Francofête des Territoires du Nord-Ouest : Un lieu est choisi

18 novembre 2021
L'AFCY a reçu le feu vert de la communauté pour créer de toute pièce une future fête de la francophonie ténoise, parmi les scène et installations érigées sur le site du festival Folk On The Rocks . (Crédit photo : Thomas Ethier)

L'AFCY a reçu le feu vert de la communauté pour créer de toute pièce une future fête de la francophonie ténoise, parmi les scène et installations érigées sur le site du festival Folk On The Rocks . (Crédit photo : Thomas Ethier)

Les Ténois sont parmi les seuls canadiens à ne pas avoir de célébrations dédiées entièrement à la francophonie. L’Association franco-culturelle de Yellowknife entend y remédier, et sait désormais à quel endroit se dérouleront les festivités.

Thomas Ethier – IJL – Territoires

Un gros morceau s’est ajouté cette semaine au projet de Fête de la francophonie des Territoires du Nord-Ouest, proposé par l’AFCY. Quelque 24 résidents de Yellowknife ont voté à main levée, le 16 novembre, pour désigner le lieu où devra être organisé le futur évènement : c’est sur le site du festival Folk On The Rocks (FOTR) que l’on souhaite créer cette nouvelle tradition pour les francophones et francophiles du territoire.

Organisé au resto-bar Top Knight, à Yellowknife, l’exercice avait pour objectif d’obtenir un mandat clair de la communauté francophone, sur lequel fonder les prochains efforts. « Ce soir, plusieurs personnes ont répondu à l’appel et ont voté pour le lieu qui accueillera la célébration. Nous avons maintenant la pleine légitimité de prendre une décision et d’aller de l’avant, explique Maxime Joly, directeur général. Le vote a été serré et je suis heureux du résultat. Le site de FOTR est bien structuré et permettra d’organiser un évènement rassembleur et d’envergure. »

 

Une tradition en devenir

Les délibérations prenaient place dans le cadre d’un évènement café-citoyen, le deuxième organisé par M. Joly, dans le but d’accroitre le nombre de votes, dans le cadre d’un processus de consultations publiques vouées à jeter les bases de ce projet en gestation. Un sondage a d’abord été rempli, à l’été 2021, par 128 résidents. « Il s’agissait d’une étude préparatoire. Nous avions beaucoup de choses à documenter, et devrons livrer, d’ici le 31 mars, un imposant rapport. On tient à se donner une solide légitimité face au comité de financement. »

L’évènement pilote, qui pourrait voir le jour d’ici 2 ou 3 ans, est voué à créer une nouvelle tradition aux TNO. « Parmi les territoires et provinces, nous sommes l’un des seuls à ne pas avoir de fête dédiée à la francophonie, souligne M. Joly. C’est très important, ce que l’on propose aujourd’hui aux citoyens. C’est un projet de société. En faisant bien les choses, cette fête de la francophonie pourrait perdurer pour les 50, voire les 75 prochaines années. On ne souhaite donc pas précipiter les choses. Ce projet devra tracer la voie aux prochains organisateurs. »

Parmi les nombreuses idées partagées dans le cadre du sondage, trois sites se sont qualifiés pour le vote du 16 novembre. Les participants au débat ont d’emblée éliminé le parc Somba K’e, un espace situé à deux pas du centre-ville de Yellowknife, facilement accessible, mais limité en matière d’activités et de cohésion entre festivaliers. Le site de Camp connexion, un lieu de villégiature situé à une cinquantaine de kilomètres de Yellowknife, a été défendu par plusieurs intervenants au débat, mais a finalement été jugé trop éloigné de la capitale, et donc moins facile d’accès pour les familles, notamment.

Le site de FOTR l’a remporté de justesse, à 13 voix contre 10 pour le site de Camp Connexion. « On y trouve plusieurs installations, différentes sous-sections, et même un plan d’eau, bref, tous les éléments pour aménager une multitude d’activités. La présence de scènes nous permet de présenter des concerts. Le site est facilement accessible à partir de Yellowknife, en plus d’être bien connu et très apprécié. Ce sera beaucoup plus facile de mobiliser des bénévoles, d’accéder aux ressources et d’y attirer tout le monde, incluant les familles », a résumé Maxime Joly.

 

Une culture à déployer

Comme l’a réitéré le directeur, l’AFCY n’a aucunement l’intention de remplacer la Saint-Jean-Baptiste ou la fête de l’Acadie ni d’y faire compétition. « La fête de la francophonie ne va pas empiéter sur ces fêtes, a-t-il assuré, en insistant sur l’importance de ces célébrations de notoriété nationales. C’est d’abord une question de principe. Ces fêtes sont très importantes. De plus, les bailleurs de fonds en prennent compte au moment d’accorder un financement, et priorisent évidemment ces célébrations nationales », explique-t-il.

Aux yeux de Maxime Joly, ce projet d’envergure dépasse largement le cadre de l’évènement proposé. « J’ai cet agenda caché, en tant que directeur, en mettant ce projet sur pied, de financer potentiellement le salaire d’un coordonnateur. J’aimerais apporter davantage de ressources à l’AFCY. Les Franco-Ténois ont droit à une scène socioculturelle aussi vivante que celles du reste du Canada. Ce n’est pas possible avec un seul employé. »

« Je ne m’inquiète pas pour la suite des choses. Il reste encore beaucoup de travail à faire, souligne-t-il, mais nous avons maintenant un mandat de la population pour mettre en place une fête de la francophonie. Au moment de déposer la demande de financement, Patrimoine canadien nous a prié de consulter la population, ce qui est tout à fait raisonnable. Avec ce feu vert, nous serons en mesure de présenter un projet solide et durable. »


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