Mine Giant : Terre-Net cherchera une solution

Ken Froese, David Lingstone et Kathleen Racher du conseil d'administration du Comité de surveillance de la Mine Giant. (Crédit photo : Denis Lord)

Ken Froese, David Lingstone et Kathleen Racher du conseil d'administration du Comité de surveillance de la Mine Giant. (Crédit photo : Denis Lord)

Les solutions doivent être testées avec un échantillonnage précis.
 

Le Comité de surveillance de la mine Giant (CSMG) a signé le 29 avril une entente de recherche de trois ans renouvelable avec l’Université de Waterloo pour trouver une solution définitive au trioxyde de diarsenic de la mine Giant.
Ce n’est qu’une formalité avant que l’Université de Waterloo ne parafe l’entente, a assuré à L’Aquilon la présidente du CSMG, Kathleen Racher.


L’Université de Waterloo gère Terre-Net, le réseau du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada en extraction responsable des ressources naturelles.


Terre-Net rassemble des chercheurs de sept universités canadiennes et de 26 organismes comme des associations industrielles, des municipalités, etc. Son objectif est de mettre l’innovation au service de l’assainissement des mines.
« L’entente explique comment nous allons travailler ensemble, explique Mme Racher, détermine la propriété intellectuelle des découvertes, etc. »


Terre-Net a proposé quatre axes de recherche au CSMG, chacun accompagné d’un prix. Les choix de créneau du CSMG feront partie d’un contrat ultérieur rattaché à l’entente de recherche.


« Il est possible que nous ne choisissions que deux axes de recherche, précise Kathleen Racher. Il est sûr qu’un des axes sera de s’assurer que l’on comprend la chimie de ces échantillons. »


Les échantillons de trioxyde d’arsenic en question, ce sont ceux de la mine Giant, conservés par la compagnie SGS Lakefield en Ontario.


L’entente signée avec l’Université de Waterloo rend ces échantillons accessibles aux chercheurs de Terre-Net.

Particularités
La présidente du CSMG souligne qu’il existe plusieurs méthodes pour rendre inerte le trioxyde de diarsenic, mais qu’elles doivent être adaptées.


« Il y a une compagnie qui fait la vitrification de la poussière de trioxyde de diarsenic [pour la rendre inerte], illustre Kathleen Racher, mais il faut le faire sur nos échantillons précis. Tu ne peux pas présumer que parce que ça a fonctionné sur des échantillons provenant d’ailleurs, ça fonctionnera ici. »


De surcroit, il faut ensuite tester combien de temps le trioxyde, une fois transformé, demeure inerte, et quels sont les éléments susceptibles de le rendre à nouveau dangereux.


« On ne peut pas garantir qu’une solution parfaite sera trouvée dans 10 ans ou dans 20 ans, concède Mme Racher. »

Une solution
Cette solution, Brian Howlett, président de la compagnie Dundee Sustainable Technologies (DST), croit l’avoir trouvée.
Dundee produit huit tonnes de verre par jour dans une fonderie de cuivre en Afrique, composées de 20 % de trioxyde de diarsenic. M. Howlett refuse de dire dans quel pays elle est située ni à qui elle appartient, argüant que cette information est confidentielle.


« Nous savons que ça fonctionne, assure M. Howlett. Nous confirmerons bientôt au marché que c’est efficace. »
La méthode de vitrification de DST a été évaluée dans une revue du savoir sur la mine Giant préparée en 2017 par la firme Arcadis.


« Nous l’avons proposée pour la mine Giant, mais nous sommes bloqués au niveau politique, analyse M. Howlett. »
Il y a aussi le défi technique de sortir le trioxyde d’arsenic du sol pour le vitrifier. Selon M. Howlett, ce n’est pas insurmontable et sa compagnie fait actuellement des tests à ce niveau.


« DST traite le trioxyde au fur et à mesure qu’il est produit, observe Kathleen Racher. [...] Je ne crois pas qu’il y ait dans le monde une autre place avec une accumulation comme à la mine Giant. Si nous n’avions que 100 tonnes, nous aurions déjà réglé le problème. »

Mandat
La recherche fait partie du mandat du CSMG, mais l’exploration de ce secteur n’en est qu’à ses prémisses. Au fil des années, l’organisme a accumulé un budget de 600 000 $ pour ce volet.


Le conseil d’administration du CSMG n’a pas encore décidé s’il allait chercher du budget supplémentaire pour la recherche, les premières étapes de celle-ci ne nécessitant pas fatalement de grosses sommes.


L’entente avec l’Université de Waterloo survient quelques jours seulement après que le CSMG ait rendu public son rapport annuel 2018, qui comprend onze recommandations.


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