Éditorial : Retour

Un an. C’est quoi un an dans une vie ? Une accumulation de moments, un enchainement de journées aux réveils difficiles ou de sauts du lit bondissants.


Tout s’est déroulé si rapidement, d’une annonce de travail zieutée par hasard à l’impulsivité d’un départ enveloppé de paperasses. Le décollage de l’avion, des vols successifs, 6 438 km jusqu’à l’arrivée par ce -16 qui aujourd’hui n’effraie plus. Perdue dans les altitudes avant de se retrouver dans le Grand Nord.


La descente aurait pu être brutale, mais si doucement amortie par la neige, la chaleur d’un nouveau foyer, et l’achat d’un manteau essentiel. Premiers pas sur la glace, crissement sur le velours banc, premières chutes. Apprendre à marcher, ressembler à Bambi nouveau-né, qui sort du bois.


Une année, c’est pas grand-chose. Certaines sont plates, insipides. Celle-ci fut trépidante sur ce bout de territoire. Trois fois plus grand que ma petite terre natale.


Découvrir un gouvernement dans le gouvernement, un pays dans le pays. Les petites histoires dans la grande. Tenter de comprendre ce passé qui tambourine furieusement à la porte du présent. Entendre une première prière, criante de souvenirs douloureux que l’on ne fait que s’imaginer.


Froid qui mord le nez, souffle dans les cheveux, cheveux qui gèlent, soleil éclatant de minuit, soleils verts dans la nuit.


Croiser des regards inconnus jusqu’ici, photographier des visages, des instants devenus familiers. 

Vibrer en écoutant les cordes pincées d’une guitare, pleurer pour un festival avorté qui avait l’air bien chouette.
Enfermée, cloisonnée. Regarder par la fenêtre, songer au monde désormais masqué, à ceux qui sont loin, même à vol d’oiseau.


Un renard, des bisons. Admirer les corbeaux majestueux, chassés par les goélands au retour des beaux jours, les voir revenir, croassant aux premiers flocons sur le bord de la fenêtre.


Fouler des sentiers pour la première fois, s’émerveiller devant chaque parcelle de granite, de trottoir glissant, de cascades gelées. Ne plus regarder autour de soi, habituée, parfois lassée. Et la nostalgie des derniers jours qui pointe son nez.
Regarder les avions dans le ciel, imaginer les prendre en vols, partir loin. Imaginer louper le prochain, pour rester autour du feu.


Première pêche, fumet de poisson. Pêche à l’info, éviter la fumée sans feu. L’angoisse de la Une vide. La tension des premières lignes à écrire, des derniers sujets à couvrir. La boucle est bouclée.


Migrer le temps d’une année, c’était enjamber les frontières à temps, vouloir être ici et là-bas. Vouloir prendre racines et ses jambes à son cou.


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