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Rentrée scolaire : « On se croise les doigts pour une année normale »

L’école Allain St-Cyr de Yellowknife compte au moins 29 nouveaux élèves : elle passe de 158 en 2021 à 187 cette année. (Crédit photo : Cristiano Pereira)

L’école Allain St-Cyr de Yellowknife compte au moins 29 nouveaux élèves : elle passe de 158 en 2021 à 187 cette année. (Crédit photo : Cristiano Pereira)

Les écoles rouvrent avec plus d’élèves que les années précédentes et le sentiment de soulagement avec la fin des restrictions sanitaires. Les restrictions sanitaires étant passées, le corps enseignant espère maintenant une participation active de la communauté.

Et, d’un coup, les vacances sont finies et les enfants se lèvent tôt. À huit heures du matin, sacs au dos et collations dans leurs boîtes à lunch, ils sont déjà en route pour l’école. C’est le début d’une nouvelle année scolaire aux Territoires du Nord-Ouest.

Cette rentrée arrive avec un sentiment de soulagement : les restrictions de la pandémie de covid semblent, pour l’instant, passées et les mesures sanitaires sont revenues à la normale. « On se croise les doigts pour que ce soit une année assez normale », déclare la directrice générale de la Commission scolaire francophone des Territoires du Nord-Ouest (CSFTNO), Yvonne Careen.

Les deux dernières années ont été difficiles pour beaucoup, mais Yvonne Careen espère désormais qu’un retour à la normale reviendra et que la communauté retrouvera une participation plus dynamique aux activités scolaires. « C’est le grand défi », déclare la directrice générale. « La participation active de la communauté a été difficile depuis que la covid s’est manifestée et on espère renouer la programmation avec la communauté, ce qu’on n’a pas pu nécessairement faire dans les deux dernières années », ajoute-t-elle. Mme Careen rappelle que pendant l’urgence sanitaire « on ne pouvait pas recevoir les parents à l’école » et que « maintenant cela doit changer ». Mais ce n’est pas gagné. « On craint qu’il y aura peut-être de la difficulté à rebâtir le lien entre la famille et l’école, ajoute-t-elle. On veut que les parents viennent à l’école, on veut que les parents s’impliquent dans le comité des parents. »

À l’École Boréale de Hay River, le sentiment est similaire. La nouvelle directrice, Katrine Lavoie, considère que l’institution « a toujours été vue comme une grande famille », et que « maintenant que la pandémie et les mesures sanitaires sont un peu derrière nous, on espère faire vivre cet esprit familial ».

L’enthousiasme pour cette rentrée est également renforcé par une hausse du nombre d’inscriptions dans les écoles francophones du TNO.

L’école Allain St-Cyr de Yellowknife compte au moins 29 nouveaux élèves : elle passe de 158 en 2021 à 187 cette année. L’École Boréale de Hay River a pour sa part accueilli trois nouveaux élèves, pour un total de 65 à présent. Ces chiffres pourraient encore augmenter dans les semaines à venir, car les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 30 septembre.

La directrice générale de la CSFTNO, Yvonne Careen, admet que l’augmentation du nombre d’élèves dans les écoles francophones « fait du bien ». « Ça diversifie la communauté et on peut célébrer le fait que les écoles évoluent, ajoute-t-elle. C’est le reflet d’une communauté vibrante et forte. »

Les établissements ont également vu leur personnel s’agrandir : alors que l’école Allain St-Cyr compte deux nouvelles enseignantes et trois nouvelles adjointes au programme de soutien ; l’École Boréale reçoit une nouvelle adjointe.

La première journée à l’école Allain St-Cyr a eu lieu le vendredi 26 août, célébrée par un barbecue à l’entrée de l’établissement : des hotdogs et des breuvages ont été servis aux parents, aux élèves et au corps enseignant. La directrice de l’école, Mme Sylvie Larose, semble très enthousiaste à l’idée de commencer une autre année. Elle s’est assurée que tout était prêt pour recevoir les élèves « à bras ouverts ». Heureuse d’affronter « un bon défi d’accueillir presque 190 élèves », Sylvie Larose trouve « inspirant de voir la francophonie qui vibre, qui vit et qui augmente à Yellowknife et surtout à notre école ». La directrice de l’école a également tenu à souligner l’arrivée de deux nouvelles enseignantes : « Elles sont expérimentées et motivées. On est bien content de les avoir avec nous. »

Sylvie Larose, directrice de l’école Allain St-Cyr, s’est assurée que tout était prêt pour recevoir les élèves « à bras ouverts ». (Crédit photo : Cristiano Pereira)

 

Un Nord accueillant

L’une des nouvelles enseignantes à Allain St-Cyr est Sandra Mimeault. Elle est responsable de la classe de 4e année et s’occupera de quinze élèves.

