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Souveraineté de l’Arctique : Cochrane élabore son réseau circumpolaire

Caroline Cochrane, première ministre des TNO, en compagnie de son homologue du Nunavut, le premier ministre P.J. Akeeagok. Les deux territoires partagent plusieurs enjeux et aspirations sur la scène émergente de la zone arctique. (Courtoisie GTNO – Facebook)

Caroline Cochrane, première ministre des TNO, en compagnie de son homologue du Nunavut, le premier ministre P.J. Akeeagok. Les deux territoires partagent plusieurs enjeux et aspirations sur la scène émergente de la zone arctique. (Courtoisie GTNO – Facebook)

La première ministre des TNO s’est jointe, les 7 et 8 avril, à près d’un millier de représentants des nations circumpolaires du globe réunis à Anchorage, en Alaska, dans le cadre de l’Arctic Encounter Symposium 2022.

Thomas Ethier
IJL – Réseau.presse – L’Aquilon

Les Territoires du Nord-Ouest font aujourd’hui partie d’une communauté qui s’étend bien au-delà du Grand Nord canadien. La première ministre Caroline Cochrane a pris part en avril aux discussions entourant l’avenir des nations arctiques du globe qui, exposées par la fonte accélérée des glaces, dévoilent au monde des ressources qui, pour le meilleur et pour le pire, font tourner les têtes des puissances mondiales.

À titre de dirigeante, Mme Cochrane est elle-même passée sous les projecteurs de l’Arctic Encounter Symposium 2022. Conviée à deux panels de discussions, la première ministre ténoise a eu l’occasion de partager son expérience et ses réflexions entourant la place des femmes autochtones en politique, et la résilience des petites collectivités du Nord.

« Il était clair, durant les deux jours du symposium, que plusieurs de mes homologues ont des préoccupations semblables aux nôtres, et que nous vivons des défis communs quand vient le temps d’assurer la qualité de vie de nos résidents », a rapporté la première ministre en conférence de presse, le 11 avril, à son retour d’Alaska.

 

Des partenaires en devenir

Quelque huit nations circumpolaires étaient représentées au Symposium qui, après deux ans de relâche, aura offert l’occasion de tisser des liens à travers la zone arctique. Forts de ressources prisées à travers le monde, telles que les minéraux qui entrent dans la fabrication des appareils technologiques de pointe, les Territoires du Nord-Ouest pourront également tirer parti de leur position géographique, qui s’annonce avantagée, sur le plan des échanges commerciaux, par la fonte de l’océan Arctique et l’ouverture du passage du Nord-Ouest.

« Nous avons rencontré certains représentants de pays qui imposent à la Russie des sanctions similaires aux nôtres, mais qui en subissent les impacts, puisque leurs principaux échanges commerciaux se font avec la Russie, a expliqué Mme Cochrane. Comment ces nations peuvent-elles utiliser le passage du Nord-Ouest pour commercer avec le Canada, et quels seront les rôles du Nunavut et les TNO ? Cette question était au centre de plusieurs échanges. »

Aux yeux de la première ministre, cette nouvelle zone d’échange aura également le pouvoir de fédérer les nations face aux défis communs vécus dans les collectivités arctiques. « Nous entendons souvent que nous sommes peu nombreux aux TNO, que trop peu de gens entendent parler de nous. Mais avoir une voix au sein de la communauté circumpolaire offre d’énormes bénéfices et nous rend plus forts », estime la première ministre.

« En parlant tous ensemble, poursuit-elle, en partageant nos enjeux et nos solutions, nous sommes en mesure de nous faire entendre par le monde entier. Et c’est ce dont nous avons besoin, que le monde entende parler de l’Arctique. »

 

La sécurité au-delà de la force

Sur fond de conflit géopolitique, la menace russe se sera imposée sous différentes formes durant le symposium, dans les discussions d’ordres essentiellement économiques, selon ce que rapporte Mme Cochrane. Face à l’intérêt marqué et grandissant des puissances mondiales pour le Nord, les nations circumpolaires s’entendraient pour dire que leurs enjeux doivent d’abord être pris en main de l’intérieur.

« Je l’ai dit souvent, a réitéré la première ministre, la sécurité de l’Arctique, ce n’est pas uniquement une présence militaire robuste. Il s’agit également de bâtir des communautés fortes et indépendantes, grâce à des investissements significatifs dans nos infrastructures critiques, comme les routes, les télécommunications et l’énergie. »

« Étant donné la triste situation en Ukraine, il y a un sens d’urgence croissant lorsqu’on parle de souveraineté et de sécurité dans l’Arctique, a-t-elle souligné. Ce symposium était l’occasion de discuter des manières d’accroitre la qualité de vie des gens du Nord, d’assurer la sécurité de nos résidents, et de pouvoir ainsi contribuer à la stabilité mondiale ».

« De par son nouveau rôle, l’Arctique prend un statut de plus en plus important sur la scène internationale. Une chose était claire durant ce symposium, nous voulions nous assurer que les besoins des gens du Nord demeurent une priorité, de poursuivre Caroline Cochrane. De notre perspective, cela signifie que les aspirations des Ténois doivent recevoir l’attention qu’elles méritent, et que nous devons réduire l’écart avec les Canadiens du sud du pays. »


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