Assemblée législative : Le greffier accusé d’intimidation

19 février 2021
Le greffier, Tim Mercer.
(Capture d'écran : ntassembly.ca)

Le greffier, Tim Mercer. (Capture d'écran : ntassembly.ca)

Accablé d’allégations d'intimidation et d’abus de pouvoir, le greffier de l’Assemblée législative fera l’objet d’une enquête.

Thomas Ethier — IJL — Territoires

Le Bureau du greffier de l’Assemblée législative fera l’objet d’une «évaluation indépendante en milieu de travail», a annoncé le Bureau de régie de l’Assemblée dans une déclaration succinte, le 17 février.

Deux jours plus tôt, le député de Tu Nedhé-Wiilideh, Steve Norn, avait convoqué la presse pour réclamer une telle procédure. Le député en avait beaucoup à dire à l’endroit du greffier, Tim Mercer, qu’il accuse notamment d’abus d’autorité et d’intimidation à l’endroit d’employés de l’Assemblée et de députés. Un climat de travail que le plus haut fonctionnaire de l’Assemblée imposerait, selon M. Norn, « depuis 14 ans ».

«?Tim Mercer a accumulé beaucoup de pouvoir au fil des ans, qu’il a employé pour intimider, dégrader et terroriser les personnes qui se trouvent sous son autorité. Il a même menacé le bienêtre de membres élus de l’Assemblé législative?», a déclaré M. Norn. Le député a aussi suggéré que le greffier devrait démissionner.

Le lendemain, on apprenait que M. Mercer prenait un congé avec solde.

Plus tôt cette semaine, le réseau CBC rapportait les déclarations émises dans une lettre partagée par une employée du bureau de M. Mercer, April Taylor. Elle y ferait état d’un climat de travail toxique imposé, selon elle, depuis des années et à plusieurs employés. «?M. Mercer dispose de beaucoup de pouvoir et abuse impunément de son autorité. Il a une humeur colérique, qu’il ne veut ou ne peut pas contrôler en milieu de travail », affirmerait notamment Mme Taylor.

Selon ce que rapporte la CBC, au lendemain de ces allégations, Mme Taylor aurait été suspendue avec solde jusqu’au 14 mars, dans l’attente d’une enquête pour violation de la confidentialité.

Selon CBC, Mme Taylor indiquait dans sa lettre envisager que cette dénonciation puisse entrainer son congédiement. Les employés de l’Assemblée législative ne bénéficient pas de la protection pour les lanceurs d’alerte.

Steve Norn accuse également Tim Mercer d’ingérence au sein de l’Assemblée législative. « Le rôle du greffier se limite à guider les membres de l’Assemblée sur des questions de procédure, et à nous assister dans notre travail, point », a-t-il souligné en point de presse.

« Pourtant, ce greffier a profité de son rôle pour prendre des décisions unilatérales dans plusieurs dossiers, incluant l’embauche d’agents des offices indépendants, la gestion de politiques au sein de comités, et même dans le rapport sur les langues officielles, dont le contenu est pourtant étudié par les députés. »

« Quand moi-même et d’autres députés avons rapporté cette ingérence, M. Mercer a répondu de façon colérique, en employant un langage dégradant. Des allégations font même état d’attaques physiques », a souligné M. Norn, sans plus de détail sur cette dernière affirmation. En mai 2020, Northern News Services publiait une information anonyme selon laquelle le greffier aurait bousculé le ministre Shane Thompson. M. Mercer a, par la suite, admis avoir eu un vif échange avec le ministre, mais a nié une altercation physique.

Steve Norn affirme pour sa part avoir formulé trois plaintes au Bureau de régie contre M. Mercer. Aucune réponse n’aurait encore été fournie, ce que le député qualifie de préoccupant. « En raison de l’inaction du Bureau de régie et des représailles du greffier en réponse aux plaintes, je ne crois plus qu’une enquête suffise à réparer le mal perpétré par cet homme », affirme M. Norn, qui réclame la démission du greffier.

M. Norn est la troisième personne en moins d’une semaine à porter ce type d’allégations contre Tim Mercer. La directrice générale des élections des TNO, Nicole Latour, a partagé une lettre au président de l’Assemblée législative ainsi qu’à 15 autres destinataires, le 12 février. Selon l’agence Northern News Services qui aurait vu la lettre, Mme Latour y accuse M. Mercer « de harcèlement continu », à son endroit.

Le Bureau de régie confirme avoir discuté des allégations formulées par Mmes Taylor et Latour, lors de rencontres à huis clos, le 11 et le 12 février.

 

« Un cirque médiatique »

Dans une déclaration qui aurait été émise par courriel au média Cabin Radio, Tim Mercer pointe une « attaque groupée » et un « cirque médiatique injuste » à son endroit. Il se dit persuadé que la vaste majorité des députés et employés qui travaillent ou ont travaillé pour lui ne corroboreraient pas ces allégations.

« La seule de ces allégations, qui semblent toutes être coordonnées, à avoir été mise à l’épreuve de quelque procédure que ce soit est celle de Mme Taylor. [Le Bureau de régie] aurait aussi constaté que ces allégations manquent cruellement de crédibilité, et qu’elles relèvent d’un manque de volonté, de sa part et de la part d’un petit nombre d’autres plaignants, de suivre un processus dirigé en bonne et due forme », écrit M. Mercer à Cabin Radio.

Ce dernier poursuit en indiquant qu’il compte se soumettre à l’examen « juste et impartial » de ces allégations, et qu’il ne cèdera pas sans y répondre dans le cadre d’un « processus adéquatement dirigé, plutôt que dans le cadre d’un lynchage public et d’un cirque médiatique ».

M. Mercer aurait fait l’objet d’allégations semblables en 2018, qui auraient été rejetées au terme d’une enquête du Bureau de régie. Or, les procès-verbaux et rapports du Bureau de régie ne sont pas publics.


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