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Un ange et un mentor pour votre jardin

De nombreuses initiatives encouragent les jardiniers d’ici à garnir de leurs produits la table des récoltes du Marché fermier de Yellowknife. (Courtoisie Marché fermier de Yellowknife)

De nombreuses initiatives encouragent les jardiniers d’ici à garnir de leurs produits la table des récoltes du Marché fermier de Yellowknife. (Courtoisie Marché fermier de Yellowknife)

Vous avez un jardin ? Que diriez-vous de vendre votre surplus de choux frisé ou une partie de vos fruits et légumes ? Les artisans de la table des récoltes du Marché fermier feront tout pour vous épauler et vous convaincront, peut-être même, d’y ajouter un rang.

Le Marché fermier de Yellowknife, qui se tient tous les mardis en été, risque d’avoir une table des récoltes bien garnie cette année : les responsables du marché mettent tout en œuvre pour la faire connaitre et simplifier la vie de leurs concitoyens maraichers afin qu’ils aient envie d’y partager leur récolte. Le tout grâce à un financement supplémentaire qui devrait, aussi, aider à ce que le concept germe ailleurs.

À la table des récoltes, qui en est à sa quatrième année, tous les Yellowknifiens peuvent vendre, faire vendre ou donner une partie de leur récolte. C’est un lieu où des pommes de laitue, des kales ou des rhubarbes de trop font des heureux. C’est aussi un lieu où ceux qui ont envie de cultiver davantage, afin d’en faire un revenu, peuvent se faire les dents.

Les amateurs de jardinage ont trois options pour y écouler leurs produits : les y vendre eux-mêmes et conserver 90 % des bénéfices, qu’un coordonnateur les vendent pour eux et ne garder que 75 % des bénéfices ou les donner au profit du marché.

Parmi les nouveautés cette année : un ange de jardin et un coach de jardinage seront embauchés pour aider les cultivateurs, une campagne de markéting battra son plein et un manuel sera conçu pour reproduire le concept ailleurs, partage l’agricultrice France Benoit. Cet « ange » siège au conseil d’administration du Marché fermier à titre de responsable de la table des récoltes et de la stratégie qui vise à augmenter la production maraichère.

Le rôle de l’ange de jardin consiste à faciliter la vie de ceux qui désirent fournir des produits frais à la table des récoltes. Ainsi, cet ange pourrait passer chez vous ramasser les légumes ou les fruits, s’occuper de les laver et de les préparer à la revente. Plus besoin de vous déplacer.

« On veut éliminer le maximum de défis », dit France Benoit.

Selon le rapport annuel de 2021 du Marché fermier, la table des récoltes « était souvent vide à l’ouverture du marché ». En effet, détaillent les auteurs, les jardiniers récoltaient leurs produits après leur journée de travail avant de se rendre au marché, qui débute à 17 h 15, et arrivaient ainsi sur le tard. L’ange de jardin pourra, au besoin, voler à leur rescousse et récolter lui-même la marchandise – une tâche dont s’est déjà occupé, dans le passé, un coordonnateur et qui devient un rôle à part entière, à raison de 75 heures pour la saison.

L’ange de jardin pourra d’ailleurs passer au domicile de ceux qui s’absentent pour glaner des légumes, cueillir des baies ou des fruits.

Le mentor de jardinage, poste qui comptera 100 heures à son actif, sera quant à lui présent tous les mardis à la table des récoltes. « Je réponds constamment à des questions lorsque je suis au marché, affirme l’agricultrice France Benoit. Les gens viennent à ma table et, qu’ils achètent ou non, ils ont toujours des questions. » Le mentor pourra ainsi leur répondre et expliquer tous les secrets du métier : quoi faire pousser, comment augmenter la production, notamment.

Et pas besoin d’attendre que le marché ouvre en juin pour obtenir des conseils du mentor : il sera embauché tôt pour que les intéressés puissent lui poser des questions dès avril ou mai, selon la membre du conseil d’administration.

La table des récoltes encourage ainsi la production, la vente et la consommation de produits locaux en fournissant aux jardiniers un endroit où vendre sans s’embourber dans la logistique – les assurances, par exemple, sont sous la responsabilité du Marché fermier. L’un des objectifs est en outre de réduire le gaspillage de végétaux à la source. Et, dans le cas d’invendus, les produits sont donnés à l’organisme Food Rescue.

« Tout le monde a des surplus dans un jardin, que ce soit une pomme de laitue ou un zucchini de trop, rappelle l’agricultrice France Benoit. Si 10 personnes ont un zucchini de trop, ça va en faire 10 à vendre. »

En 2021, une quarantaine de produits différents cultivés par 16 jardiniers ont été vendus à la table des récoltes, générant un revenu total de 1441 $, selon le rapport annuel. De ce montant, 333 $ ont fini dans les coffres du Marché fermier et 1108 $ dans les poches des maraichers.

De nombreuses initiatives encouragent les maraichers d’ici à garnir de leurs produits la table des récoltes du Marché fermier de Yellowknife. (Courtoisie Marché fermier de Yellowknife)

 

Stimuler la production, ici et ailleurs

Ces efforts pour promouvoir la table des récoltes sont soutenus par un financement supplémentaire en 2022. Le Marché fermier a reçu 24 300 $ de la part du ministère de l’Industrie, du Tourisme et l’investissement, soit près de 10 000 $ de plus que l’an dernier, indique France Benoit.

Ce financement a aussi servi à embaucher la coordonnatrice de la table des récoltes plus tôt qu’à l’habitude. Elle doit produire un manuel éducatif qui aidera d’autres communautés ténoises à créer leur propre table, une demande du ministère qui a constaté leur intérêt, dit France Benoit. La coordonnatrice, qui est entrée en fonction au début de l’année, a déjà remis une première ébauche dudit manuel.

Le manuel donnera de l’information sur les rôles de mentor de jardinage, d’ange de jardin ou des programmes pour inciter les gens à ajouter, par exemple, une rangée dans leur jardin.

La coordonnatrice travaille également sur une campagne de markéting afin d’encourager la production locale. Elle doit, de plus, chercher à développer des partenariats avec des jardins communautaires, comme celui de Trail’s End, ou avec la Première Nation des Dénés Yellowknives.

Pour motiver les jardiniers à se mettre davantage les mains dans la terre, une partie du financement sera transformée en cartes-cadeaux afin qu’ils achètent des semences ou des sacs de terre dans un magasin du coin.

Le Marché fermier de Yellowknife, une société à but non lucratif, a commencé ses activités en 2013 avec une dizaine de vendeurs. En 2021, il a reçu la visite de 9400 personnes pendant ses 14 semaines d’ouverture, soit du 8 juin au 7 septembre. C’est en moyenne plus de 600 personnes qui se sont rendues les mardis soir au parc Somba K’e.

Si la table des récoltes est relativement bien connue par les jardiniers amateurs, elle l’est moins par les résidents de la capitale, observe France Benoit. « On espère que la publicité va attirer encore plus de gens au marché et maximiser les chances que les surplus soient redistribués », dit-elle.

Tous ces efforts s’inscrivent dans le désir d’améliorer l’autonomie et la sécurité alimentaire des Ténois.


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