Réchauffement climatique : Record de mercure dans les eaux ténoises

13 décembre 2018
Le fleuve Mackenzie. (Crédit photo : Denis Lord)

Le fleuve Mackenzie. (Crédit photo : Denis Lord)

D’autres études seront nécessaires pour identifier un danger au fil de la chaine alimentaire.

Deux ruisseaux qui se jettent dans la rivière Peel et le fleuve Mackenzie montrent un niveau record de mercure pour l’ensemble des cours d’eau canadiens.


C’est ce qu’avance une récente étude commandée par le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest et supervisée par Suzanne Tank de l’Université de l’Alberta.


Ce nouveau record est de 1200 nanogrammes (milliardièmes de gramme) de mercure par litre d’eau alors que la concentration record précédente était de 18 nanogrammes. Plus de 95 % de ce mercure serait lié aux sédiments relâchés par des glissements de terrain dus au dégel du pergélisol.


« Selon certains chercheurs, explique l’auteure principale de l’étude, la docteure Kyra St.Pierre, le pergélisol contient plus de mercure que les océans, l’atmosphère, la végétation et tout autre sol de la terre mis ensemble. »


Les prélèvements ont été faits près d’Inuvik et de Fort McPherson, note Kyra St.Pierre, sur des cours d’eau ne possédant pas de nom. Les échantillons ont été recueillis à des distances variant entre 50 mètres et 2,8 km en aval des glissements de terrain.


Aucune alerte alimentaire n’a été lancée face à cette forte présence de mercure.


« Nous ne savons pas encore si le mercure est disponible pour les organismes, de dire la chercheuse. Nous n’avons pas assez d’évidences pour dire que les poissons ou d’autres animaux ne sont pas comestibles; il faut vraiment d’autres études. Ça demeure une question importante pour la recherche dans la région et même au niveau mondial. »


Le gouvernement canadien considère que la concentration maximale acceptable de mercure dans l’eau potable est de 1 microgramme par litre (1 µg/L). 1200 nanogrammes correspond à 1,2 microgramme.


Il n’est pas certain, au moment de mettre sous presse, que ces études seront poursuivies par Suzanne Tank et l’Université de l’Alberta.

Les sédiments
« Il n’y a pas de critères de santé sur le niveau de mercure dans les sédiments, » commente l’administratrice en chef de la santé publique, Kami Kandola.


Elle note cependant que des microorganismes dans l’environnement aquatique peuvent transformer le mercure et l’introduire dans la chaine alimentaire. « Si jamais des taux élevés de mercure étaient observés dans le tissu des poissons, précise la docteure Kandola, le ministère de la Santé et des Services sociaux émettrait un avis sur la consommation de poisson. »

Ancien record
Le précédent record, rapporte Kyra St.Pierre, provenait d’un échantillonnage de la rivière Peel elle-même, donc plus au nord que la récente étude. Il provient d’une étude datant de 2013 citée en 2016 dans un rapport du gouvernement canadien sur le niveau de mercure dans l’ensemble des cours d’eau canadiens.


Le mercure serait naturellement très présent dans les sols de la région.


« Les glissements vont s’accentuer, annonce Kyra St.Pierre. On trouve les exemples les plus dramatiques aux TNO et au Yukon. Avec l’accélération du réchauffement, on va le voir dans les autres régions de l’Arctique. »


L’étude dirigée par la docteure St.Pierre a été publiée dans la revue américaine Environnemental Science & Technology.


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