Défendre les langues

On apprenait, le 4 juin, le départ du doyen de l’Assemblée législative. Jackson Lafferty, qui aura représenté les électeurs de Monfwi durant près de 16 ans, a pris la décision d’abandonner son siège de député pour se porter candidat au poste de Grand chef tlicho. Le vétéran de la politique territoriale laisse un héritage important au chapitre de la défense et de la promotion des langues officielles.

La communauté franco-ténoise n’a pas toujours eu de très bonnes relations avec M. Lafferty. De 2007 à 2015, le député occupait le rôle de ministre de l’Éducation et donc, par le fait même, de ministre responsable des langues officielles. Durant cette période les relations entre les francophones et le gouvernement territorial étaient tendues. Pour défendre ses droits linguistiques et scolaires, la communauté a intenté des recours judiciaires. Le ministre des langues n’a que rarement voulu rencontrer les leadeurs franco-ténois. Et il n’a jamais accordé une seule entrevue à ce journal.

Cependant, l’engagement de Jackson Lafferty pour la cause linguistique était réel et venait du cœur. Comme nous l’avons souvent souligné dans ces pages, M. Lafferty a eu un comportement exemplaire en matière d’usage et de promotion des langues officielles. Il a toujours choisi de s’exprimer en tlicho en chambre. Avant lui, la norme parlementaire aux TNO en matière d’usage des langues officielles en chambre était une sorte d’autobilinguisme. Les députés prononçaient quelques mots dans leur langue officielle, puis s’empressaient de traduire en anglais ces formules liminaires. Jackson Lafferty a montré qu’on pouvait s’exprimer sans gêne entièrement dans la langue officielle de son choix.

Nous espérons que d’autres parlementaires reprendront le flambeau que tend le député de Monfwi.

Un autre qui aime bien défendre les langues, c’est le député de Frame Lake, Kevin O’Reilly. Le francophile n’hésite pas à se faire le champion des dossiers franco-ténois.

Au cours des dernières séances, il a ainsi dénoncé ce qu’il considérait comme un manque de consultation de la Commission scolaire francophone en vue de l’adoption d’un projet de loi qui change le calendrier des élections scolaires. Or, il se trouve que ce fameux projet de loi fait l’affaire du conseil scolaire.

C’est une aubaine de compter à l’Assemblée sur un porte-parole tenace de nos intérêts et nous remercions le député O’Reilly pour sa combattivité, mais nous l’invitons aussi à mettre en œuvre ce qu’il prêche. Il serait préférable qu’il consulte la Commission scolaire francophone avant de s’exprimer en son nom.

Et il devrait prendre rendez-vous immédiatement. De plus importantes modifications à la Loi sur l’éducation s’en viennent et, à ce chapitre, la commission scolaire francophone aura bien besoin d’un Kevin O’Reilly pour porter ses revendications.


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