les peuples autochtones, les Canadiens de longue date et les nouveaux Canadiens doit être lancé, comme le souligne l’ancien chef des Dénés Yellowknives, Jonas San-gris. Mme Margaret Thom, commissaire des TNO, fut la première à souhaiter la bienvenue aux nouveaux citoyens, suivie du député fédéral Michael McLeod et de la mairesse de Yellowknife, Mme Rebecca Alty. Un tout petit bémol : j’avais espéré que le nouveau serment de citoyenneté serait déjà en vigueur, mais c’est encore à l’état de projet de loi. C’est un autre projet de loi mis sur la glace avec la fin des travaux de la Chambre des communes, le 21 juin. Dans le nouveau libellé du serment, le nouveau citoyen jure de respecter la Constitution qui reconnait et confirme les droits (ancestraux ou issus des traités) des Premières Nations, des Inuits et des Métis.


La cérémonie avait été précédée par des tables rondes, où les nouveaux citoyens ont pu partager leurs expériences du Canada et ce que cela représente d’être canadien pour eux. Une remarquable avancée en comparaison de la formule très protocolaire à laquelle nous avions été habitués auparavant.


Le 21 juin — Ottawa
Fin des travaux parlementaires. La campagne électorale fédérale n’est pas officiellement lancée, mais c’est dans l’air.

À moins que le Congrès des États-Unis ne ratifie la nouvelle version de l’ALÉNA, ce qui est peu probable, cette fin des travaux est la fin de ce Parlement.


La frénésie des activités de la semaine dernière a des relents de début de campagne électorale. Malheureusement, le projet de loi C-262, qui vise à arrimer la Constitution canadienne à la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, restera lettre morte. Ce qui est d’autant plus dommage que le député à l’origine de cette loi, survivant des pensionnats, ne se représentera pas à la prochaine élection. La ratification de ce projet de loi aurait lancé un symbole fort de réconciliation.


Le 21 juin — Montréal
La Rue Amherst deviendra la rue Atateken à la fin de l’été. Atateken est un mot mohawk qui signifie « fraternité » ou encore « groupe de personnes ou de nations avec qui l’on partage des valeurs ». Le général Jeffery Amherst est le cerveau derrière la première « guerre bactériologique », la stratégie de distribution à certaines Nations autochtones de couvertures infestées de variole. Il ne s’agit pas de réécrire l’histoire, comme le soulignent certains; il s’agit de revisiter l’histoire pour essayer de corriger et de réparer les erreurs du passé. Si changer le nom d’une rue ne résout pas les problèmes des peuples autochtones, le geste est symbolique et important pour la guérison des victimes et de notre société en général.


Le 21 juin — Yellowknife

Journée nationale des peuples autochtones. On a eu droit à une belle journée ensoleillée et festive.


Le 27 juin — Yellowknife

Journée du multiculturalisme. Cette année, l’association YK Dance invite la communauté à célébrer le multiculturalisme à l’hôtel Château Nova, à la Salle Caribou Au Canada, on fête le multiculturalisme sur fond de débat sur la Loi de la laïcité de l’État adoptée au Québec la semaine dernière. Cette loi est-elle, en fait, l’arbre qui cache la forêt ? Multiculturalisme ou interculturalisme, est-ce un faux débat ou un débat strictement québécois ? Est-ce que le Canada « anglais » est épargné par ce malaise ? On s’en reparle bientôt.


Ajouter un commentaire
Vous désirez laisser un commentaire en tant que : Anonyme
Mon compte

Politique des commentaires

L'Aquilon désire encourager des débats intelligents et respectueux entre les utilisateurs de son site Web. Nous voulons créer une plateforme où divers points de vue et opinions peuvent être exprimés sur une vaste variété de sujets.

Cependant, nous avons décidé d'établir un mécanisme de modération complète. Ainsi, tout commentaire est lu et évalué par un modérateur avant d'être mis en ligne sur le site. La modération est effectuée par les membres du personnel de L'Aquilon, selon un horaire variable. Un délai plus ou moins long peut survenir entre l'envoi d'un commentaire et son autorisation.

D'emblée, tous les articles produits par les membres du personnel et par nos pigistes permettront aux lecteurs d'émettre un ou des commentaires. Cependant, il est possible que l'option de commentaire soit désactivée en raison d'un manque de disponibilité pour effectuer la modération ou lorsqu'un article perd de son actualité.

Voici les paramètres qui guideront les modérateurs : - Éviter tout propos discriminatoire, en suivant les principes de la Charte canadienne des droits de la personne. - Éviter tout propos qui constituerait du libelle ou pourrait être perçu comme étant diffamatoire.

- Éviter le langage abusif, les injures ou les insultes

En acceptant les termes de cette politique des commentaires, vous reconnaissez que le journal ne peut être tenu responsable pour la publication de vos commentaires.

Seuls les usagers inscrits et acceptant la politique des commentaires peuvent émettre un commentaire.

Suivez-nous
Changer de ville
Aucun éditorial pour cette semaine.
Sondage

Aucun sondage sur le site présentement!

Voir tous les résultats des sondages