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Santé en français : les Franco-Ténois invités à se plaindre

10 février 2022
Crédit photo: Marie-Soleil Desautels

Crédit photo: Marie-Soleil Desautels

Avez-vous déjà craint que votre maitrise de l’anglais affecte votre santé ? Le Réseau TNO met cet enjeu en lumière dans une nouvelle campagne publicitaire lancée sur les réseaux sociaux.

Thomas Ethier – IJL – Territoires

Des patients en situation de vulnérabilité, au regard parfois désorienté, reçoivent les services de professionnels de la santé à l’image brouillée, difficilement visible. « Pas clair ? Demandez le français », peut-on lire. Depuis la fin janvier, une série d’images circule sur les médias sociaux, initiative de Réseau TNO Santé, qui invite les patients francophones qui en ressentent le besoin, à réclamer des services dans la langue officielle.

Par cette campagne publicitaire, l’organisme appelle également les patients à signaler tout manquement à la loi, qui prévoit la prestation de soins de santé en français. « Nous voulions stimuler la rétroaction et inviter les résidents à ne pas tenir pour acquis que le service n’existe pas en français aux TNO, que ce n’est pas grave et que la seule solution est de passer à l’anglais », résume Audrey Fournier, ancienne directrice de Réseau TNO Santé.

« Il ne faut pas hésiter à se dire “le service en français est supposé exister et c’est important pour moi. Je demande, et, si ça ne fonctionne pas, je le rapporte”, souligne-t-elle. Nous voulons faire savoir que le gouvernement a mis en place un ensemble de procédures qui devraient fonctionner sur le terrain, et qu’il est vraiment important de donner une rétroaction à la Santé publique et au GTNO si ces procédures ne fonctionnent pas. »

 

Besoin de plaintes

Selon Mme Fournier, les plaintes peuvent s’avérer un précieux outil, puisqu’une augmentation du volume des rétroactions pourrait contribuer à accélérer la mise en place de solutions. « L’Administration des services de santé et des services sociaux (ASTNO) et le secrétariat aux affaires francophones ont indiqué que la population n’utilise pas les services en français, et qu’il n’y avait pas assez de demandes pour prouver le besoin, et ce, même s’ils sont tenus d’offrir ces services en français », rapporte Mme Fournier.

Si les efforts actuels de Santé TNO peuvent aider à motiver la mise en place de solution, Mme Fournier insiste : l’offre de services en français dans les établissements de soin de santé des TNO n’est pas une option. « Nous n’avons besoin de rien justifier. C’est dans la loi, c’est une obligation, le travail va se faire quand même, indique-t-elle. Cependant, il est certain qu’un travail de priorisation doit être fait par ceux qui font la planification des services. Avoir une rétroaction du public pourra aider à décider où seront dirigés les efforts prioritaires et le financement. »

Au début des années 2000, le manque de service en français aux TNO a abouti à un procès qui a opposé la Fédération franco-ténoise (FFT), les Éditions franco-ténoises qui publiaient alors L’Aquilon et cinq autres citoyens aux GTNO et au gouvernement fédéral. Les juges de la Cour suprême et de la Cour d’appel des Territoires du Nord-Ouest ont donné raison aux plaignants en 2006 et en 2008. La mise en œuvre de ce jugement est, entre autres, à l’origine de la création du Secrétariat aux affaires francophones.

 

Services planifiés, patients négligés

Plusieurs lacunes se feraient toujours ressentir dans le système de santé. « Nous l’entendons et nous sommes au courant : il n’y a pas toujours de service en place, confirme Mme Fournier. Ce qui arrive généralement, c’est que le service est planifié, qu’une procédure existe, mais que, pour certaines raisons qui sont davantage du ressort de la mise en œuvre sur le terrain, le service n’est pas disponible lorsqu’on en a besoin. »

Ce serait également le cas au chapitre de la santé mentale, dossier de l’heure de Réseau TNO Santé. « Nous aimerions ne plus voir de situations où une personne qui a vraiment besoin d’une aide rapide tombe sur une boite vocale, est dirigée vers un autre bureau et reste prise dans un dédale administratif, indique Audrey Fournier. Il faut un plan A, B et C et s’assurer qu’une personne sera toujours sur le terrain pour parler en français. On ne peut pas se fier à une seule personne, qui peut être en pause ou en vacances, par exemple. On espère que cela sera amélioré. »

Bien que difficilement visible pour les usagers, Mme Fournier affirme que les efforts sont bel et bien en branle sur côté du GTNO et de l’ASTNO pour améliorer la situation générale de l’offre de services de santé en français. « Il est certain qu’il est extrêmement long pour une administration et pour tout un système de santé de mettre de nouvelles initiatives en place et de faire en sorte que les patients se rendent compte des changements. Personnellement, je me rends compte qu’un travail a bel et bien été fait à l’arrière pour que tout fonctionne mieux », assure-t-elle.

Toutes personnes vivant de la détresse psychologique, qu’elles se sentent déprimées, anxieuses, tristes ou qu’elles aient des pensées suicidaires, peuvent appeler la ligne d’aide des TNO au 1-800-661-0844. Le service est offert 24 heures sur 24 h, sept jours par semaine.


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