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Yellowknife : un campus universitaire à Tin Can Hill ?

Le terrain convoité couvre une superficie d'environ 300 000 mètres carrés, pour une construction ayant une empreinte d'environ 25 000 pieds carrés. (Courtoisie GTNO)

Le terrain convoité couvre une superficie d'environ 300 000 mètres carrés, pour une construction ayant une empreinte d'environ 25 000 pieds carrés. (Courtoisie GTNO)

Les experts du gouvernement des TNO ont dévoilé ce qui leur apparait comme le lieu idéal pour construire le campus de l’université polytechnique à Yellowknife. L’administration municipale approuve, mais l’idée ne fait pas l’unanimité dans la population.

Thomas Ethier
IJL – Réseau.presse – L’Aquilon

Le vaste espace naturel qui jouxte le centre-ville de la capitale pourrait bientôt abriter un campus universitaire. Le site convoité par le GTNO et le Collège Aurora pour établir les bâtiments de la future université polytechnique a été dévoilé ce lundi 30 mai dans le cadre d’une rencontre du conseil municipal.

Selon la carte présentée, une surface d’environ 300 000 mètres carrés est jugée nécessaire pour établir le campus, dont les bâtiments auraient une empreinte d’environ 25 000 pieds carrés. Le futur campus inclurait les locaux d’enseignement et de recherches, en plus de résidences pour étudiants. Des campus doivent également être construits à Inuvik et à Fort Smith, en plus de centres régionaux dans certaines petites collectivités.

Le projet en est encore au stade des présentations. Le conseil municipal devra voter en faveur d’un protocole d’entente qui permettra au GTNO et au Collège Aurora d’aller de l’avant dans les démarches, qui impliquent un changement de zonage du secteur et des consultations publiques. Selon le déroulement de ces étapes, la construction pourrait débuter durant l’année budgétaire 2023-2024.

 

Un site propice au développement

Selon Chris Joseph, directeur de la transformation du Collège Aurora pour le GTNO, ce site se distingue de tous les autres emplacements étudiés dans la municipalité, par sa proximité avec le centre-ville, sa nature attrayante, et l’espace disponible. Comme souligné dans les présentations, l’emplacement actuel du Collège Aurora, dans l’édifice Northern United Place, est trop petit et représenterait un frein à l’essor du campus.

L’administration municipale abonde dans le sens de ces arguments, selon l’administratrice principale, Sheila Bassi-Kellett. « En travaillant ensemble, nous avons trouvé un emplacement qui répond à nos intérêts respectifs, a-t-elle indiqué. Ce sera un lieu distinctif de l’université, dont nous pourrons être fiers. »

L’institution est appelée à se développer en différentes phases, au gré de son évolution et de futures ententes avec des partenaires non gouvernementaux et du secteur privé. « Éventuellement, quand le campus atteindra un volume d’étudiant et que nous pourrons trouver les fonds, le tout est appelé à s’étendre », explique M. Joseph.

« Les universités modernes intègrent d’autres institutions académiques, organisations non gouvernementales et secteur privé, le tout pour appuyer l’excellence académique et la recherche, poursuit-il. Ce site serait utilisé comme université polytechnique, et d’autres éléments pourront y ajouter de la synergie au fil du développement. »

Le site offrirait également un cadre susceptible d’optimiser l’expérience étudiante, selon l’expert. « C’est également un site spectaculaire, ce qui ne peut être négligé. L’une des raisons de transiter vers une université polytechnique est de créer, non seulement l’occasion pour un étudiant de rencontrer le succès et aux gens du Nord d’avoir accès à l’éducation, mais également de générer des occasions économiques. »

« Nous voulons que ce campus attire les étudiants du monde et du Canada, tout comme les étudiants des Territoires du Nord-Ouest. Nous voulons faire de cette expérience postsecondaire une expérience emballante », résume-t-il.

 

Un lieu naturel à préserver

Tant Chris Joseph que l’administratrice principale de Yellowknife, Sheila Bassi Kellet, ont assuré que la préservation de l’intégrité naturelle des lieux serait une priorité dans le cadre de ce projet. Comme l’a souligné l’expert, ce secteur naturel de Yellowknife est particulièrement prisé des résidents qui, depuis des décennies, ont l’habitude de fréquenter ses sentiers et auront sans doute à cœur de préserver son intégrité.

Selon le protocole d’entente présenté au conseil, le GTNO et le Collège Aurora vont, à travers un développement continu des terres acquises, voir à « préserver et améliorer le cadre naturel, à appuyer une communauté sécuritaire et en santé, et à s’efforcer de créer des occasions pour la communauté environnante d’accéder aux terres d’une manière compatible avec son utilisation historique ».

Ces mots n’auront pas suffi à rallier toutes les personnes concernées. Une pétition, lancée le 31 mai en opposition à l’établissement du campus à Tin Can Hill, avait récolté 130 signatures en date du 1er juin, vers midi. « Les usagers récréatifs de Tin Can Hill risquent de perdre un bout de terre d’une grande valeur, peut-on lire dans la description. […] Tin Can Hill doit être protégée de tout développement, entreprise, projet résidentiel et autre. Tin Can Hill n’est pas un endroit approprié pour une université ou pour tout autre projet de chantier. »

Un ensemble d’options auraient été étudiées, selon M. Joseph, mais aucune autres ne répondaient aux besoins établis pour le futur campus. « […] Les sites en périphérie du centre-ville ont été éliminés puisqu’ils ne répondent pas aux besoins de la municipalité en matière de stimulation économique, a-t-il indiqué. Nous avons réduit les possibilités en fonction de la disponibilité des terres et du moment durant lequel nous serions en mesure de construire. »

Comme l’a souligné le conseiller Julian Morse, les secteurs de Niven et de l’Assemblée législative comprennent pourtant plusieurs grands espaces vacants. « Certaines de ces terres font l’objet d’une Entente provisoire sur les terres soustraites à l’aliénation, et les possibilités d’expansion seraient limitées, ou du moins incertaines, parce qu’elles font l’objet de négociations avec les gouvernements autochtones », a fait savoir Chris Joseph.

Des voix favorables au conseil municipal

Jusqu’à maintenant, aucune voix au conseil municipal ne s’est opposée au projet. Le conseiller Julian Morse – qui a présidé en 2020 le Comité consultatif universitaire/postsecondaire de Yellowknife – s’est dit très enthousiaste face à la proposition. « Il y a à peine cinq ans, je ne crois pas que nous aurions pensé qu’une telle chose aurait été possible de la part du GTNO. Je crois que le secteur Tin Can Hill offre un grand potentiel. »

Ce dernier a toutefois exprimé des hésitations quant à l’accès aux sentiers. « Par le passé, dans le cadre de projets immobiliers à Yellowknife, nous avons échoué à bien intégrer les sentiers dans les plans. J’aimerais voir un projet qui assure aux résidents la protection des sentiers. »

« Or, d’ajouter le conseiller, une énorme portion de Tin Can Hill n’est pas fréquentée par la plupart des marcheurs, plusieurs n’y mettent jamais les pieds. L’usage existant des lieux peut être préservé et nous pourrions aller de l’avant avec un nouvel usage. »

La conseillère Shauna Morgan s’est également exprimée en faveur de la proposition, la qualifiant d’« assez convaincante ». « Ça pourrait être une formidable occasion de faire avancer les choses, à la fois pour l’éducation et pour que la ville se revitalise et attire de nouveaux habitants, a-t-elle affirmé. Toutes sortes de choses pourraient se développer autour de cette possibilité, si c’est fait de la bonne manière. »


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