Sur les planches : Une musique impérissable

18 juillet 2019
Les multiinstrumentistes Patrick Hamilton et Ryan McNally. Ce dernier se rend régulièrement en Louisiane pour s’imprégner de vieux jazz et de musique cajun. (Crédit photo : Denis Lord)

Les multiinstrumentistes Patrick Hamilton et Ryan McNally. Ce dernier se rend régulièrement en Louisiane pour s’imprégner de vieux jazz et de musique cajun. (Crédit photo : Denis Lord)

Ryan McNally et son groupe les MessArounders perpétuent les musiques du Sud.

La musique que joue Ryan McNally et son groupe les MessArounders a plus d’un siècle, mais attire toujours les gens.
Avec Folk On The Rocks, c’était une seconde visite à Yellowknife pour Ryan McNally et les MessArounders, qui avaient joué au Festival d’hiver Snowking en mars dernier.


« Il faisait plus chaud », a plaisanté M. McNally lors de son spectacle du 12 juillet au parc Somba K’e, alors qu’il faisait quelques degrés sous la moyenne historique, que le vent était de la partie et que le soleil jouait à cachecache sous les nuages.


Ça n’a pas empêché les MessArounders de jouer à fond de train son répertoire de vieux jazz et de hillbillies blues enracinés dans le Sud et la Nouvelle-Orléans.


Ce sont des musiques plus que centenaires; si elles sont loin d’occuper le devant de la scène, dans une certaine discrétion, elles ont toujours maintenu un public au fil des générations.


« Il y a une histoire triste derrière le marketing de la musique, analyse Ryan McNally, un multiinstrumentiste québécois basé à Whitehorse. Je pense que si tu voyages dans plusieurs places [...], tu réalises que cette musique n’a jamais arrêté de jouer. Il y a beaucoup de gens qui la jouent, même au Québec. »


Il avance que le vieux jazz n’est pas aussi populaire que la pop et n’est pas, comme celle-ci, adapté aux paramètres de la radio. « Mais cette musique n’est jamais morte », affirme Ryan McNally.


La danse swing connait un retour de popularité; le swing s’apparente au répertoire de Ryan McNally, qui en tire parti. Il a notamment fait danser l’assistance du Cat’s Corner, un haut lieu du swing à Montréal.

Découverte
Ryan Mc Nally a grandi dans un milieu rural au sud de Montréal. Un de ses grands-pères était le fameux caricaturiste politique Ed McNally, qui a œuvré au Montreal Star.


« Il est mort quand mon père était assez jeune, alors je ne l’ai jamais connu, raconte Ryan McNally, mais j’ai grandi avec tous ses dessins d’humour, j’étais entouré par toutes ses choses dont [les membres de sa famille] ne se sont jamais débarrassés, ses bandes dessinées, ses disques vinyle 78 et 33 tours, toutes sortes d’images cool et de trucs bizarres.

On dit qu’il était un très bon pianiste de jazz. Il y a des photos de lui avec Oscar Peterson, avec la scène musicale de Montréal. »


Ryan McNally s’est mis à écouter la collection de disques de son grand-père, à découvrir du blues (de vieux enregistrements du célèbre John Lee Hooker sous le pseudonyme Texas Slim) et du jazz, Louis Armstrong, Duke Ellington, Sister Rosetta Tharpe…


« À 12, 14 ans, rappelle-t-il, j’écoutais cette musique et je me disais : “mais qu’est-ce que c’est ça ?” [...] Je jouais du punk, j’étais dans un groupe de garage, mais j’écoutais beaucoup cette vieille musique à la maison, et j’en jouais. »


Quand plus tard il est déménagé à Montréal, sa passion pour le country, le jazz et le blues s’est accrue. À une époque, il voyait régulièrement des spectacles du guitariste et chanteur Colin Perry, qui est une influence.

Enregistrements
Ryan McNally a enregistré deux albums, Pretty down south (2012) et Steppin’ down South (2017), en nomination dans la catégorie blues aux Western Music Canadian Awards de 2017.


Son prochain album, Listen Up, prévu pour l’automne, est un mélange de ses compositions et de musiques traditionnelles.
« J’essaie toujours de rendre hommage à la vieille musique que j’aime jouer, qui m’a vraiment influencé, note le maitre d’œuvre des MessArounders, alors je fais des reprises, mais j’ai écrit beaucoup de pièces de différents styles, pour cet album. »


Sur Listen Up, il est principalement accompagné des mêmes musiciens qu’à Yellowknife, le très talentueux saxophoniste Olivier de Colombel, Patrick Hamilton (guitare et batterie) et le tubiste Mark Lindy.


Ce sont tous des musiciens établis au Yukon.


En provenance de France, Olivier de Colombel s’est retrouvé à improviser avec Ryan McNally deux semaines après son arrivée à Whitehorse et ne l’a plus quitté. En spectacle, il joue surtout du baryton.


« Olivier [...] joue toutes les sortes de saxophones, explique Ryan McNally, mais pour cet album, je voulais essayer une section de basse. Il y a le tuba et Patrick joue de la grosse caisse dans le style fanfare. Avec Olivier sur le baryton, tout est pas mal dans un registre grave, ça crée un support cool pour la voix et la guitare. J’aime la vibration de tout ça. »


Lui-même chante, joue de l’harmonica, de la guitare et du violon. Il se rend souvent en Louisiane pour y apprendre des pièces de jazz traditionnel et de musique cajun. Lors de l’entrevue, Ryan McNally a chanté en français une chanson des Frères Balfa.

Tournée
Beaucoup de route attend Ryan McNally et les MissArounders après Yellowknife. Ils seront au festival de musique de Dawson puis au Port Townsend Acoustic Blues festival (Washington).


Ils tourneront ensuite au Québec et en Ontario. En octobre, ils se produiront aux Western Canadian Music Awards, qui ont lieu cette année à Whitehorse.


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