L'éditorial du 21 août 2020

Avec leurs onze langues officielles, les TNO comptent près de 6 000 locuteurs en situation minoritaire qui bénéficient de la protection de la Loi sur les langues officielles, soit 14 % de la population. Il va de soi que chacun d’eux ne se fait pas toujours servir dans sa langue chaque fois qu’il a affaire au gouvernement territorial. Quoique des progrès sensibles aient été réalisés depuis la mise en place des secrétariats linguistiques, le lot du locuteur de langue officielle aux TNO demeure de s’attendre à recevoir les services en anglais et, le cas échéant, de s’en accommoder pour ne pas retarder le traitement. Chaque jour des personnes unilingues ont recours à des proches pour leur servir d’interprète.

L’absence de plainte au Bureau du commissaire aux langues entre 2017-2018 et 2018-2019 ne signifie pas qu’il n’y a pas de manquement à la Loi. En 2017-2018, justement, le GTNO lui-même notait dans son propre rapport annuel sur les langues que « [à] l’heure actuelle, ce ne sont pas tous les services qui sont immédiatement disponibles pour les locuteurs des neuf langues autochtones officielles des TNO. » Si tous les locuteurs de ces langues qui n’ont pas reçu les services auxquels ils ont droit l’avaient rapporté à la commissaire, il y aurait eu une masse de plaintes pour garnir le rapport annuel.

Or, le bureau qui vous accueille en anglais n’est pas réputé pour régler les problèmes. Shannon Gullberg aura déploré tout au long de son quinquennat l’absence de réponses de l’État à ses timides recommandations. Dans son rapport 2015-2016, elle osait même cette question : « Si les recommandations sont constamment ignorées, quelle est l’utilité d’un tel bureau ? » Celle qui aura occupé la fonction durant le tiers de l’histoire du Bureau était depuis longtemps convaincue de son inefficacité.

Mme Gullberg a été l’une des plus compétentes dans sa fonction, mais aussi l’une des moins investies. Elle tient le fort sans trop de conviction. Le cœur n’y est plus. Nous lui souhaitons une bonne retraite. Elle le mérite.

Les groupes linguistiques autochtones réclament depuis longtemps que le commissaire aux langues soit l’un des leurs. Ils ont raison : le titulaire d’un tel poste devrait avoir une expérience intime de la condition linguistique minoritaire. Il faut également que cette personne ait une solide compréhension du droit linguistique et, surtout, la passion de mener des enquêtes. Et le gouvernement doit la prendre au sérieux.


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