Refuge temporaire de Yellowknife : une solution de dernière minute

Situé en retrait des commerces du centre-ville, le site de l’ancien centre touristique de Yellowknife sera bientôt rempli d’unités mobiles, que pourront fréquenter les sans-abris cet hiver. (Crédit photo : Thomas Ethier)

Situé en retrait des commerces du centre-ville, le site de l’ancien centre touristique de Yellowknife sera bientôt rempli d’unités mobiles, que pourront fréquenter les sans-abris cet hiver. (Crédit photo : Thomas Ethier)

Le gouvernement des TNO a déclaré l’état d’urgence à Yellowknife dans le but d’aménager expressément un refuge temporaire où pourront se rendre les personnes sans-abris menacées par les températures extrêmes du Nord.

Thomas Ethier – IJL – Territoires

Avec l’arrivée imminente des grands froids, la municipalité de Yellowknife a, pour une seconde année consécutive, été mise sous état d’urgence par le gouvernement territorial dans le but d’ouvrir rapidement un refuge temporaire pour accueillir les sans-abris. Le ministre des Affaires municipales et communautaires, Shane Thompson, en a fait l’annonce le 15 octobre en conférence de presse.

Ce nouveau refuge sera aménagé sur le site de l’ancien Centre des visiteurs de Yellowknife, à proximité du musée Prince de Galles. Le tout sera constitué d’unités mobiles utilisées jusqu’à tout récemment sur le chantier de la route des Tli?cho. Le ministère de la Santé et des Services sociaux estime pouvoir y accueillir des usagers dès novembre. Conformément à l’arrêté de Santé publique en vigueur actuellement, le centre pourra accueillir 25 usagers, mais pourrait en accueillir une cinquantaine lorsque les règles seront assouplies.

 

Un besoin urgent

Le centre de jour permanent de Yellowknife, qui doit fonctionner à capacité réduite depuis le début de la pandémie, n’est pas en mesure à lui seul de répondre aux besoins de la population itinérante. Le gouvernement a soumis une demande de permis pour l’exploitation temporaire d’un second centre dans un édifice du centre-ville. Cette demande a été rejetée le 4 octobre par le conseil municipal, face, notamment, à une forte opposition de commerçants du secteur concerné.

La déclaration d’un état d’urgence permet au gouvernement de contourner le processus de demande de permis de la municipalité. « Déclarer l’état d’urgence permettra au GTNO de faire les arrangements nécessaires pour établir ce centre immédiatement et de façon sécuritaire. Nous n’avons pas pris cette décision à la légère. Nous avons examiné cet enjeu de près et avons considéré toutes les autres options », a déclaré le ministre Thompson.

« Nous n’avons tout simplement pas le temps de retourner à un processus de demande de permis à l’heure actuelle, a expliqué la directrice au ministère de la Santé et des Services sociaux, Sara Chorostkowski. Les procédures ne se concluraient que plus tard au courant de l’hiver, et d’ici là, les gens n’auraient pas d’endroit où aller. Voilà l’objectif visé avec l’état d’urgence. »

En 2020, le gouvernement territorial avait déclaré l’état d’urgence pour forcer l’utilisation d’un bâtiment, à la suite du rejet d’une demande de permis par le conseil municipal pour l’exploitation de ce même bâtiment. Cette année, après avoir encore essuyé un refus, le ministère s’est vu proposer l’option d’installer des unités mobiles. « En matière d’acceptabilité sociale, a indiqué Mme Chorostkowski, nous avons compris que le site de l’ancien Centre des visiteurs est plus acceptable aux yeux du conseil municipal et de certains résidents que le premier emplacement proposé. Nous allons donc saisir cette occasion ».

 

Solution tardive

En parallèle aux démarches enclenchées avec la déclaration d’état d’urgence, le gouvernement compte se soumettre au processus habituel d’obtention d’un permis auprès de la municipalité, afin de s’assurer que ce centre de jour temporaire puisse être mis en place pour les trois prochaines années. Des consultations publiques pourraient alors être mises en branle. Le gouvernement compte construire un nouvel établissement, qui réunira les services de centre de jour et de centre de dégrisage, dont l’ouverture est prévue pour 2024.

Cette nouvelle solution se présente au terme de plusieurs semaines de recherches infructueuses par le ministère de la Santé et des Services sociaux. Bien que les entreprises de Yellowknife aient été publiquement sollicitées en aout par la ministre de la Santé et des Services sociaux Julie Green, l’option ne lui aurait été proposée qu’en octobre. L’entreprise Kavanaugh Waste Management lui aurait soumis cette proposition dans la foulée des débats qui ont précédé le refus du conseil municipal.

« Les personnes qui ont besoin d’un tel refuge ont pour la plupart fréquenté les pensionnats indiens, ou subissent les impacts du traumatisme intergénérationnel causé par ces institutions », a souligné Mme Green durant l’annonce.

« Je crois qu’il y a encore un décalage entre certains résidents de Yellowknife et la population vulnérable, a-t-elle également affirmé, évoquant des lacunes de compassion. Certains ne comprennent pas les besoins de cette population et la façon d’y répondre. Je crois que la compréhension progresse, mais il y a encore du chemin à faire. Il est certain que tous n’ont pas encore adhéré à l’idée que c’est un service essentiel et qu’il doit être offert au centre-ville, puisque c’est là que se trouvent les autres services aux sans-abris. »

Mis à part le site actuellement retenu, toutes les options soumises à la municipalité depuis l’été 2020 pour établir un centre de jour temporaire dans le centre-ville de Yellowknife se sont butées à l’opposition de résidents et commerçants des secteurs visés. Ces derniers disent notamment craindre que l’affluence des usagers du centre ne nuise aux commerces environnants, et à la sécurité du secteur. Même avec l’approbation du conseil, un seul résident aurait le pouvoir de faire appel de la décision et d’ainsi retarder, voire annuler le projet. D’où le recours à cette procédure extraordinaire, solution d’urgence qui devra être avalisée plus tard.


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