Assemblée générale annuelle de la FFT : Une francophonie à structurer

La maison Laurent-Leroux – connu comme la maison bleue – est, depuis 2021, l’entière propriété de la Fédération franco-ténoise. (Crédit photo : Thomas Ethier)

La maison Laurent-Leroux – connu comme la maison bleue – est, depuis 2021, l’entière propriété de la Fédération franco-ténoise. (Crédit photo : Thomas Ethier)

En bonne situation financière et désormais libre d’endettements, la Fédération franco-ténoise souhaite contribuer à démêler les multiples services offerts – et parfois dédoublés – par les organismes francophones du territoire.

Thomas Ethier – IJL – Territoires

Un renouveau s’impose dans les organismes francophones des TNO, qui, comme plusieurs de leurs homologues canadiens, sont affectés par d’importants défis de recrutement. C’est ce qui ressort d’un premier rapport de la firme PGF, présenté le 23 octobre dans le cadre de l’Assemblée générale annuelle de la Fédération franco-ténoise. Un enjeu qui, selon les analyses, imposera des efforts concertés et mieux structurés au sein de la francophonie ténoise.

La FFT serait actuellement en bonne posture financière pour faire face aux défis à venir. On apprenait lors de l’assemblée que la fédération s’est acquittée en 2020 de sa dette immobilière et qu’elle est désormais propriétaire à part entière de la Maison Bleue, qui abrite les bureaux de divers organismes francophones. « La FFT n’a plus de dettes à rembourser, ce qui est très rare pour un organisme communautaire francophone », a souligné le président, Jean-François Pitre.

 

Enjeux de recrutement

La fédération, qui démarrait ses activités il y a 43 ans, a mandaté la firme PGF pour faire une évaluation de la structure organisationnelle de la francophonie ténoise dans son ensemble. Les consultants ont dévoilé à l’assemblée leurs premières conclusions, et certaines pistes de solutions qui devront permettre d’améliorer l’offre de service francophone en général. « La pénurie de main-d’œuvre [et de bénévoles] est un enjeu mondial, qui a sans doute des répercussions encore plus importantes dans un territoire comme les TNO », a souligné Debra Violette, consultante pour PGF.

Les organismes francophones qui évoluent à l’extérieur de la capitale seraient particulièrement touchés par la difficulté de recruter et de retenir leur main-d’œuvre, et leurs bénévoles. « Les organismes culturels sont centraux dans la survie d’une communauté. En ce moment, dans plusieurs cas, il n’y a qu’un seul employé à la barre. Cette situation n’assure pas une sérénité à l’organisme, surtout lorsqu’il y a autant de roulement de personnel. Je pense qu’il faudrait vraiment réfléchir à la manière de consolider ces associations », a avancé la consultante.

La FFT n’échappe pas à ce phénomène de rareté. Le conseil d’administration – dont deux sièges sont actuellement vacants – n’a jusqu’à présent obtenu aucune candidature répondant à ses critères pour assurer la direction de l’organisme. La directrice générale, Linda Bussey, a annoncé son départ pour mars 2022.

 

Démêler les services

La FFT compte se fier aux recommandations finales découlant de cette évaluation pour l’élaboration de son prochain plan de développement global communautaire, qui sera présenté en 2023. Mme Bussey a indiqué qu’elle fera une demande de financement pour assurer une mise en œuvre rigoureuse de ce prochain plan. « Je ne veux pas que ce travail reste sur la tablette, et qu’on se demande encore, dans 40 ans, quel est notre rôle. Je vais certainement faire une demande de financement pour nous assurer de mettre en œuvre toutes les recommandations. »

Selon les conclusions dégagées jusqu’à présent par la firme, une certaine confusion règnerait parmi les résidents, quant aux services qui leur sont offerts en français. Il importerait aussi, comme l’ont expliqué les consultants, de développer une meilleure structure de concertations entre organismes. « [Cette concertation] permettrait aux organismes d’être réalistes dans les attentes générées auprès de leur clientèle, de s’assurer qu’il n’y a pas de chevauchement entre les services, ou encore de mener des efforts communs pour maximiser l’utilisation des ressources », indique Mme Violette.

La FFT évoque par exemple la possibilité de se départir du service Jeunesse TNO, afin de diriger ce volet vers un organisme qui pourra en retirer de meilleur financement, et créer de nouveaux postes. De manière plus large, la fédération pourrait prochainement abolir son système de membriété individuelle, qui n’apporterait que peu d’avantages aux adhérents, à comparer à ce que d’autres organismes pourraient offrir, suivant ce modèle.

À l’interne, la FFT aurait également intérêt à améliorer ses efforts de communication, selon ce qu’ont observé les consultants, afin d’éclaircir son rôle, de préciser son offre de services, et de renforcer son mandat de porte-parole auprès des résidents. « La communication, je pense que c’est une des faiblesses à la FFT, a confirmé Linda Bussey. Nous devrons certainement mieux communiquer avec les résidents et mieux leur expliquer les services qui sont offerts par la FFT ».

 

Un ombudsman à la FFT ?

En entrevue avec Médias ténois, Mme Bussey a confié qu’un travail de réflexion devra être entrepris prochainement, afin de mieux définir le mandat de porte-parole de la fédération. Une assemblée générale extraordinaire pourrait être convoquée en décembre, pour discuter notamment de la représentation des résidents auprès des prestataires de services gouvernementaux.

« Est-on capables d’appuyer les résidents dans un processus de plainte ? Est-ce notre rôle ? Aurait-on besoin de créer un nouveau poste ? », se questionne la directrice. Peut-être pourrions-nous créer un poste d’ombudsperson, qui se pencherait sur les problèmes de prestation de services publics en français ? Je pense que nous devrions y réfléchir. »

Quelque 27 dirigeants et membres actifs d’organisation des TNO ont jusqu’à maintenant été interrogés par la firme PGF, dans le cadre de groupes de discussion et d’entrevues semi-dirigées. Les consultations se poursuivront au cours des prochaines semaines, en vue du dépôt de recommandation finale. « Le projet est porté et financé par la FFT, mais les recommandations qui vont en ressortir auront une portée plus large. Ce sera à vous, en tant que communauté franco-ténoise au sens large, de les prendre et de faire ce qu’il faut pour avancer », a résumé la consultante de PGF.

 

Le conseil d’administration

Jean-François Pitre
Président

Océane Coulaudoux
Administrateur

Jacques-Benoit Roberge
Administrateur

Bouchra Ellaham
Administrateur

Christine Sivret
Administrateur

(2 places vacantes)

 

Les représentants nationaux

Jacques Lamarche
Commission nationale des parents francophones (CNPF)

Marie-Christine Aubrey
Fédération des ainés et ainées francophones et acadiennes (FAAFC)

Roxanne Valade
Société santé en français (SSF)

Jean-François Pitre
par intérim, Fédération des
communautés francophones et acadiennes (FCFA)

Natalie Labossière
Fédération culturelle canadienne-française (FCCF)


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