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Graham Fraser donne son appui moral : Visite du Commissaire aux langues officielles

24 août 2007
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Le Commissaire aux langues officielles, Graham Fraser, a profité de sa rencontre avec les représentants des organismes franco-ténois à l’école Allain St-Cyr, le 16 août, pour donner son appui à la communauté dans ses différentes luttes.

En visite pour la première fois à Yellowknife depuis sa nomination en octobre 2006, le commissaire a pu se forger une meilleure idée des différents enjeux qui touchent les francophones des TNO. Il s’est dit très conscient de l’énorme défi que représente l’épanouissement ou même la simple survie des institutions francophones dans un contexte de minorité.

Répondant à une question de la présidente de l’Association des parents ayant droit de Yellowknife, Yvonne Careen, sur l’abolition, l’an dernier, du Programme de contestation judiciaire, M. Fraser n’a pas voulu donner de faux espoirs, mais indique que des pressions sont faites pour rétablir le programme.

« Nous avons reçu 117 plaintes dans ce dossier, dont celle de la Fédération franco-ténoise (FFT). Certaines plaintes restent encore à traiter, mais il y aura un rapport final en septembre. C’est un dossier que j’essaie de pousser, mais ce serait prétentieux de dire qu’il y a eu un blâme formel [au gouvernement] », a expliqué le commissaire.

La rencontre a notamment permis aux représentants des organismes francophones d’exposer leurs différentes préoccupations au commissaire. Le président de la Commission scolaire francophone, André Légaré, a notamment parlé des nombreuses batailles qui sont continuellement livrées sur le plan scolaire. Il a donné l’exemple du projet d’agrandissement de l’école Allain St-Cyr ainsi que les besoins criants qui se font sentir à l’École Boréale.

Le président de l’Association franco-culturelle de Yellowknife, Patrice Lapointe, a pour sa part soulevé la situation précaire de Radio Taïga, alors que le directeur général de la FFT, Léo-Paul Provencher, a noté le « niveau de fragilité important » des organismes francophones déjà en place.

Face à ces multiples inquiétudes, le commissaire Fraser s’en est remis à donner un support moral, tout en avouant ne pas avoir vraiment de pouvoir d’intervention. « Je vous conseille de vous assurer que votre député est dans le coup », a-t-il notamment suggéré.

Il a aussi été question du recours devant les tribunaux de la FFT contre le gouvernement des TNO. Sur ce point, M. Fraser a rappelé l’implication d’une équipe d’avocats du Commissariat aux langues officielles. « Malheureusement, c’est la seule façon qu’on peut vous appuyer », a-t-il indiqué. Le commissaire a d’ailleurs ajouté que son équipe sera très impliquée lors des audiences en Cour d’appel à la fin novembre.

Une visite bien accueillie

Les représentants de la communauté francophone ont, pour la plupart, déclaré avoir apprécié l’occasion de rencontrer le commissaire Graham Fraser pour une première fois.

« Nous avons apprécié l’opportunité de le rencontrer, a d’abord confié André Légaré. Il est maintenant plus conscient de nos réalités et de nos défis. Il va être à l’écoute de ce qui se passe ».

Le président de la Commission scolaire francophone ajoute que Graham Fraser est une personne-ressource précieuse pour la communauté, bien que son pouvoir de mise en œuvre soit limité. « Il a reconnu lui-même qu’il ne pourrait pas être un acteur principal, mais il a des contacts, notamment avec Mme Verner, qui seront un atout dans certains débats avec le gouvernement », a-t-il poursuivi.

Yvonne Careen abondait dans le même sens. « Je comprends l’influence qu’il peut avoir auprès du gouvernement. Il semble sincère dans la compréhension de nos luttes », a-t-elle rapidement signalé.

Le président de la FFT, Fernand Denault, a qualifié la visite du commissaire comme un bon exercice d’introduction auprès des membres de la communauté. Il a eu de bons mots pour le personnage. « Son rôle, il le joue bien. Il voit à ce que le gouvernement respecte ses obligations légales d’offrir des services de qualité égale dans les deux langues. C’est un rôle que M. Fraser prend avec beaucoup de sérieux », a-t-il indiqué.