Le Fascisme ordinaire

09 septembre 2021

Peut-on se réjouir de la montée du courant woke en nos terres canadiennes ? Ce mouvement, le néo-politically correct, mais en plus virulent, découlant d’une lecture totalement déconnectée de l’histoire socioculturelle, dont il nie les travers et les influences, se veut une espèce de mise à niveau, de rabaissement au plus petit dénominateur commun de l’expression de la Culture, surtout l’occidentale, la cartésienne tout comme la postmoderne.

Si ce n’était qu’un mouvement qui demeurait en surface, qui survivait une fraction de seconde dans le cyberespace, vite consommé, vite oublié, le mal n’en serait que momentané. Mais il se propage tel un cancer, telle la tombée du rideau en une chape de plomb, comme au Moyen-Âge. Il se répand désormais dans nos institutions, comme en Ontario, où cette sbire des ténèbres a ordonné la destruction « par le feu » de près de 5000 livres traitant « irrespectueusement » des autochtones. Un procès d’intention qui ne tient aucunement compte du contexte historique dans lequel ces livres ont été écrits et qui, par son caractère igné, fermera à jamais la porte à un enseignement sur ce « racisme antédiluvien » à de jeunes élèves. Une décontextualisation néfaste, qui évoque l’autodafé de Berlin où Goebbels présida à la destruction de livres d’auteurs juifs.

Cette problématique peut ne pas sembler pertinente aux résidents des TNO. Mais si cette boite de Pandore s’ouvre, ne serait-ce qu’en Ontario, et que les ravages qui en découlent commencent à inonder notre société, personne ne sera sorti du bois avant longtemps. Toute censure intellectuelle est une tache à notre imaginaire commun. Une entorse à notre vision du droit, et du patrimoine, collectif. Si les minorités politisées commencent à imposer leurs perceptions et leurs biais sur des livres créés dans une période où leurs susceptibilités ne trônaient, imaginez la situation qui en découlerait dans une région aussi pluriethnique que celle des TNO. Un morcèlement d’au plus fort la poche ? Et comment parviendrait-on à comprendre l’histoire des Premières Nations si l’on jetait au feu « salvateur » tous les écrits des communautés religieuses, fortement teintés par une vision colonialiste ?

Il faut stopper cette épidémie et la tuer dans l’œuf. Il faut d’ores et déjà monter aux barricades et défendre la liberté d’expression coute que coute. Car sinon, le silence qui résulterait d’une défaite face à ces ayatollahs de la rectitude nous couterait beaucoup plus que le simple fait de pouvoir lire un Astérix ou un Tintin.

 

Développement de dernière minute

Le Conseil scolaire catholique Providence vient tout juste d’annoncer la révision de son processus de retrait d’ouvrages jeunesse jugés néfastes aux Autochtones. Il appert que le fait que l’autoproclamée « gardienne du savoir » autochtone qui avait accompagné le conseil scolaire, Suzy Kies, ne soit pas autochtone elle-même aurait accéléré ladite nouvelle résolution.

Plusieurs médias à travers le monde, dont en France, avaient parlé de cette histoire, en des termes pas très élogieux. Des excuses publiques ont été émises par le Conseil scolaire catholique Providence.


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