Un bilan en demi-teinte pour la délégation inuite à la COP26

Une délégation dirigée par le Conseil circumpolaire inuit (CCI) s’est rendue à la COP26, 
en Écosse. Le CCI est une organisation non-gouvernementale visant à défendre les 
enjeux inuits sur la scène internationale. (Crédit photo : Crystal Martin-Lapenskie)

Une délégation dirigée par le Conseil circumpolaire inuit (CCI) s’est rendue à la COP26, en Écosse. Le CCI est une organisation non-gouvernementale visant à défendre les enjeux inuits sur la scène internationale. (Crédit photo : Crystal Martin-Lapenskie)

À peine de retour au pays, l’heure est au bilan pour les militant.e.s inuit.e.s qui ont participé à la COP26, la conférence sur les changements climatiques tenue à Glasgow, en Écosse, du 31 octobre au 12 novembre dernier.

Laurie Trottier - L'Aurore boréale

Joint.e.s par téléphone quelques jours après leur retour au Canada, Brian Pottle et Crystal Martin-Lapenskie, délégués de la jeunesse au Conseil circumpolaire inuit (CCI), n’ont pas abandonné leur optimisme au fond du Loch Ness. Contrairement à la jeune militante Greta Thunberg, qui a résumé la COP26 en trois mots sur Twitter, « bla, bla, bla », les deux membres de la délégation insistent sur le sentiment d'autonomie qui les a animés tout au long des discussions. « Avons-nous laissé un impact ? Je l’espère. Je suis optimiste et j’ai bon espoir que plus nous participons aux dialogues et exposons les réalités du changement climatique sur nos collectivités et montrons comment cela affecte notre existence entière en tant qu'Inuk. Je ne sais pas à quelle vitesse, mais je pense que c’est un pas en avant. »

 

Les jeunes au micro

Crystal Martin-Lapenskie n’en était pas à sa première COP. Cette Conférence des parties est une réunion annuelle des parties signataires de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, dont le Canada. Elle admet s’être sentie beaucoup plus prête que lors de sa première expérience. En plus de favoriser la coordination des délégué.e.s du CCI, cette dernière a animé le panel sur la connaissance, l’innovation et les infrastructures inuites. La table ronde entre de jeunes militants de l’Arctique explorait les façons de mobiliser les connaissances inuites afin d'établir des infrastructures plus résilientes au climat. Selon elle, ce panel a souligné à nouveau le savoir incommensurable de la jeunesse inuite.

« Quand je pense aux changements climatiques, il ne s’agit pas tant de l’effondrement de la toundra ou de la fonte des glaces, mais des signes de la façon dont nous continuons à vivre dans une société qui contribue aux changements climatiques », a notamment lancé Adelaine Ahmasuk, représentante de la jeunesse du CCI pour l’Alaska. Victoria Qutuuq Buschman, également représentante pour l’Alaska et le Groenland a, quant à elle, souligné que les changements climatiques menacent la souveraineté alimentaire des inuits, en plus de rappeler les effets désastreux que la fonte du pergélisol a sur sa communauté. Brian Pottle, également président du Conseil national des jeunes Inuits, a ajouté qu’il serait temps qu’on se penche sur les vraies causes des changements climatiques, comme le capitalisme.

 

Vraies causes, vraies solutions ?

Pour M. Pottle, la COP26 n’a fait qu’effleurer les racines du problème des changements climatiques. S’il qualifie exceptionnel de rassembler autour d’une même table une centaine de nations pour discuter de cet enjeu planétaire, il craint que cela soit trop peu, trop tard. La déclaration finale de cette 26e édition de la conférence, le pacte de Glasgow, ne fait d’ailleurs pas l’unanimité. Adoptée à la dernière minute par 200 états, la déclaration appelle à « accélérer les efforts » vers la sortie du charbon, une première mention des énergies fossiles, mais qui ne va pas assez loin selon M. Pottle : « Le message a été dilué », résume-t-il.

Pour Mme Martin-Lapenskie, il faut se tourner vers les accomplissements. « Ce qui est important, c’est l’autonomisation. On a été entouré.e.s de délégué.e.s inuit.e.s incroyables qui ont fait un travail incroyable et nous ne pouvons pas oublier cela, nous devons le reconnaitre. Ce n’est pas une perte de temps ni d’énergie, ça montre plutôt la résilience de notre communauté », mentionne-t-elle.

Le CCI avait lancé trois appels à l’action en vue de la COP26, soit davantage d’efforts visant à limiter l’augmentation de la température mondiale, la reconnaissance d’écosystèmes essentiels et la valorisation du savoir autochtone dans la lutte contre les changements climatiques.

 

La culture inuite célébrée

La Journée internationale des Inuits, le 7 novembre, a été célébrée comme il se doit à Glasgow. « Nous avons eu des danses du tambour inuit, des chants traditionnels et des chants de gorge (…). C’était une journée pour célébrer nos réalisations et pour faire le point sur ce que l’on veut pour l’avenir », se remémore joyeusement Mme Martin-Lapenskie. Un iglou géant gonflable avait été installé pour l’occasion, et a permis au public de se familiariser avec la culture inuite. « Une partie importante de notre culture, c’est d’avoir du plaisir », ajoute M. Pottle.

Celui-ci aimerait que les délégations inuites soient plus impliquées dans les négociations de l’accord final lors de la prochaine COP. Les deux délégué.e.s ont aussi rappelé l’importance d’intégrer les savoirs autochtones dans la recherche scientifique sur les changements climatiques. Jeter l’éponge n’est tout simplement pas une option pour eux.

« Nous n’avons pas le choix. L’existence même des Inuit.e.s en dépend », conclut M. Pottle.


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