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Restrictions sanitaires : la relâche sera déterminante

24 février 2022
(Crédit photo : Administration de la santé publique)

(Crédit photo : Administration de la santé publique)

Avant de rendre les rênes de la Santé publique, le Dr André Corriveau, remplaçant de la Dre Kami Kandola depuis le début de l’année 2022, a dépeint les grandes lignes d’une réalité vraisemblablement imminente, rendue possible par un haut taux d’immunisation collective.

Thomas Ethier – IJL – Réseau.presse – L’Aquilon

La vague Omicron entame sa descente, et les Ténois peuvent aujourd’hui s’attendre à retrouver très bientôt un mode de vie qui, il y a moins de deux ans, était tenu pour acquis. Bien que les résidents se réjouissent d’un relatif retour à la normale dans les prochaines semaines, les autorités sanitaires insistent sur un point : la COVID-19 n’est pas près de disparaitre.

De retour en poste, après une pause de quelques semaines, l’administratrice en chef de la Santé publique, la Dre Kami Kandola, en serait aux dernières étapes de préparation du plan de sortie de l’état d’urgence sanitaire des TNO. Médias ténois en a discuté, le 17 février, avec son remplaçant des dernières semaines, le Dr André Corriveau.

 

Médias ténois – Comment se porte notre système de santé publique [en ce 17 février] ? Peut-on dire qu’Omicron est derrière nous ?

Dr André Corriveau - Omicron n’est pas encore dernière nous, mais on commence à voir la pente descendante. Nous avions à certains moments une centaine de cas par jours et le modèle d’infection indiquait que le nombre de cas commencerait à diminuer à la mi-février. On s’attend à une diminution très rapide, et on commence à l’observer presque partout au Canada.

Le variant Omicron provoque moins de maladies sévères que le variant Delta. Nous bénéficions également d’un haut taux de vaccination. Quelque 80 % des résidents ont obtenu deux doses, et 50 % ont été vaccinés trois fois. Le taux de vaccination a un impact moindre sur la transmission du virus, mais a un important impact sur le nombre de cas graves. Nous avons eu beaucoup moins de décès et d’hospitalisations dues à Omicron, en comparaison aux vagues précédentes.

Une sous-souche d’omicron, la Ba.2, commence à apparaitre un peu partout, mais ne semble pas avoir d’impact sur la sévérité des cas. On s’attend donc bel et bien à ce que les choses s’améliorent rapidement dans les prochains mois.

 

Mt – Le GTNO s’apprête à lever l’état d’urgence sanitaire et à dissoudre le Secrétariat de réponse à la COVID-19. Or, notre système de santé est beaucoup plus fragile que dans les provinces, et nous avons vécu trois éclosions en moins d’un an. Qu’est-ce qui a changé pour qu’on se sente en confiance d’aller ainsi de l’avant ?

AC — Le plan de l’administratrice en chef de la Santé publique est de lever les mesures de manière graduelle et d’attendre après la semaine de relâche de mars pour lever l’ensemble des mesures de santé publique obligatoires. Nous allons y aller prudemment. Il y aura beaucoup plus de voyageurs durant la relâche et nous voulons voir l’impact de la situation aux TNO. Or, les cas dans le Sud ont diminué de beaucoup et il est probable que l’impact ne soit pas trop grand.

Les recommandations de Santé publique demeureront en place. La COVID-19 ne disparaitra pas, mais nous sommes en bien meilleure position. Nous avons un haut taux d’immunité dans la population, qui découle du taux de vaccination, mais également du grand nombre de personnes qui ont attrapé la COVID-19 jusqu’à maintenant. Plus de 6000 personnes ont attrapé Omicron depuis le début décembre.

Il est important d’insister sur le fait que la vaccination protège contre les symptômes sévères de la maladie. Même si le système immunitaire ne réagit pas rapidement au début pour prévenir les symptômes au niveau du nez et de la gorge, la vaccination prévient la propagation vers d’autres parties du corps, comme les poumons et d’autres organes, qui peut causer des réactions sévères.

 

Mt – Si un nouveau variant, comparable, par exemple, au variant Delta, devait se déclarer l’été prochain, quelle devra être la réponse du GTNO, en dehors d’un état d’urgence sanitaire, pour assurer de protéger la population et le système de santé ?

AC — La planification est en cours et demeure entre les mains de la Dre Kami Kandola. En bref, nous nous assurerons d’avoir les ressources de base pour fournir une réponse aux éclosions dans les collectivités. Nous allons gérer les capacités pour pouvoir maintenir une surveillance et avoir les ressources pour organiser des réponses temporaires.

Nous allons également nous assurer de maintenir le niveau d’immunité vaccinale à jour. Si un nouveau variant se présente à la fin de l’été, par exemple, la Santé publique recommandera une nouvelle dose du vaccin. Cela est important, puisqu’il y a toujours une baisse d’immunité dans notre corps, qui ne produit pas les anticorps nécessaires s’il n’en ressent pas la nécessité.

 

Mt – Le taux de vaccination pour la dose de rappel est moins élevé. Devra-t-on se fier à ces doses de rappel pour assurer l’immunité collective ? Quelles autres ressources seront en place pour freiner une future éclosion et épargner notre système de santé ?

AC — Des antiviraux commencent à être offerts. Le Paxlovid vient d’arriver et il y en aura d’autres. Nous allons nous assurer d’avoir la quantité nécessaire pour traiter les personnes plus vulnérables, incluant les personnes non vaccinées et qui n’ont pas été infectées par le passé. La disponibilité de ces médicaments ira en augmentant, et c’est là une autre arme à notre arsenal. Nous allons certainement les employer à bon escient lors des prochaines vagues.

 

Mt – Parlons de santé mentale. Il y a moins d’un an, des milliers de personnes étaient contraintes à l’isolement. Récemment, vous avez affirmé que les méfaits sur la santé mentale et l’épanouissement des jeunes provoqués par les fermetures d’écoles étaient plus dommageables que la COVID-19 eux-mêmes. Les politiques ont-elles changé depuis l’an dernier ?

AC — Dans les premières vagues de la COVID-19, les mesures de santé publique étaient très importantes, puisque nous n’avions ni le vaccin ni les antiviraux. Le système de santé débordait de partout, plusieurs ressources étaient utilisées pour traiter les personnes ayant des symptômes sévères, ce qui a occasionné des retards importants pour le dépistage et le traitement du cancer, par exemple.

Puis nous avons reçu des vaccins très efficaces pour prévenir les symptômes sévères de la COVID-19, en plus des antiviraux. Nous ne sommes plus dans la même position. L’équilibre des risques et des bénéfices change avec le temps. Nous allons continuer à conseiller aux gens de s’isoler s’ils sont malades, qu’ils aient la COVID-19, l’influenza ou d’autres maladies. Éviter de transmettre une maladie infectieuse à des personnes plus vulnérables que nous demeure important. Toutes les pratiques qui ont été rendues obligatoires, comme le port du masque ou l’isolement, vont demeurer des recommandations.


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