Pas de retour en arrière, la communauté veut négocier : Réouverture de l'Entente Canada-communauté

27 avril 2001
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Les associations francophones des Territoires du Nord-Ouest se rallient à la Fédération Franco-TéNOise pour faire front commun contre les mesures annoncées unilatéralement, et sans le préavis requis de 12 mois, par Patrimoine canadien.

Le 2 mars dernier, le ministère surprenait les membres de la communauté en annonçant le changement du mode de gestion des sommes allouées à la communauté franco-ténoise.

Depuis 1995, la FFT gère et administre les sommes allouées à la communauté. Ainsi, lors d'une assemblée générale, le 24 février dernier à Yellowknife, les membres de la FFT approuvaient les recommandations du comité chargé d'évaluer les projets proposés par les associations franco-ténoises. Quelques jours plus tard, la FFT transmettait au Patrimoine la liste des projets approuvés.

Cette formule va changer. Le ministère souhaite maintenant traiter sur une base individuelle avec chacune des associations francophones des Territoires du Nord-Ouest. Cette annonce signifie que la gestion des sommes accordées devra s'effectuer par chacune des communautés sous l'¦il de Patrimoine canadien. « Le rôle de la Fédération ne sera pas diminué d'aucune façon, il sera seulement diminué d'un point de vue administratif », affirme le directeur régional de Patrimoine canadien pour la région du Manitoba, du Nunavut et des T.N.-O., Louis Chagnon.

En réponse à l'annonce du Patrimoine canadien, les présidents des associations de Fort Smith, de Hay River et de Yellowknife lui ont envoyé une lettre demandant l'envoi des chèques destinés aux projets acceptés, tel que prévu. « Je suis fier de la solidarité de nos membres », souligne le président de la FFT, Fernand Denault. « La méthode de gestion actuelle est la seule permise dans le cadre de l'Entente Canada-communauté », souligne le président qui insiste pour que la ministre du Patrimoine canadien, Sheila Copps, respecte la signature qu'elle a apposé sur l'Entente. Il existe deux façons de modifier l'Entente, soit conjointement, c'est-à-dire avec l'accord de la Fédération Franco-TéNOise et du ministère du Patrimoine canadien, soit unilatéralement, mais avec un préavis de douze mois. Malgré l'annonce du changement du mode de gestion sans préavis, la FFT se dit prête à négocier et elle a le soutien des associations. « Notre conseil d'administration appuie la FFT à 100 % en ce qui concerne l'offre de négociation dans le cadre de l'Entente. Nous n'accepterons pas un retour en arrière », indique la coordonnatrice de l'Association franco-culturelle de Yellowknife, Isabel Gauthier.

La communauté franco-ténoise est loin d'être la seule communauté touchée par les changements au sein du ministère de Patrimoine canadien. « Le 18 avril dernier, lors d'une conférence téléphonique, les présidents des associations franco-canadiennes ont constaté que Patrimoine canadien souhaitait rouvrir toutes les ententes Canada-communauté, qui tombaient pourtant à échéance en mars 2004 », a d'ailleurs souligné le directeur général de la FFT, Daniel Lamoureux.