Langues : Revamper le civili

Dans son ouvrage, Isidore Guy Makaya fait un effort de synthèse sur sa langue maternelle, le civili.  L’auteur partage donc diverses propositions pour la standardiser afin de lui assurer un meilleur avenir.

Dans son ouvrage, Isidore Guy Makaya fait un effort de synthèse sur sa langue maternelle, le civili. L’auteur partage donc diverses propositions pour la standardiser afin de lui assurer un meilleur avenir.

Notre langue à nous, une trilogie consacrée à l’uniformisation d’une langue africaine.

Bien qu’il soit à des milliers de kilomètres de l’Afrique, où le civili est parlé, Isidore Guy Makaya s’est donné pour tâche de standardiser cette langue afin de lui assurer un meilleur avenir.

Un travail long aux résultats hypothétiques que s’est imposé lui-même le coordinateur à l’immigration de la Fédération franco-ténoise. Pour le justifier, Isidore Guy Makaya évoque la finalité de son existence. « C’est un témoignage de qui je suis, comme une façon d’exister », dit-il. Et c’est, simultanément, un legs pour les générations futures.


Le civili est parlé par environ deux millions de personnes dans la République du Congo, au sud du Gabon et en Angola. L’invasion des puissances coloniales au XIXe siècle, qui se sont séparé l’Afrique, a contribué à la création de régionalismes et à l’hybridation avec des langues européennes.


Malgré l’importante diaspora africaine de Yellowknife, M. Makaya croit être le seul locuteur civili dans la capitale. « Si je disparais, la langue meurt », plaisante-t-il.

Structurer
En Afrique, plusieurs langues s’éteignent chaque année, rappelle l’auteur. Il ne considère cependant pas que le civili, une langue bantoue qu’on appelle aussi vili, ou fiote, soit actuellement une langue vulnérable.


Le civili est essentiellement une langue orale; elle n’est pas enseignée à l’école, déplore Isidore Guy Makaya, « parce que les langues africaines ne donnent pas de valeur sociale à l’individu ».


Conséquemment, c’est une langue assez peu structurée, sans convention nationale ou internationale.


M. Makaya vise à combler ce vide. Il suggère des règles sur l’emploi des signes, fait des propositions pour les déclinaisons plurielles et les suffixes, propose des conventions pour exprimer des technologies et des concepts étrangers à la langue.


« Quand on écrit un livre, ce n’est pas toujours pour le présent », observe Isidore Guy Makaya, qui spécule qu’il faudra peut-être attendre plusieurs années avant que son livre ne trouve sa véritable utilité.

Présence francophone
C’est dans sa propre maison d’édition, Présence francophone, que l’auteur publie son essai. Devant paraitre d’ici la fin de l’année, un second tome portera sur le groupe verbal, la conjugaison et les temps de verbe. Il existe en civili des temps qui n’ont pas d’équivalents en français, par exemple des temps qui indiquent la simultanéité entre deux actions.


Le dernier tome de la trilogie traitera des conjonctions, des propositions et des compléments : de la phrase en général.
Le lancement du premier tome aura lieu au Book Cellar de Yellowknife, le 19 mars, à 19 h.


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