Le Traité 11 et la mémoire du temps : La remémoration du passé des Tlichos sur leur territoire traditionnel

Cette année, le Traité 11 devient centenaire. Bien que proposé sans aucune restreinte morale par les gouvernements de l’époque, la volonté fédérale de moderniser ce pacte en 2005 a mené à une renégociation des clauses de cette entente entre le Canada et les Tlichos. Mais qui se souvient de ce long processus ? Qui tient compte de ces faits du passé, alors que l’attention moyenne de tout un chacun ne dépasse guère les quelques minutes dans nos vies modernes ?

D’où l’importance d’une exposition comme « Les 100 ans du Traité numéro 11 », présentée au Centre du patrimoine septentrional Prince-de-Galles. Il importe de se rappeler notre histoire commune, tant pour les autochtones que pour les allochtones, pour donner un sens à notre passé, comprendre les enjeux de notre présent, et pour pouvoir tracer un chemin vers l’avenir.

Les Traités à numéro ont figé l’esprit colonialiste de l’époque. Ils ont réduit les droits autochtones à presque rien, ont mis la table à la tentative de génocide culturel perpétrée, notamment, dans les pensionnats gérés par l’Église. Lorsque la douleur et l’émotion face à ces tristes évènements seront retombées, il faudra faire l’exercice impératif de mémoire qu’est la collecte et l’exposition des artéfacts et données de ce triste chapitre. Afin justement d’apposer un vocabulaire, tant visuel que lexical, recueillir les témoignages des survivants (un peu comme la Shoah Foundation fondée par Steven Spielberg), et concrétiser une véritable réconciliation, dépassant les vœux pieux des politiciens en mal de votes qui jouent sur les plaies vives des concerné.e.s de près ou de loin mais qui ne sèment au final que du vent.

Au-delà d’un tel exercice, il faut en venir à une entente globale avec toutes les Nations autochtones du pays, faire un effort pour qu’elles reprennent leur juste place en tant que Nations fondatrices du Canada. Qu’elles prennent aussi une place de choix dans les manuels d’histoire, qui se résument trop souvent à l’historiographie allochtone des victoires et combats entre Empires et États-nations. Il faut leur ouvrir la porte aux compensations financières pour l’exploitation éhontée des ressources provenant de leurs territoires traditionnels, comme le Québec l’a fait avec la Nation Cri dans la Paix des Braves. Relever ainsi le niveau de vie et la possibilité de jouir des bienfaits de la modernité tout en préservant une philosophie de vie respectueuse de la tradition. Gros contrat, mais sans geste concret, tout effort de réconciliation ne restera que promesse vide oubliée dès que les campagnes électorales se dissiperont.

En bref : courez visiter l’exposition « Les 100 ans du Traité numéro 11 ».


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