Yellowknife adopte une politique de preuve vaccinale

10 novembre 2021
Aux TNO, il revient aux organismes de choisir s'ils adoptent, ou non, le système de preuve vaccinale. La municipalité de Yellowknife a fait son choix le 8 novembre. (Crédit photo : Thomas Ethier)

Aux TNO, il revient aux organismes de choisir s'ils adoptent, ou non, le système de preuve vaccinale. La municipalité de Yellowknife a fait son choix le 8 novembre. (Crédit photo : Thomas Ethier)

La municipalité a reçu plus de 300 lettres de résidents dans les sept jours qui ont précédé le vote, tant en faveur qu’en défaveur d’un système de preuve de vaccination dans les établissements municipaux.

Thomas Ethier – IJL – Territoires

Plusieurs conseillers ont décrit cette décision comme l’une des plus difficiles de leur mandat. Le résultat est tombé ce lundi 8 novembre, vers 22 h 40, à 5 voix contre 4. La municipalité de Yellowknife exigera une preuve vaccinale aux résidents souhaitant accéder à la piscine, au centre sportif Multiplex et aux autres établissements municipaux.

C’est notamment pour accueillir davantage de résidents dans ces installations que l’administration propose d’y exiger le document. À l’heure actuelle, la limite de personnes admises dans les lieux publics intérieurs est de 25, mais peut passer à 50 pour les organisations qui adhèrent au système de preuve de vaccination. On estime qu’en réclamant des exceptions, l'administration de la santé publique pourrait accepter, après évaluation des risques, d’étendre cette limite à 100 personnes pour certaines installations.

Les conseillers Julian Morse, Shauna Morgan, Cynthia Mufandaedza et Robin Williams, ainsi que la mairesse Rebecca Alty, ont voté en faveur de cette politique. Les conseillers Rommel Silverio, Niels Konge, Stacie Smith et Steve Payne ont voté contre. Ce vote mettait un terme à des heures de discussions parfois tendues, certains conseillers qualifiant cette mesure de discriminatoire pour les personnes qui ont choisi de ne pas se faire vacciner, les autres défendant le droit pour tous les résidents de profiter des installations sans craindre d’être exposé au virus.

« C’est la pire décision que j’ai eu à prendre », a affirmé M. Konge, qui siège au conseil municipal depuis 2012. Plusieurs de ses collègues ont déploré la division générée par cette question au cours de la dernière semaine. « Ce débat n’est pas simple, a relevé la conseillère Shauna Morgan. Ce n’est pas un simple combat entre les anti-vaccins et ceux qui sont en faveur de la vaccination. Certains membres du public ont pu croire que c’était le cas, mais ce ne l’est pas. […] Je suis convaincue que nous nous soucions tous de cette communauté. »

Une semaine avant le vote, une majorité des conseillers avait affirmé qu’ils s’opposeraient à cette politique. C’est la volteface de Robyn Williams qui aura déterminé l’issue de la soirée. Après avoir affirmé qu’il voterait contre, ce dernier a proposé d’ajouter des amendements à la politique, notamment pour en libérer les jeunes de moins de 12 ans – qui pourraient bientôt être admissibles à la vaccination. Ces amendements ont été rejetés par une majorité. M. Williams s’est tout de même rangé en faveur de la preuve vaccinale

 

La voix des citoyens

Une dizaine de résidents ont pris la parole dans le cadre de la discussion précédant le vote. Selon Tim Morton, membre de l'Association de hockey mineur de Yellowknife, la municipalité doit joindre ses efforts à ceux des clubs sportifs, dont les bénévoles s’épuiseraient à faire respecter leurs systèmes de preuve de vaccination. Sans défendre le bienfondé de ce système, il a souligné que bien que les jeunes peuvent jouer au hockey s’ils sont vaccinés, le nombre de spectateurs est actuellement limité, et que plusieurs parents ne peuvent assister aux parties.

Aux yeux de la résidente Carol Lockhart, la municipalité devrait répondre aux besoins des personnes exclues des clubs sportifs en raison des politiques de vaccination qui y sont mise en place. « [C]eux qui ont choisi de retarder ou de refuser la vaccination devront se tourner vers la municipalité pour répondre à leurs besoins physiques et mentaux », a-t-elle fait valoir. Elle a par ailleurs évoqué le droit pour les Canadiens de consentir à tous traitements médicaux. Mme Lockhart a partagé les mises en garde de sa fille, qui, dit-elle, craignait que sa mère se fasse « exclure » en raison de cette prise de position publique.

Aux yeux de Catherine Allooloo, la campagne de vaccination est un « exercice de thérapie génique expérimental ». Selon elle, les « lions rugissants », soit les personnes remettant en question les décisions de Santé Canada, s’opposent aux « moutons » qui les acceptent. Mme Allooloo a comparé la situation actuelle « aux années 1930, durant lesquelles un petit groupe de personnes ont compris où cela se dirigeait, alors que plusieurs autres ont suivi la foule sans rien faire pour l’arrêter ». Le conseiller Julian Morse a tenté de faire interrompre cette intervention.

Notons que la Commission des droits de la personne des TNO a publié en octobre une déclaration concernant les politiques de vaccination et les passeports vaccinaux. « Une personne qui fait le choix de ne pas se faire vacciner pour des raisons personnelles ou une croyance qui lui est propre n’est pas protégée par la Loi sur les droits de la personne des TNO et ne peut demander une adaptation en vertu de la Loi », peut-on y lire.

 

Niels Konge présente ses excuses

Le conseiller Niels Konge a présenté de brèves excuses pour les propos qu’il a tenus le 1er novembre. Il avait alors comparé le système de preuve vaccinale à l’interdiction pour les personnes noires de s’assoir à l’avant des autobus de certaines villes nord-américaines, une politique raciste abolie dans les années 1950. « Je tiens à m’excuser d’avoir fait cette comparaison. Je ne voulais blesser personne, mais ce fut le cas. J’en suis profondément désolé », a-t-il déclaré.

La conseillère Stacy Smith a défendu son collègue en indiquant « qu’il ne s’agissait pas là de la meilleure analogie », mais qu’elle ne considérait pas ces propos comme racistes. La conseillère Cynthia Mumfendaeza a également rejeté l'accusation de racisme.

Plus tôt cet automne, M. Konge a comparé les petites entreprises de Yellowknife affectées par les mesures sanitaires – dont il défendait alors les intérêts –, aux victimes des rafles des années soixante. Seule la mairesse était alors intervenue pour affirmer que ces deux situations étaient incomparables. M. Konge s’est ensuite excusé.


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