Si les immigrants s’en mêlaient…

Une vague verte venant de l’Ile ?


Les changements climatiques inquiètent particulièrement les Prince-Édouardiens. Et avec raison. Selon le plus récent rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), les températures globales augmentent plus vite que prévu.


Les engagements des leadeurs mondiaux à limiter l’augmentation à 1,5 degré ne vont même pas suffire pour prévenir les inondations, les sècheresses, les canicules et les catastrophiques pertes enregistrées chaque année au chapitre de la biodiversité. Selon une recherche menée à l’Université de l’I.-P.-É., ces augmentations de température vont aggraver et multiplier les évènements météorologiques et accélérer l’érosion côtière de la province. L’I.-P.-É. perd actuellement en moyenne 28 cm du littoral chaque année. On estime que vers le début du prochain siècle, 1000 maisons et cottages sont à risque de disparaitre dans l’océan.

Insularité et changement climatique
Même ceux qui résident plus à l’intérieur des terres sont conscients de la fragilité de l’écosystème insulaire. Les impacts de la diminution de la matière organique et de la salinisation des sols de l’ile sur l’agriculture locale sont alarmants.
Par ailleurs, l’avenir des pêcheries de l’I.-P.-É. risque d’être compromis si le Northern Pulp Mill de la Nouvelle-Écosse procède comme prévu et déverse ses effluents dans le détroit de Northumberland.


Toutes ces inquiétudes amènent une bonne partie de la population à s’intéresser au Parti vert de l’I.-P.-É. Un récent sondage de la Corporate Research Associates suggère que 40 % des électeurs voteraient vert à la prochaine élection provinciale. L’élection aura lieu le 23 avril. Des électeurs des grands partis traditionnels sont attirés par l’engagement du Parti vert envers les entreprises locales et la protection des terres cultivables. Le Parti vert connecte directement avec les habitants en organisant des rencontres appelées Green Drinks dans les pubs et les cafés à travers la province.


Le Parti est dirigé par Peter Bevan-Baker et, sous sa direction, il est maintenant favori dans les sondages et dépasse les Libéraux de 11 points. Si cette tendance se maintient, la minuscule ile sera la première province à élire un gouvernement vert au Canada.

De solides politiques environnementales
Depuis deux décennies, l’I.-P.-É a fait des avancées notables dans les politiques environnementales.


En 1999, la province a lancé un programme de tri des déchets et, actuellement, 65 % des déchets ne se rendent pas à la décharge. L’ile est la reine du compostage. Les plastiques à usage unique seront définitivement bannis en juillet.
Et la province est un leadeur mondial en énergie éolienne, ses installations éoliennes couvrant 25 % des besoins locaux en énergie.

Comment votent les générations Y et X ?
Le regain d’appui au Parti vert reflète l’inquiétude que suscitent chez les électeurs les changements climatiques sur l’environnement. À un moment où la majorité des Canadiens et particulièrement les plus jeunes voient les changements climatiques comme une sérieuse menace à la survie de la planète, une victoire provinciale propulserait le Parti vert et ses politiques sur les devants de la scène nationale. Surtout en cette année d’élection fédérale.


La génération Y vient de dépasser les babyboumeurs comme bloc votant au pays. 45 % des membres de la génération Y ont voté en faveur des Libéraux en 2015. Mais ils sont maintenant déçus, notamment par le manque de consultation sérieuse avec les communautés autochtones et par le mépris des impacts environnementaux de l’appui des Libéraux au projet d’expansion de l’oléoduc Trans Mountain. La popularité du premier ministre Justin Trudeau est aussi mise à mal par l’affaire SNC-Lavalin. Les gens souhaitent que la politique se fasse différemment, et non pas selon le vieux mantra business as usual quand les partis traditionnels se succèdent.


Des petits partis ont la faveur populaire, pour le meilleur et pour le pire. Mais les intentions de vote provinciales ne correspondent pas toujours aux intentions de vote fédérales. Il faudrait une refonte du système électoral et l’introduction d’une représentation proportionnelle pour que les votes des désenchantés des partis traditionnels et des angoisses du climat se traduisent par une victoire des Verts.


Un virage résolument écolo
Les Prince-Édouardiens ont déjà montré leur penchant progressiste en étant les premiers (en 1986) à élire un premier ministre qui n’était pas d’ascendance européenne (Joe Ghiz, d’origine libanaise) et un premier ministre ouvertement gai, l’actuel premier ministre Wade MacLauchlan.


Une victoire provinciale des Verts le 23 avril marquerait un tournant dans la relation du Canada avec le Parti vert, car son ascension au gouvernement exposerait ce parti, habitué aux activités de proximité avec les citoyens, à un autre degré de surveillance. Concilier la vision d’un programme social et écologique avec la responsabilité fiscale. Les Prince-Édouardiens pourraient alors être fiers d’élire le gouvernement le plus progressiste au Canada, venant d’une si petite ile.
Pourrait-on s’en inspirer au nord du 60e parallèle lors de la prochaine élection fédérale ?


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