Si les immigrants s’en mêlaient…

2019 Première résolution :
Aller en camping sauvage ou opter pour le glamping

La première fois que j’ai entendu parler de iourtes, c’était en 2016 lors du mariage de mes amies de Sherbrooke qui sont parties se marier dans leur pays d’origine, la France. En me parlant de leurs préparatifs de mariage, Sabine mentionnait que les familles des deux jeunes mariées passeraient tout le weekend ensemble dans un camp de iourtes. Il y avait même une iourte nuptiale. Elle avait essayé de m’expliquer en quoi consistait ce concept de camping glamour mais j'étais restée dubitative. Je ne concevais pas comment on pouvait se marier et passer sa nuit de noces dans un camping. De retour au Canada, elles nous avait montré les photos et je n’en revenais pas. C’était loin d’être du camping sauvage. Oui, c’était rustique, mais urbain, avec tout le confort d’un hôtel moyen. Je vais peut-être finir par aller camper moi aussi !


Les immigrants africains ne campent pas
Je ne connais pas un immigrant africain de la première génération qui part en camping. Pour toutes sortes de raisons. Pour moi, ce ne sont pas les moustiques qui me dérangent, ceux du Canada ne donnent pas le paludisme et je pourrais aisément m’en accommoder. Mais je ne voudrais pas me passer de ma douche quotidienne à l’eau très chaude. Et à mon conjoint et moi, le camping rappelle trop les « sheetings » utilisés pour fabriquer des abris dans les camps de réfugiés au Congo. Nous nous sommes mis d’accord depuis longtemps que le camping ne ferait pas partie de nos activités familiales. Mais c’est injuste pour nos enfants. Ce sont des immigrants de la seconde génération et si la tendance se maintient, ils se mettront en couple avec des Canadiennes de souche. Alors comment se débrouilleraient-ils s’ils n’ont jamais appris à monter une tente ou à faire un feu de camp ? Leur égo masculin en prendrait pour son grade ! Pour remédier à ce problème, nous avons trouvé une astuce. On les a inscrits chez les cadets pour qu’ils apprennent entre autres les rudiments du camping, été comme hiver !

Mon expérience de camping hivernal
Les femmes membres de l’Association canadienne-française de l’Alberta, régionale de Lethbridge, avaient l’habitude de faire une escapade annuelle dans les Rocheuses au mois de mars. En 2004, je me suis laissé convaincre d’y participer, car j’adore les montagnes. Elles me rappellent mon pays d’origine, le Rwanda, le pays des mille collines. Une expérience inoubliable. Un petit bémol cependant. Une photo traditionnelle représentant les postérieurs des participantes devait être prise à la fin de la sortie et figurer dans le bulletin mensuel L’Écho des amis de l’ACFA. La photo était prise de manière à ne pas reconnaitre ces dames. Je n’ai pas voulu y participer, car on m’aurait reconnue, j’étais la seule noire du groupe. Et la photo de 2004 n’a jamais été prise.

2019 Deuxième résolution : M’impliquer comme bénévole dans la campagne électorale fédérale.
Je ne suis pas d’habitude portée à m’impliquer en politique. Je me contente d’exercer mon droit de vote. Le climat politique canadien a été jusqu’ici rassurant et, quel que soit le parti au pouvoir, la sauvegarde des valeurs canadiennes était assurée. Certains dossiers comme celui de l’environnement ont été mis à mal par presque 10 ans de pouvoir conservateur, mais rien de très préoccupant n’est venu menacer la démocratie et les valeurs fondamentales canadiennes.
Cette année, l’arrivée sur la scène politique canadienne du Parti populaire du Canada (PPC), qui se targue « d’un populisme intelligent » ne semble pas de bon augure. Maxime Bernier promet de « remettre le pouvoir aux mains des gens » et qu’avec le PPC, il n’y aura pas de tabou et ils vont tenir leurs promesses ! Son programme semble évoluer et changer assez souvent, et sa carrière démontre un opportunisme certain : il fut à un moment donné souverainiste et de gauche et il se positionne maintenant à droite du Parti conservateur.


En matière d’immigration, le PPC propose que l’on soumette les nouveaux arrivants à un « test des valeurs » en même temps que le test de langue. Les détails de ce « filtrage » ne sont pas connus. Il faut souligner que Maxime Bernier s’était vivement opposé à cette idée du test des valeurs proposé par sa rivale Kellie Leitch dans la course à la chefferie du Parti conservateur à l’automne 2016. Maxime Bernier propose des mesures de réduction des seuils d’immigration et il a laissé entendre qu’il pourrait collaborer avec François Legault, qui a proposé durant sa campagne d’expulser les immigrants qui n’auraient pas appris le français trois ans après leur arrivée au Québec. Les sympathisants du PPC sont nombreux à s’opposer à la signature par le Canada du Pacte mondial des migrations. Bernier dénonce par ailleurs « l’hypocrisie » des politiques environnementales des libéraux et admet dans la foulée qu’il ne compte rien faire en matière d’environnement.
Les élections provinciales en Ontario et au Québec en 2018 démontrent que le vent de changement constaté ailleurs dans le monde ne s’arrête pas aux frontières canadiennes. Le PPC a formé des associations locales dans les 338 circonscriptions et semble prêt à mener tambour battant une campagne populiste qui risque de séduire les mécontents et désabusés de ce pays aux prochaines élections fédérales. Cette année, je vais décidément « glamper » et m’impliquer en politique.


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