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Chronique : Sur la route de Compostelle 1

20 septembre 2022
Passeport du pèlerin et coquillage pour identifier les perdus qui marchent le Camino. (Courtoisie JA)

Passeport du pèlerin et coquillage pour identifier les perdus qui marchent le Camino. (Courtoisie JA)

Crise de la quarantaine oblige, il fallait que je me trouve un projet pour souligner ça.

J’ai considéré la moustache, la coupe longueuil, un VTT louche genre T-Rex de Bombardier, fréquenter une fille trop jeune pour moi, essayer une relation avec un homme pour voir si c’est moins compliqué qu’avec une femme.

Mais rien de tout ça me faisait vraiment bander… littéralement.

Non ! Je veux être dans l’action et la réflexion, vivre quelque chose d’inspirant, rencontrer d’autre monde que des maudits Canadiens. Après deux ans sans être sorti du pays, vous commencez à me fatiguer… et je m’inclus là-dedans.

J’ai donc décidé de marcher d’un bout à l’autre de l’Espagne sur le chemin de Compostelle. Je le fais pas pour des raisons religieuses personnellement, mais, si ça pouvait m’absoudre de quelques péchés, je ne dirais pas non. Comme la fois où j’ai baissé les pantalons de Jonathan devant ma classe de 2e année, ce serait bon pour mon karma de l’effacer, celle-là.

Ton sac payé trop cher à Overlander, tes bâtons de marche payés pas cher au Décathlon et tes chaussures qui, on l’espère, ne te feront pas d’ampoules. (Courtoisie JA)

Ton sac payé trop cher à Overlander, tes bâtons de marche payés pas cher au Décathlon et tes chaussures qui, on l’espère, te feront pas d’ampoules. (Courtoisie JA)

Ça va aussi me permettre de répondre à certaines questions. C’est quoi mon problème ? Pourquoi suis-je célibataire ?

Est-ce que je veux vraiment des enfants ou c’est parce que je veux pas mourir seul ? Pis si c’est parce que je veux pas mourir seul, est-ce que c’est quand même valide comme raison ?

Donc, en route pour répondre à tout ça. Yellowknife-Calgary, Calgary-Dublin, Dublin-Bilbao pis des bus à n’en plus finir pour me rendre au point de départ du Camino : Saint-Jean-Pied-de-Port. C’était pas du gâteau. Et je sais pas vous, mais moi, dormir dans un avion pendant qu’un bébé braille et qu’un gros Américain me ronfle dans les oreilles, c’est pas mes conditions idéales. Et ma stratégie de provoquer un coma alimentaire avec un énorme steak-frite albertain et un fish and chips irlandais extragraisseux fonctionne clairement pas.

En plus, j’ai raté mon vol jusqu’à Bilbao. J’ai donc été pris à l’aéroport de Dublin, dégustant un délicieux café d’une machine distributrice, en attendant que la porte ouvre avec beaucoup de roux et beaucoup de chauves aussi… Peut-être qu’ils avaient juste pas envie d’avoir les cheveux roux.

Un café imbuvable à l’aéroport de Dublin (Courtoisie JA)

Un café imbuvable à l’aéroport de Dublin (Courtoisie JA)

J’arrive donc à destination, complètement zombie, sans logis et l’estomac solidement dans les talons. Mais bon, je finis par dénicher un lit, le dernier en ville, chez Nadine, qui prend ma réservation tout en engueulant en français une cliente australienne complètement confuse. Et je me trouve une table, la dernière en ville, chez Jacques, qui vire les clients potentiels en disant qu’il faut réserver six mois d’avance ici, monsieur… bullshit. J’avais oublié comment les Français peuvent être adorables et détestables à la fois. Ils me manquaient.

Pintxos ou tapas des pays basques. Il en faut au moins huit bien gras pour provoquer un coma alimentaire. (Courtoisie JA)

 

Pintxos ou tapas des pays basques. Il en faut au moins huit bien gras pour provoquer un coma alimentaire.(Courtoisie JA)


Dernière tâche à ma liste : aller prendre mon passeport de pèlerin que je devrai faire étamper à toutes les étapes du chemin pour obtenir mon certificat.

J’ai tout. Le ventre plein, un lit bien chaud et je sens le coma alimentaire arriver… et j’ai vraiment hâte à demain.

Bonne nuit.


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