Bon congé!

Pour la plupart des Ténois, le Vendredi saint est synonyme de repos bien mérité. Et peut-être faites-vous partie de ces chanceux à qui l’employeur accorde, en plus du jour férié conventionné, le congé du lundi de Pâques. Si c’est le cas, profitez-en !

Plus tôt cet hiver, le député de Yellowknife North, Rylund Johnson, signalait à l’Assemblée législative que les TNO sont l’un des rares endroits au Canada où l’on ne retrouve aucun jour férié entre le Jour de l’an et Pâques. Dans plusieurs provinces, on s’offre un congé le troisième lundi de février. Au Nouveau-Brunswick, on appelle ça le « Jour de la famille », alors que le Manitoba célèbre le « Jour Louis Riel ». À Terre-Neuve-et-Labrador, il n’y pas de congé en février, mais la Saint-Patrick, à la mi-mars, est un jour chômé et payé.

Durant les sombres mois de l’hiver, quand le moral est souvent à plat, un petit jour pour casser le blues pourrait faire un bien immense, suggérait le jeune député. Si ça se trouve, ça pourrait même augmenter la productivité des travailleurs.

Or, les TNO sont mal placés pour réclamer plus congés. Nos normes du travail sont déjà parmi les plus flemmardes au pays avec 10 jours fériés annuels. C’est un de plus qu’en Alberta ou en Ontario. Si l’on souhaite un repos en février — pas une bête idée — il serait plus mesuré (et moins couteux pour les petites et moyennes entreprises) d’abandonner un de nos congés actuels pour le déplacer plus tôt dans l’année.

D’accord, mais lequel ? Et si la réponse était justement… le Vendredi saint !

De tous les jours fériés, celui-là, est le plus ingérable. Jamais à la même date d’année en année, le congé pascal est un imprévisible qui ne nous permet pas d’établir un calendrier de travail de manière à répartir équitablement les congés tout au long de l’année.

Traditionnellement, Pâques représentait une célébration importante pour de nombreux Canadiens, catholiques et chrétiens. Or, notre société a changé et le christianisme n’est plus un socle de notre identité collective. Les Canadiens de toutes confessions et incroyances ont aussi le droit de se reposer. Il est anachronique de toujours fonder notre calendrier de travail en fonction des célébrations d’une religion plutôt que d’une autre. Tant qu’à oser les fêtes aux dates incertaines, les musulmans aimeraient sans doute prendre congé pour l’Aïd al-Fitr et les bouddhistes, au Nouvel An lunaire ; moi qui suis athée de conscience et Cajun de cœur, je préfèrerais laisser les bons temps rouler durant le Mardi gras. Or, on nous impose plutôt Pâques.

En choisissant un congé civique au milieu de février, on pourrait à la fois s’offrir un repos à un moment stratégique et redresser l’injustice des fêtes privilégiées.


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