Un cri du cœur de la députée Lesa Semmler

Des résidents et des commerces, comme la mercerie Erasmus Apparel, suspendent une robe rouge à leur devanture en commémoration de la mémoire des femmes et filles autochtones assassinées et disparues. 
(Crédit photo : Batiste Foisy)

Des résidents et des commerces, comme la mercerie Erasmus Apparel, suspendent une robe rouge à leur devanture en commémoration de la mémoire des femmes et filles autochtones assassinées et disparues. (Crédit photo : Batiste Foisy)

Le 20 mai, une imposante délégation des gouvernements territorial et fédéral a pris part à une séance de discussion virtuelle nationale sur la violence faite aux femmes, aux filles et aux personnes 2SLGBT2Q+ des Territoires du Nord-Ouest. La députée d’Inuvik Twin Lake, Lesa Semmler, a profité de l’occasion pour passer son message, au nom des femmes et filles autochtones disparues ou assassinées.

Thomas Ethier
IJL — Réseau. Presse — L’Aquilon

La ministre responsable de la condition de la femme des TNO, Caroline Wawzonek, a annoncé qu’un plan d’action, sera déposé à l’Assemblée législative lors de la prochaine session d’automne, en octobre ou en novembre 2021. Ce plan, possiblement préliminaire, répondra au rapport final de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées.

La rencontre se déroulait quelques jours avant le deuxième anniversaire du dépôt de ce rapport. « J’ai été déçue de ne pas voir, tel que promis, un plan national, a lancé à ses interlocuteurs fédéraux la députée d’Inuvik Twin Lakes, Lesa Semmler, après avoir livré un témoignage de sa propre expérience. J’étais triste que le gouvernement n’ait même pas présenté ne serait-ce qu’un plan préliminaire. »

Mme Semmler s’est toutefois montrée optimiste face aux efforts d’Ottawa. « En constatant que la ministre [des Relations entre la couronne et les autochtones], Carolyn Benett, est avec nous aujourd’hui, et qu’elle est, espérons-le, engagée à poursuivre [ces démarches], je me réjouis que nous allions toujours de l’avant », a-t-elle ajouté.

Avant de devenir députée de l’Assemblée législative, la résidente et native d’Inuvik avait milité et pris part aux audiences publiques de l’Enquête. C’est cet engagement qui l’aura lancée vers la politique.

« C’est au moment où le rapport d’enquête final a été présenté que le vrai travail a commencé pour moi, indique-t-elle. Je me suis mise à combattre cette crise nationale dans un mouvement auquel je m’identifie désormais. J’ai décidé de me présenter comme députée pour l’Assemblée législative », a-t-elle raconté, en précisant qu’elle a choisi de demeurer députée régulière pour préserver son pouvoir d’opposition.

Lesa Semmler a elle-même perdu sa mère à l’âge de 8 ans, dans un contexte de violence conjugale qui l’aura suivie toute sa jeunesse. « Lorsque, jeunes filles, c’est tout ce que l’on voit dans notre collectivité, cela devient, à nos yeux, un comportement normal », a partagé Mme Semmler, la voix empreinte d’émotion.

 

Plus d’argent aux collectivités

Aux représentants du gouvernement territorial, la députée s’est réjouie de la collaboration du gouvernement actuel avec les collectivités, insistant sur l’importance de ne pas faire le travail « à leur place », mais plutôt avec elles. Elle a notamment souligné la collaboration avec le Conseil du statut de la femme des TNO et l’Association des femmes autochtones des TNO, également représentées parmi les panélistes. « Nous écoutons les femmes qui siègent à ces conseils. Elles ont une voix importante. Elles sont celles qui conseillent nos ministres. »

Il y aurait toutefois matière à amélioration, selon Mme Semmler, pour qui certains éléments posent toujours problème au gouvernement territorial. « L’un de ces problèmes, c’est le manque de sous, a-t-elle indiqué. Le manque d’argent pour apporter des changements concrets et significatifs. Il y a tellement de choses à accomplir aux TNO, et cela coute très cher. Notre démographie, l’isolement de nos collectivités et l’appui dont elles ont besoin, la peur de la GRC… »

 

Un évènement d’envergure

Plusieurs représentants gouvernementaux sont intervenus dans le cadre de cette discussion nationale, incluant, au niveau territorial, la première ministre Caroline Cochrane et la ministre de la Santé et des Services sociaux, Julie Green.

Sur le plan fédéral, la ministre des Relations entre la couronne et les autochtones, Carolyn Bennett, la ministre des Femmes et de l’Égalité des genres et du Développement économique rural, Maryam Monsef, le ministre responsable des affaires du Nord, Dan Vandal et le député libéral des TNO, Micheal McLeod, ont participé à la discussion.

Le chef de la Première Nation des Dénés Yellowknives, Edward Sansgris, a ouvert l’évènement, suivi d’une prière de l’ainée Ruth Mercredi.


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