Énergie : Talston, un agrandissement superflu

07 février 2019
Bob Bromley. (Crédit photo : Denis Lord)

Bob Bromley. (Crédit photo : Denis Lord)

Selon Alternatives North, les minières devraient être obligées de produire une partie de leur propre énergie.

L’agrandissement de la centrale hydroélectrique de Taltson est une solution dispendieuse et faussement écologique alors qu’on y gaspille annuellement le tiers de son électricité potentielle.

C’est ce qu’affirme Robert G. Bromley, d’Alternatives North, qui a fait parvenir une lettre en ce sens à tous les députés des Territoires du Nord-Ouest, à des gouvernements autochtones et municipaux, ainsi qu'à d’autres intervenants.


Si Monsieur Bromley souligne que le barrage Taltson a déjà contaminé les truites du lac Nonacho, le plus gros impact d’un agrandissement de Taltson serait selon lui d’ordre financier, la centrale pouvant être agrandie jusqu’à 78 mégawatts sans inondation supplémentaire.


Il est très risqué d’entreprendre un ouvrage d’infrastructure de cette ampleur en anticipant qu’il fournira de l’énergie à faible cout. M. Bromley souligne que les grandes distances que devront parcourir les lignes de transmission se répercuteront sur ceux-ci.


« Il y a 270 kilomètres entre Taltson et Yellowknife et nous ne sommes pas encore rendus à la mine, dit-il. Ça sera plus dispendieux que le diésel. Et ça ne sera pas bon marché de vendre cette électricité aux marchés du Sud, où les prix diminuent. [...] Le Manitoba vendra son électricité environ six sous le kilowatt. On ne peut pas battre ça. »


Gaspillage

Le biologiste affirme que le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest gaspille annuellement depuis 30 ans entre six et neuf mégawatts en laissant aller l’eau plutôt qu’en produisant de l’électricité. L’équivalent de plusieurs dizaines de millions de dollars.


« [Le gouvernement] voulait économiser l’électricité pour une mine potentielle au lieu de la vendre aux collectivités, même à un prix plus bas, assure M. Bromley. Au moins il y aurait eu des revenus. C’est le premier geste qui devrait être posé au lieu de développer pour des marchés qui ne sont pas là. »


M. Bromley fait référence à des projets miniers de la province géologique des Esclaves, qui sont encore à l’état embryonnaire et manquent d’appuis financiers nécessaires pour se développer.


Pour Alternatives North, l’énergie produite par Taltson devrait être consommée localement dans le Slave Sud; elle pourrait alimenter des voitures électriques et, combinée avec la géothermie, chauffer nombre de bâtiments de la région.


« L’agrandissement de la centrale Taltson a été refusé à deux reprises lorsque j’étais député, rappelle Bob Bromley. Nous avons dépensé 13 M$ dans les stratégies énergétiques pour faire des évaluations. [...] Ça a été rejeté. C’est de la vieille pensée, on ne bouge pas avec notre temps sur l’énergie. [...] Aujourd’hui, on s’en va davantage vers des systèmes intégrés de vent, de solaire et d’hydroélectricité. »

Autonomie
Alternatives North préconise qu’une loi oblige les compagnies minières à produire une partie de leur énergie dans un pourcentage croissant au fil des ans : petits projets hydroélectriques, solaires et éoliens, biodiésel...


« Diavik le fait avec son projet de 9,2 mégawatts, dit M. Bromley et épargne de l’argent. Ça leur donne un avantage compétitif de le faire. Selon l’ONU, nous avons 12 ans pour arrêter la production de gaz à effet de serre. [...] Si une mine se développe, elle doit respecter des normes. »


Alternatives North n’a reçu aucun appui formel de la part de ceux et celles à qui sa lettre était adressée. Par contre, le chapitre ténois du Conseil des Canadiens a affirmé être complètement d’accord avec cette lettre.


« Comme nous l’avons dit et répété à propos du Site C sur la rivière de la Paix, écrit la coprésidente de l’organisme, Lois Little, les méga-barrages et l’agrandissement d’installations hydroélectriques n’ont pas de bonnes raisons d’être. Ils ne font qu’augmenter les risques pour le climat et les écosystèmes que nous ne pouvons nous permettre. »


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