Urbanisme : Rénovation verte aux Territoires

William Gagnon explique le plan d’action pour la rénovation verte aux Territoires du Nord-Ouest, une initiative d’Ecology North.
 

Un obstacle persistant à toute conversation entourant les initiatives vertes est la question économique. Le tournant vert est souvent perçu comme étant une menace au développement économique – que se soit par des normes plus strictes ou des couts capitaux plus élevés. Aux Territoires, le problème semble encore plus difficile : l’éloignement des collectivités occasionne des prix de constructions déjà très élevés; la dépendance à des génératrices à essence diésel; les besoins énergétiques et caloriques importants pour faire face aux hivers; et une économie toujours ancrée dans l’exploitation minière et couplée d’une lourde consommation de carburant pour le transport. En d’autres mots, aspirer à devenir écoénergétique aux TNO, de désirer la carboneutralité, peut sembler sisyphéen. Ce qu’Ecology North démontre dans son rapport est que le secteur du bâtiment est un secteur ou de réels gains peuvent être faits en performance écoénergétique et qu’ils seraient bénéfiques non seulement d’un point de vue environnemental, mais aussi d’un point de vue économique. La promesse de la rénovation verte est une situation gagnante-gagnante-gagnante pour les particuliers, pour le secteur du bâtiment, pour le gouvernement et, pour l’environnement.

Le contenu du rapport
Le rapport sur la rénovation verte se divise en trois parties : 1) les tendances actuelles des émissions de gaz à effet de serre aux territoires et les réductions nécessaires pour rencontrer divers objectifs environnementaux; 2) les actions qui peuvent être entreprises pour réduire les émissions dans le domaine du bâtiment; et 3) les avantages économiques de cette réduction des émissions.
Le développement économique qui découlerait de ce tournant vert dans l’industrie du bâtiment serait basé sur la création de nouveaux emplois pour mener à bien les rénovations, le matériel nécessaire, le transport et le recyclage des matériaux. Il y aurait aussi le réinvestissement dans l’économie locale des épargnes faites par les particuliers et un enrichissement fiscal pour le gouvernement.
Le rapport propose quatre actions : 1) des rénovations pour l’efficacité énergétique standard – des rénovations légères qui demandent peu d’engagements et qui sont faciles à promouvoir (Lampe DEL, thermostat intelligent, etc.); 2) les rénovations en profondeur – c’est à dire, refaire les murs, toits et fenêtres, changer de méthode de chauffage...; 3) une meilleure incorporation de l’énergie solaire et d’autres options d’énergie renouvelable et, dans la même lancée : 4) encourager l’usage dans les immeubles de ressources produisant peu d’émissions de GES.
Le rapport ne montre pas comment mettre en place un programme, mais plutôt une nouvelle économie centrée autour de la rénovation verte, du consommateur jusqu’au producteur, en passant par les bâtisseurs, les transporteurs, et autres économies secondaires qui en profiteront indirectement.
Le rapport estime qu’une telle économie permettrait la création de plus de 130 emplois, en plus de fournir plus de travail aux entreprises existantes.

Et les propriétaires à plus faible revenu ?
Les couts restent une préoccupation récurrente entourant ces pratiques – les maisons couteront-elles plus cher ? Les rénovations vertes seront-elles réservées à ceux qui peuvent se le permettre ?
Pour William Gagnon, spécialiste en bâtiment vert et un des rédacteurs du rapport, s’il est vrai qu’en ce moment vivre écologiquement reste le domaine des mieux nantis, cela n’a pas besoin d’être le cas. Invoquant le Green New Deal, il fait valoir que personne ne devrait être laissé derrière et que l’on pourrait faire beaucoup plus pour faciliter la transition écoénergétique pour ceux qui auraient le plus à gagner en termes d’économies.
Une proportion des revenus générés par les efficacités énergétiques, 10 % par exemple, pourrait être mise de côté pour amener la rénovation verte aux collectivités ténoises où la situation immobilière est beaucoup plus difficile.
Actuellement, l’organisme Arctic Energy Alliance offre déjà des programmes pour les propriétaires de bâtiments résidentiels et commerciaux. Il existe aussi des entreprises de rénovation avec un modèle d’affaires pay as you save qui permet aux propriétaires de payer pour les rénovations vertes avec l’argent qu’ils économisent sur le chauffage et l’électricité.

Comment passer à l’action?
Selon William Gagnon, il y aurait trois points que la capitale ténoise pourrait cibler pour faciliter la rénovation verte : 1) déclarer une urgence climatique, et, ce faisant, démontrer que l’environnement et les changements climatiques seront une priorité politique pour la municipalité; 2) réviser le code du bâtiment pour établir des bâtiments à empreinte carbone zéro; 3) préparer un plan pour faire la transition vers la carboneutralité et signaler à l’industrie du bâtiment, les propriétaires et les industries adjacentes que cela sera le nouveau standard.
La Ville serait actuellement déjà en train d’étudier des règlements qui intègreraient les initiatives proposées par le rapport, possiblement pour complémenter ses propres objectifs de réduction d’émissions de gaz à effet de serre et de sa consommation énergétique.
Le document The Northern Building Retrofit Economy est disponible sur le site Web du Northern Center for Sustainability.


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