Immersion française : Un enseignant ténois ambassadeur de sa profession

Amateur de plein air et de jeux de société, Olivier Fortin a découvert les joies de l’immersion à Yellowknife. (Capture d’écran – YouTube, DL)

Amateur de plein air et de jeux de société, Olivier Fortin a découvert les joies de l’immersion à Yellowknife. (Capture d’écran – YouTube, DL)

C’est avec une discrétion bien involontaire que l’Association canadienne des professionnelles de l’immersion (ACPI) lançait en mai une campagne de recrutement d’enseignants en immersion à la grandeur du pays dont une des quatre vedettes, Olivier Fortin, enseigne à Yellowknife.
« Les enseignants vont animer des webinaires, dialoguer avec des étudiants intéressés à faire carrière en immersion », détaille la consultante Marie-France Gaumont.
Lorsque les consignes de sécurité le permettront, l’ACPI réalisera des clips sur ses étoiles, montrant, leurs conditions d’enseignement leur façon de vivre. Ces clips seront diffusés sur différentes plateformes, dont le site teacher5etoiles.ca, actuellement en construction.

Passion et représentation
Si Mme Gaumont concède que les quatre enseignants choisis pour cet engagement de deux ans représentent chacun une région du Canada, elle assure qu’ils ont également été sélectionnés en raison de « leur personnalité et de leurs passions diverses ».
Sarah Fedoration (Alberta) et Nicole Verhoeve (Ontario) sont des anglophones issues de l’immersion. Hannah Reid (Nouvelle-Écosse) provient d’une famille linguistiquement mixte ; elle veut y ramener le français, prohibé au bénéfice de l’anglais par un de ses arrière-grands-pères.
Olivier Fortin enseigne quant à lui le français et les sciences aux élèves de 6e année de l’école William McDonald, à Yellowknife.
« C’est un maniaque de jeux de société et de jeux de rôle, de dire Marie-France Gaumont. Olivier est bien implanté dans son milieu, il est très inspirant. »
C’est par hasard que ce natif de Québec s’est retrouvé à enseigner en classes d’immersion.
« Je savais que je ne voulais pas enseigner à Québec, se souvient-il. On m’a envoyé un courriel pour enseigner à Yellowknife. J’y suis allé sur un coup de tête, et je suis pas mal tombé en amour avec Yellowknife, mais aussi avec l’enseignement en immersion. […] Il y a une communauté francophone assez trippante. Je n’enseigne pas juste la langue, mais la culture et je sais que ça motive les élèves. On voit plus la culture que juste la langue, les livres. »
C’est la vice-présidente de l'ACPI et citoyenne de Yellowknife, Caroline Roux, qui a convaincu M. Fortin de présenter sa candidature à Teacher 5 étoiles.
« Je suis vraiment content de faire partie de cette promotion de la langue et de l’enseignement en immersion, assure Olivier Fortin. [Le projet] est retardé à cause de la contagion, mais j’ai hâte de faire des activités et de partager ma passion avec de futurs enseignants. »

Implication des étudiants
Une autre phase du projet Teacher 5 étoiles implique des étudiants universitaires en enseignement en immersion. Sept étudiants sur un objectif de vingt ont déjà été recrutés. À l’instar des enseignants, ils joueront un rôle d’ambassadeur ; ils prendront part à diverses activités de recrutement, dont une tournée des écoles secondaires de leur région pour parler des occasions d’emploi en immersion. Cette activité commencera à l’automne si les consignes de sécurité le permettent.
Ils auront aussi comme tâche de créer du contenu pour les réseaux sociaux.
Un autre segment du programme offrira à dix étudiants universitaires en éducation un stage de trois semaines comme enseignant en immersion, en 2021, dans différents endroits au pays, où ils seront individuellement encadrés par un professeur. L’ACPI cherche à faire reconnaitre ce stage par les universités canadiennes. L’Université Laval de Québec a déjà acquiescé.

Pénurie
Il y aurait actuellement au Canada une pénurie d’enseignants spécialisés en immersion. Selon Statistiques Canada, le nombre d’élèves dans ce créneau a augmenté de 48 % entre 2006 et 2016.
« La tendance est à la hausse, souligne Mme Gaumont, et il y a des listes d’attente partout, qui peuvent durer jusqu’à deux ans. »
« Nous avons de bons enseignants en immersion aux TNO, commente la présidente de la section ténoise de Canadian Parents for French, Maggie Hawkes, mais nous devons lutter pour attirer et garder des enseignants qualifiés. Nous engageons de jeunes enseignants qui partent après quelques années parce qu’ils veulent se rapprocher de leur famille. »
La solution est, selon elle, de former et d’engager davantage de Ténois. Si elle a peu d’informations sur Teacher 5 étoiles, elle considère que le programme met avantageusement l’accent sur des occasions d’emploi méconnues.
L’ambitieuse campagne Teachers 5 étoiles est financée par Patrimoine canadien dans le cadre du Plan sur les langues officielles 2018-2023.

Ce texte a été modifié le 19 juin, après sa publication initiale.


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