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Signal de Radio-Canada à Yellowknife: le choix s’arrête sur Edmonton

15 septembre 2022
Le répétiteur de Radio-Canada, dont l’AFCY détient la licence depuis près de 30 ans, diffusera sous peu la programmation d’Edmonton. (Crédit photo : Giorgio Galano)

Le répétiteur de Radio-Canada, dont l’AFCY détient la licence depuis près de 30 ans, diffusera sous peu la programmation d’Edmonton. (Crédit photo : Giorgio Galano)

Les Franco-Ténois ont tranché: après plus de trente ans de diffusion à Yellowknife, le signal de Radio-Canada Montréal sera remplacé par celui d’Edmonton.

Thomas Éthier – IJL
Réseau.Presse – L’Aquilon

Les auditeurs de Radio-Canada à Yellowknife entendront bientôt la programmation d’Edmonton sur la bande FM. Cette décision découle des résultats d’un récent sondage en ligne, selon lesquels 68 % des 86 répondants se sont prononcés en faveur du signal de l’Alberta. Seulement 19 % d’entre eux ont indiqué vouloir conserver le signal de Radio-Canada Montréal, capté dans la capitale depuis 1991.

Le premier directeur de Radio-Canada pour l’Alberta, la Colombie-Britannique et le Grand-Nord, Yann Prud’homme, a confirmé à Médias ténois que le processus sera enclenché sous peu. « Nous venons de franchir l’étape la plus importante, a-t-il indiqué. Les citoyens francophones de Yellowknife ont choisi le signal qu’ils jugent le plus pertinent, et cela mènera à un éventuel changement de signal. »

L’Association franco-culturelle de Yellowknife (AFCY), qui détient la licence de rediffusion du signal de Radio-Canada à Yellowknife, a lancé les consultations en juin, après que le diffuseur public ait proposé de nouvelles options de signal. « Nous avons eu un très bon taux de réponse avec 86 répondants, estime Batiste Foisy, chargé de la programmation et des communications et auteur du sondage. J’ai l’impression que l’enjeu a interpelé la communauté et que les gens avaient envie de se prononcer. »

Quelque 74 % des répondants sont âgés de 30 à 50 ans, les plus de 50 ans représentant 20 % des participants. Les 18-30 ans ne représentent que 6 % des répondants, et aucun jeune de moins de 18 ans ne s’est prononcé, un faible taux de participation qui, selon M. Foisy, pourrait s’expliquer par une tendance des moins de 30 ans à préférer le Web à la bande FM. Les personnes s’identifiant comme femmes représentent 55 % des participants.

 

Des attentes envers Edmonton

Trois choix de signaux ont été proposés à la communauté dans le cadre des consultations. L’option du statuquo, soit de poursuivre avec le signal de Mont-Tremblant pour la programmation de Montréal, arrive en seconde position avec 19 % des votes, alors que 13 % des répondants ont dit vouloir capter la programmation de Vancouver.

Bien que le diffuseur public déploie une vidéojournaliste aux TNO, Radio-Canada n’a aucune station de radio dans le Nord canadien. Le nouvel auditoire qui s’ajoute à celui de l’Alberta pourrait toutefois influencer le contenu présenté par l’équipe d’Edmonton, selon Yann Prud’homme.

« La communauté a décidé de quitter le statuquo pour un ancrage régional, ce qui offre une possibilité pour l’équipe d’Alberta de collaborer directement avec l’équipe d’ICI Grand-Nord, affirme-t-il. Pour nous, c’est un nouvel auditoire qui s’ajoute à celui de l’Alberta, et il est important de nous assurer d’être pertinents pour cet auditoire, tout en demeurant pertinent pour les Franco-Albertains. »

« On ne peut pas leur dire quoi couvrir ou quoi diffuser, souligne Batiste Foisy. Mais en sachant qu’ils ont de nouveaux auditeurs à Yellowknife, je ne serais pas surpris, par exemple, qu’on commence à offrir les prévisions météo de Yellowknife à l’émission du matin Café show, ou même que l’on invite la journaliste de Yellowknife, Julie Plourde, à l’émission. »

« Les membres de la communauté francophone font un acte de foi en optant pour le signal d’Edmonton, et s’attendent à ce que la programmation soit plus pertinente pour eux, poursuit-il. S’il s’avère que le contenu n’est pas pertinent, forcément, cela va créer de l’insatisfaction. Je crois qu’il y aura une certaine pression du côté de Radio-Canada de livrer la marchandise. »

 

Insatisfactions à prévoir

Bien que le signal d’Edmonton ait rallié une forte majorité de répondants, l’AFCY demeure consciente que ce choix ne fait pas l’unanimité. « Environ le tiers des répondants a choisi une autre option, souligne M. Foisy. Un éventuel changement vers Edmonton ne se fera pas sans heurt. Nous constatons un désir clair en ce sens, mais une proportion des auditeurs ne sera pas nécessairement satisfaite de la nouveauté. »

Certains auditeurs préférant la programmation de Montréal auraient exprimé, dans le cadre du sondage, la volonté de conserver les nouvelles de leur province d’origine, le Québec, ou tout simplement de préserver une programmation à laquelle ils sont habitués. « Évidemment, les auditeurs ont leurs habitudes d’écoute. Ce n’est pas nécessairement étonnant, j’aurais même pensé que les résultats en faveur du signal de Montréal auraient été plus élevés », confie M. Foisy.

C’est le diffuseur public qui a d’abord approché l’AFCY pour proposer un changement de signal à Yellowknife. « Radio-Canada a été partenaire d’un bout à l’autre du processus, assure M. Foisy. L’AFCY a toutefois insisté pour entreprendre ce processus de consultation que nous jugions nécessaire, étant donné l’enjeu auquel nous étions confrontés. »

L’AFCY a convié la communauté francophone des TNO à un café citoyen à Yellowknife, en juin, pour entamer les consultations. Le sondage en ligne, annoncé en début d’été, a été mené du 23 aout au 6 septembre. Il est à noter que le signal de Radio-Canada aux Territoires du Nord-Ouest ne peut être capté qu’à Yellowknife. Il est toutefois possible d’accéder aux signaux de l’ensemble du pays en téléchargeant l’application Ohdio.


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