Sandra est originaire de Gaspésie, au Québec. Arrivée à Yellowknife à la fin du mois de juillet, elle a été immédiatement enchantée par la nature et les gens accueillants. L’enseignante a déjà vécu une expérience en éducation au Nunavik, où elle a enseigné pendant quatre ans dans les collectivités inuites. « J’ai adoré mon expérience là-bas, commente-t-elle, et je me suis dit que ça faisait le meilleur des deux mondes en étant ici, à Yellowknife, avec tous les services à proximité aussi. Je me suis dit [que] c’est à Yellowknife qu’il faut que j’aille », raconte-t-elle.

 

La Gaspésienne a décidé de venir à Yellowknife pour « la proximité avec la nature », mais aussi parce qu’elle voulait faire l’expérience d’une nouvelle communauté dans le Nord « qui est si serré, communautaire et solide ». De plus, l’opportunité a immédiatement éveillé son intérêt. « J’étais formé pour enseigner aux [élèves de] 4e année et je me connecte beaucoup avec eux, donc je suis vraiment content d’avoir ce niveau-là », ajoute l’enseignante.

Sandra Mimeault est déterminée à relever le défi de poursuivre la mission francophone dans une ville où l’anglais est majoritaire. Pour cela, elle souhaite commencer par sensibiliser ses élèves et « leur faire voir la proximité du français au quotidien ». « On a l’impression d’être entouré d’anglophones, mais si l’on cherche un petit peu, il y a des francophones partout », commente-t-elle.

Sandra Mimeault est la nouvelle enseignante de la classe de 4e année. Elle s’occupera d’une quinzaine d’élèves.
(Crédit photo : Cristiano Pereira)

 

L’enseignante a pour objectif d’amener les enfants « à s’intéresser [au français] de façon positive » et souligne l’importance de partir à l’extérieur avec les enfants pour leur montrer « qu’il y a des raisons de parler français ici, même si on est entouré d’anglais ».

« C’est merveilleux de pouvoir s’exprimer en français. On est fière de ça et je veux qu’ils soient fiers de cette langue, même si c’est en milieu minoritaire », ajoute Mme Emimeault, arrivée il y a quelques semaines et qui semble très contente de son intégration. Elle fait l’éloge de l’ambiance à l’école. « Les collègues sont très accueillants, très généreux, ils partagent beaucoup. On a fait une formation depuis le début – qui était vraiment intéressante – sur la culture dénée et sur différents sujets : la pensée critique, les types d’évaluation, etc. On est bien nourri jusqu’à maintenant et ça promet », s’exclame-t-elle.

Le charme de la nature des TNO la fascine également. Adepte de randonnée, Sandra a déjà fait le sentier du lac Prelude et a été émerveillée par « le mélange de roches avec la forêt et le sable ». Elle sait qu’il reste encore beaucoup à découvrir. « Il y a la ville, mais tout autour, à cinq minutes, il y a une proximité avec la nature et je trouve ça fabuleux. »

 

De Montréal à Yellowknife

« J’avais besoin d’aventure dans ma vie et j’avais envie de nouveaux défis dans l’enseignement », dit Sylvie Malo, la nouvelle enseignante des 23 élèves de la classe de 2e et 3e année à Allain St-Cyr.

La nouvelle arrivante souhaitait depuis longtemps faire l’expérience des Territoires du Nord-Ouest. « Depuis que je suis toute petite, je ne sais pas pourquoi, j’ai toujours été attirée par les TNO », avoue-t-elle. Fascinée par « la nature et les grands espaces », elle n’a pas hésité lorsque s’est présentée cette occasion d’enseigner au nord du 60e parallèle.

Sylvie Malo vient de Montréal, où elle a été enseignante et conseillère pédagogique. Arrivée à Yellowknife il y a trois semaines, elle a tout de suite apprécié « l’esprit communautaire et les gens qui se parlent et qui s’aident ». « J’ai senti ça depuis le début, ajoute-t-elle. La communauté est très serrée. »

L’enseignante est également satisfaite de ces premiers jours à l’école : « Il y a tellement d’entraide et d’ouverture, et les gens viennent vers moi pour m’offrir du soutien ». C’est avec bonheur qu’elle sent qu’il y a « beaucoup d’ouverture par rapport à la culture autochtone » et beaucoup de possibilités « pour faire des choses dehors et pour parler de sujets importants, plus profonds ». « Ça nous donne l’occasion de pouvoir sensibiliser les enfants à tout ce qui s’est passé ici et dans plusieurs endroits au monde », souligne-t-elle.

Sylvie Malo vient de Montréal, où elle a été enseignante et conseillère pédagogique.
(Crédit photo : Cristiano Pereira)

 

« Il faut donner du sens à l’apprentissage », estime Mme Malo. Sans se compliquer la tâche, la nouvelle enseignante prend la mission naturellement et considère qu’« un apprentissage efficace découle d’une bonne dynamique entre l’enseignant et l’élève ». « Je vois ça comme assez simple : si les enfants sont bien dans la classe, s’ils sont heureux et si l’on prend le temps d’expliquer les mots et construire le vocabulaire ensemble, ce n’est pas difficile. »

Sylvie Malo résume ainsi ses propos : « Les enfants ont soif d’apprendre. Naturellement ».

 


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