Industrie minière : Une route de Yellowknife jusqu’au Nunavut

Carte représentant le couloir suggéré (en rouge) pour la portion ténoise de la future route quatre saisons, comparé à la route de glace actuelle (en bleu). Environ la moitié du corridor devant aboutir à l’océan Arctique se trouve aux TNO. (Courtoisie GTNO)

Carte représentant le couloir suggéré (en rouge) pour la portion ténoise de la future route quatre saisons, comparé à la route de glace actuelle (en bleu). Environ la moitié du corridor devant aboutir à l’océan Arctique se trouve aux TNO. (Courtoisie GTNO)

La route quatre saisons devant relier la route Ingraham jusqu’à la baie Grays sur la côte arctique est un projet conjoint du gouvernement des TNO et de l’Association inuite du Kitikmeot pour stimuler l’industrie minière. Cout estimé : 1,5 milliard $.

 

Après avoir été séparés, le Nunavut et les Territoires du Nord-Ouest pourraient être à nouveau réunis par une infrastructure terrestre. Le projet routier vise la mise en valeur des ressources minières de la province géologique des Esclaves, dont les 213 000 kilomètres carrés chevauchent les deux territoires.
Le projet consiste à prolonger la route territoriale numéro 4 (la route Ingraham) jusqu’aux futures installations portuaires de la baie Grays, située dans golfe du Couronnement, dans l’ouest du Nunavut.
La future route quatre saisons ferait 738 kilomètres de long : 413 km du côté des TNO et 325 km pour la portion nunavoise.
La construction de ce lien routier durera environ cinq ans, estime le directeur général de la Chambre des mines des Territoires du Nord-Ouest et du Nunavut, Tom Hoefer. On estime la construction du port à environ un demi-milliard de dollars et celle de la route à 1,1 milliard de dollars.
La mise en place d’installations portuaires dans cette portion du passage du Nord-Ouest est considérée comme essentielle au transport de minéraux plus volumineux que l’or et le diamant, notamment le zinc, le plomb et le cuivre. Le port et sa route permettront, en outre, d’acheminer du carburant aux mines par voie maritime, réduisant les couts d’opération. Présentement, le ravitaillement des mines de la province géologiques des Esclaves est effectué par convois hivernaux et par voie aérienne.
Une partie du transport s’effectuerait vraisemblablement depuis Yellowknife par la route 4. « Oui, ça mettra de la pression sur cette route, concède Tom Hoefer, mais la pression c’est bon, parce que ça veut dire que l’on fait de l’argent. Ça veut dire que l’on fait du développement. Alors il y a plus d’argent disponible et on peut réinvestir cet argent dans l’amélioration des routes. »

Dialogue
L’Association inuite du Kitikmeot regroupe les citoyens de la région administrative du même nom et dirige la portion nord du projet.
« Nous avons eu des discussions avec l’association du Kitikmeot », précise le ministre de l’Infrastructure des Territoires du Nord-Ouest, Wally Schumann. « Ils nous ont parlé de leur projet. Je pense que nous partageons la même vision. Nous avons tous le même rêve d’ouvrir cette route jusqu’à l’océan Arctique pour mettre en valeur le potentiel minier de la région. Travailler en collaboration plutôt que de faire quelque chose chacun de son côté est bénéfique pour les Canadiens. Nous avons chacun notre propre territoire, notre propre gouvernement, mais nous sollicitons le même financement. »
Dans le futur, les gouvernements des deux territoires devront conclure des ententes sur l’utilisation conjointe des infrastructures.
Aucun représentant des TNO ou de l’Association inuite Kitikmeot n’était disponible pour évoquer ces modalités au moment de mettre sous presse. Le ministère du Développement économique et des Transports du Nunavut a quant à lui renvoyé L’Aquilon à l’Association inuite Kitikmeot.
« En temps et lieu, nous déterminerons plus précisément comment les différents acteurs du projet travailleront ensemble, suggère Tom Hoefer de la Chambre des mines. Par exemple, on pourrait livrer des marchandises au port du Nunavut et les acheminer par camion aux TNO, près de la frontière. On pourrait encore établir une ligne à haute tension des TNO jusqu’au Nunavut. Il y aura beaucoup d’occasions de discuter et de planifier en vue de stimuler l’économie. »
Le gouvernement ténois devra aussi négocier avec les groupes autochtones dont le territoire sera traversé par la future route, soit les Tli?chos, les Akaitcho et l’Alliance des Métis du Slave Nord.

Potentiel minier
Davantage de prospection sera nécessaire pour chiffrer adéquatement la valeur des minerais qu’on retrouve dans la province géologique des Esclaves. Mais, selon Tom Hoefer, le potentiel minier de la région est bien connu. « Les travaux de prospection minière qui y sont effectués depuis des décennies nous en ont donné un bon aperçu. »
Par ailleurs, en Russie, au Brésil ou en Afrique du Sud, des régions géologiques similaires abritent plusieurs exploitations minières. Les roches de cet âge contiennent invariablement des diamants, mais aussi de l’argent, du nickel, du plomb, du cuivre « et probablement des terres rares ».
« C’est une région à très haut potentiel, assure M. Hoefer, comme l’Abitibi au Québec et l’Ontario. »
Dans un rapport préparé pour la Chambre des mines par l’Université Queens en 1993, on identifiait le gisement Izok comme étant le plus prometteur de la région, en ce qui a trait aux métaux de base. Ce gisement contiendrait 13 millions de tonnes de zinc, de cuivre, de plomb et d’argent.
« La société minière MMG a essayé de le développer, mais elle n’avait pas assez d’argent, explique Tom Hoefer. Mais ça a généré beaucoup d’études d’ingénierie et de travaux environnementaux du côté du Nunavut. Si c’était à Timmins ou à Rouyn-Noranda, Izok aurait été exploité dix ans après sa découverte. »
M. Hoefer souligne que des infrastructures routières rendront viables des gisements de moindre envergure.
La région abrite déjà des mines de diamants. À ce jour, la valeur du minerai extrait sans l’apport d’une route quatre saisons aurait atteint 45 milliards de dollars.

 

Financement
Le 14 aout dernier, le gouvernement fédéral a annoncé du financement en vue d’une première phase de développement du projet. La somme de 30 millions de dollars, tirée du Fonds national des corridors commerciaux, est accordée aux TNO pour la réalisation d’évaluations environnementales et règlementaires en vue du prolongement de la route territoriale numéro 4 jusqu’au lac Lockhart, pour la planification et la conception du tracé routier de la route 4 jusqu’à la frontière avec le Nunavut et pour d’autres études de planification.
Le gouvernement ténois attribuera pour sa part 10 millions de dollars à cette enveloppe.
Une grande partie des fonds territoriaux servira à la mise en place d’un plan de protection pour les caribous, précise le ministre de l’Infrastructure Wally Schumann, qui juge que ce projet revêt, non seulement de l’importance pour les TNO, mais bien pour l’ensemble du Canada. « Ça va aussi permettre d’établir une ligne électrique à haute tension depuis la centrale énergétique Taltson pour alimenter les projets miniers de la région, ce qui diminuerait les émissions industrielles et aiderait les TNO à atteindre leurs cibles de réduction tel que prévu dans le Cadre pancanadien sur la croissance propre et les changements climatiques. »
De son côté, l’Association inuite Kitikmeot a reçu 21,5 millions de dollars pour l’achèvement des préparatifs nécessaires à la première étape de la construction du port de Grays Bay et de la portion nunavoise de la route.
Une fois complété, le prolongement de la route 4 constituerait le premier lien routier entre le Nunavut et le reste du Canada.
 

 


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