Budget fédéral 2019 : Un appui à l’éducation postsecondaire

La directrice générale du Collège Nordique, Josée Clermont. (Crédit photo : Denis Lord)

La directrice générale du Collège Nordique, Josée Clermont. (Crédit photo : Denis Lord)

Le fédéral investit massivement dans l’éducation postsecondaire pour les Autochtones.

Plusieurs intervenants du domaine de l’éducation ont accueilli favorablement les investissements dans l’éducation postsecondaire dans le Nord annoncés dans le budget du gouvernement fédéral.


Le fédéral investira 700 millions de dollars sur 10 ans dans le Nord pour les infrastructures, les programmes de développement économique, la recherche et l’éducation postsecondaire.


Un montant maximal de 1 M$ pour deux ans servira à mettre sur pied un groupe de travail qui se penchera sur l’éducation postsecondaire dans les régions de l’Arctique et du Nord du Canada, et qui devra présenter des recommandations aux gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux.


Le Centre Dechinta bénéficiera d’un budget quinquennal de 13 M$ pour améliorer l’accès à ses programmes adaptés à la culture autochtone.


Par-delà le Nord, à Services autochtones Canada, ce sont 531 M$ sur cinq ans qui seront investis dans le Nord. Pour la même période, Emploi et Développement Canada placera 9 M$ dans ce secteur.


À l’échelle du Canada, le gouvernement fédéral a mis en place une mesure pour ne pas demander d’intérêt sur les prêts étudiants durant les six premiers mois suivants les études postsecondaires.

Réactions
« Nous voyons ça d’un très bon œil, dit la directrice générale du Collège nordique francophone, Josée Clermont. Ces investissements vont aider au projet de polytechnique. » Mme Clermont ajoute que la mise en commun des ressources autochtones, francophones et anglophones peut renforcer le pouvoir des protagonistes.


Jean-François Pitre, président du Collège nordique francophone jusqu’en juin et président de la Fédération franco-ténoise, avance que « l’augmentation de budget du Plan sur les langues officielles va aider directement l’éducation en français, analyse-t-il. Ça va aussi aider la culture. Nous avons hâte de voir quelle partie du budget ira au Nord et aux Territoires du Nord-Ouest pour savoir ce qui favorisera les TNO. »


Le nouveau Plan d’action pour les langues officielles, annoncé en 2018, comprend de nouveaux investissements atteignant au total 499,2 M$ sur cinq ans, en plus de fonds au montant indéterminé pour l’éducation en milieu minoritaire.
Ce dernier fond est assujetti à la conclusion de nouveaux accords bilatéraux avec les provinces et les territoires sur la reddition de comptes et la consultation avec les commissions scolaires.

Groupe de travail
Quant au groupe de travail sur l’éducation postsecondaire, M. Pitre réserve ses commentaires, attendant que le gouvernement fédéral dévoile davantage de détails sur sa composition. « Si nous avons le droit d’y être, c’est certain que nous y serons représentés, assure-t-il. Dans le Nord, habituellement, si tu travailles dans un dossier, on te fait une place. »
L’organisme porte-parole des universités canadiennes, Universités Canada, a notamment salué par voie de communiqué, la « bonification du financement pour le Programme d’aide aux étudiants » et les possibilités d’éducation accrues dans les régions de l’Arctique et du Nord du Canada.


Inuit Tapiriit Kanatami (ITK) représente les communautés inuites du Canada. Son président, Natan Obed, s’est dit heureux que les priorités de son peuple soient incluses dans une section spécifique du budget.


« Cela, écrit-il, reflète le progrès que nous avons fait grâce au le comité de partenariat Inuits-Couronne ».
Parmi les aspects favorables du budget, il souligne l’investissement de 125,5 M$ sur 10 ans pour l’éducation postsecondaire des Inuits, en plus d’un montant récurrent annuel de 21,8 M$.

Indspire
Ottawa injecte par ailleurs un budget triennal supplémentaire de 9 M$ à Indspire, un organisme de bienfaisance national, dirigé par des Autochtones, qui investit dans l’éducation des Autochtones à long terme, pour les bourses d’études et de soutien.


L’organisme souligne que c’est un grand pas en avant pour combler l’écart de diplomation universitaire entre les populations autochtones et non autochtones.


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