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Surplus budgétaire de 15,8 millions $ : Yellowknife peine à dépenser

Par mesure préventive, la municipalité de Yellowknife a choisi d’outrepasser sa politique budgétaire et d’engranger un montant particulièrement élevé du surplus de l’année 2021, alors que les impacts économiques de la pandémie pourraient se faire ressentir en cours d’année. (Capture d’écran – Municipalité de Yellowknife)

Par mesure préventive, la municipalité de Yellowknife a choisi d’outrepasser sa politique budgétaire et d’engranger un montant particulièrement élevé du surplus de l’année 2021, alors que les impacts économiques de la pandémie pourraient se faire ressentir en cours d’année. (Capture d’écran – Municipalité de Yellowknife)


Malgré une situation financière « solide », l’administration municipale explique l’important surplus financier de 2021 par une diminution des dépenses, alors que plusieurs postes demeurent vacants, et que d’importants travaux subissent une pause forcée.

Thomas Ethier
IJL – Réseau.presse – L’Aquilon

La municipalité de Yellowknife profite cette année d’un surplus budgétaire de 15,8 millions $, soit près du double du montant enregistré au printemps 2021. En adoptant le 9 mai les états financiers de la municipalité, le conseil a également, pour une seconde année consécutive, choisi de réserver un montant spécial pour amortir les répercussions économiques de la pandémie.

Le fond général de la municipalité sert à fournir les services de base aux résidents. Selon une politique budgétaire municipale, entre 10 % et 15 % des dépenses prévues au budget annuel doivent être consacrés à ce fond. L’administration a toutefois choisi, encore cette année, d’accroitre exceptionnellement cette proportion à 24,7 %, pour une somme de 10,7 millions $.

 

Manque d’employés et travaux retardés

Ce filet de sureté vise principalement à pallier les effets des perturbations dans les chaines d’approvisionnement, qui affectent l’avancement des travaux budgétés par l’administration. « Nos dépenses subiront tout un tour de montagnes russes au cours des prochains mois, a prévenu la directrice des services aux entreprises de la municipalité, Sharolyn Woodward. Nous commençons à peine à recevoir des matériaux commandés l’an dernier, et peut-être que nous ne recevrons nos commandes d’aujourd’hui que dans un an. »

Bien qu’opportun, ce surplus de 15,8 millions $ est accompagné d’enjeux susceptibles d’affecter les services offerts aux citoyens, pour lesquels l’administration a eu du mal à dépenser, malgré elle. « Nos dépenses ont été plus basses que ce qui était prévu au budget de 2021, ce que nous expliquons malheureusement, en grande partie, par des dépenses salariales limitées, alors que plusieurs postes affichés en 2021 sont demeurés vacants », explique Mme Woodward.

Les dépenses réservées à l’attribution de contrat ont également été plus maigres qu’escompté, en raison des impacts « considérables » de la pandémie sur les chaines d’approvisionnement, selon Mme Woodward. « Nous n’avons tout simplement pas pu recevoir les équipements ou des matériaux commandés, et ne les avons donc pas encore payés, explique-t-elle. Conséquemment, certains projets n’ont pas pu avancer aussi rapidement que nous l’espérions, et nous avons dû garder l’argent. »

Ce surplus budgétaire s’expliquerait également en partie par des revenus plus élevés que prévu, ce dont s’est réjouie l’administration. « Il s’est avéré que les frais d’utilisateurs, la vente de produits, la vente de terrains et les revenus sur les permis se sont tous avérés plus élevés que prévu, ce qui nous situe en solide position financière », a souligné Mme Woodward en introduction à sa présentation au conseil.

 

Un enthousiasme questionné

La conseillère Shauna Morgan a remis en question les termes employés par l’administration dans ses états financiers. « On parle dans le document d’une situation financière solide, en décrivant les répercussions positives de ces surplus. Or, à mes yeux, nous ne sommes pas une entreprise dont le but est d’atteindre les plus hauts revenus possibles », a-t-elle souligné.

« Étant donné notre mandat, je veux simplement m’assurer que nous ne tenions pas simplement pour acquis, dans le langage que nous employons, que la position idéale pour la municipalité est d’avoir les plus hauts revenus et les plus basses dépenses possibles », ajoute-t-elle.

La conseillère s’est dite préoccupée que ce surplus soit le fruit de revenus plus élevés que prévu, en plus de découler d’une diminution des services offerts aux résidents. « Pour moi, notre situation financière devrait nous apparaitre comme neutre. Nous nous devons d’être prudents pour l’avenir, mais selon moi, le fait d’avoir excédé nos revenus et d’avoir des dépenses plus basses que prévu n’est pas une chose positive », estime la conseillère.

« Notre mandat est évidemment d’offrir les services que nous nous sommes engagés à offrir, et de réduire les frais d’utilisation des services au plus bas niveau pour les résidents. Pour moi, il n’est pas souhaitable de continuer à afficher de tels surplus et d’être en mesure de renforcer ces filets de sureté, ajoute-t-elle, à moins que nous décidions de modifier notre politique budgétaire et d’y prévoir officiellement des surplus consacrés à renforcer notre filet de sureté. »

Selon la mairesse de Yellowknife, Rebecca Alty, il importe d’offrir un portrait réaliste de la situation. « C’est délicat, a-t-elle convenu. Nous avons un surplus budgétaire alors que nous n’avons pas suffisamment d’employés pour offrir tous les services aux résidents, ce qui n’est certainement pas une situation idéale. »

« En revanche, nous bénéficions d’un important surplus budgétaire alors que l’inflation a atteint son plus haut niveau des trente dernières années, fait valoir la mairesse. Nous pouvons nous permettre de ne pas paniquer, parce que nous avons un peu d’argent en surplus. »

 


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