Annette Campagne : Toujours le goût du français

18 avril 2003
0 Commentaire(s)
Originaire de la Saskatchewan, Annette Campagne s’est fait connaître par la formation musicale Hart Rouge, dont elle faisait partie en compagnie de deux de ses sœurs et de son frère. Auparavant, la famille de sept enfants formait le groupe folklorique Folle Avoine, qui s’était produit à Yellow-knife en 1986, à l’occasion de Folk on the Rocks.

« Nous avons toujours chanté en famille. Nous avons appris à chanter et à jouer de la guitare quand nous étions petits et c’est devenu un sixième sens. La musique, c’était aussi une façon pour nous de garder notre langue. Parce que l’on chantait en français, on gardait notre langue et notre culture vivantes », se souvient celle qui a vécu de près les effets de l’assimilation.

« Mon village natal, en Saskatchewan, était francophone, mais ne l’est plus. Les gens de ma génération ne parlent presque plus le français. Ce sont les gens de l’âge de mes parents qui parlent encore le français couramment. Par la chanson et par le fait que mes parents voulaient toujours que l’on parle en français à la maison, nous avons été en mesure de garder la langue dans la famille », poursuit-elle.

Après avoir passé plus d’une décennie à Montréal, pour les besoins de Hart Rouge et de sa carrière musicale solo, débutée en 1996, Annette est retournée dans sa province, le temps de quelques mois. « Ça a fait bizarre au début, mais après un bout de temps, ça faisait comme si je revenais chez moi », d’avouer celle qui se sent maintenant interpellée par la lutte de la francophonie en milieu minoritaire.

« C’était un peu drôle, parce que je me retrouvais un peu de l’autre côté de la médaille. Alors que j’étais adolescente, la langue n’était pas le plus grand de mes soucis et maintenant, c’est moi qui dit aux jeunes de parler en français », d’expliquer celle qui enseigne la musique et le chant au niveau collégial, tout en poursuivant l’écriture de son deuxième album solo.

Il faut dire qu’Annette Campagne est une figure crédible de la possibilité de réussite dans la langue de Molière. Ayant fait carrière pendant dix ans avec Hart Rouge, elle a connu beaucoup de succès à la radio et en spectacle, les gens étant séduits par les harmonies vocales du quatuor. Lorsqu’en 1996, elle décide de poursuivre sa route seule, l’auditoire a continué de la suivre.

« La réaction des gens a été bonne. J’étais un petit peu la rockeuse du groupe et je voulais explorer un peu plus ce côté-là et le facette intime de la musique. J’écrivais mes propres chansons et ça m’a permis de vraiment savoir de quoi j’étais faite. Je crois que ça a vraiment ressorti dans mon premier album qui s’appelait Sauter de haut ».

Pour son second album, qu’elle espère voir sur les tablettes l’année prochaine, Annette compte poursuivre dans la même veine. « Lorsque j’écris, je pige un petit peu plus dans les expériences de différentes personnes plutôt que juste la mienne. Il devrait y avoir plus d’histoires dans le prochain album, plus de choses quotidiennes qui se passent dans la vie. Je n’ai jamais été une personne qui fonctionnait à grands coups de chansons d’amour », admet-elle. Le public de Yellowknife a d’ailleurs eu l’occasion, la semaine dernière, d’entendre quelques-unes des nouvelles chansons d’Annette.

Pour son spectacle, Annette Campagne était accompagnée de deux musiciens, question de donner un peu plus de mordant à ses chansons. « Ce sont deux musiciens avec lesquels j’adore travailler. Ils aiment rendre la musique un peu plus funky et on s’amuse véritablement lorsque nous sommes les trois ensemble sur scène ».
Suivez-nous
Changer de ville
Sondage

Aucun sondage sur le site présentement!

Voir tous les résultats des sondages