COVID-19 : Ramdam pour le ramadan

Comme tous les musulmans du monde entier, ce jeune chef, installé à Yellowknife depuis peu, vit son premier ramadan pendant une crise sanitaire. (Courtoisie Said Salhi)

Comme tous les musulmans du monde entier, ce jeune chef, installé à Yellowknife depuis peu, vit son premier ramadan pendant une crise sanitaire. (Courtoisie Said Salhi)

Du 23 avril au 23 mai, la religion musulmane rapproche ses fidèles aux quatre coins du monde. 30 jours durant lesquels le rituel du ramadan sera respecté. Une coutume qui voit ses traditions transformées cette année à cause de la crise actuelle de la COVID-19.
Said Salhi a 30 ans. Chef au restaurant Copperhouse de Yellowknife, ce Marocain d’origine est arrivé en mars 2019, dans la capitale des Territoires du Nord-Ouest. De tradition musulmane, il considère que cette période est un « test » pour chacun. « Le virus amène à se poser des questions sur sa vie, et le monde dans lequel on vit », explique-t-il avant d’ajouter : « Ce qui est problématique, c’est que l’on n’a plus les moyens de se rencontrer, et c’est important pour n’importe quelle communauté. »
Cependant, selon lui, pratiquer le ramadan au moment d’une pandémie mondiale ne change pas grandement ses habitudes. « Les prières, je les fais seul, cela permet de se reconnecter avec soi-même. »

Traditions rompues
La communauté musulmane à Yellowknife compte environ 350 personnes, dont une trentaine serait francophone. « C’est une assez grosse proportion pour une ville de cette taille, et dans le reste du territoire, il y a également de très petits groupes à Inuvik ou encore à Fort Smith, détaille Nazim Awan, imam et directeur du Centre islamique de Yellowknife. La pandémie nous affecte beaucoup parce que nous devons normalement prier cinq fois par jour ensemble, explique-t-il. Nous sommes livrés à nous-même à la maison. »
Les années précédentes, le ramadan permettait à tous les membres de la communauté de se rassembler. Les soirs, une fois le soleil couché, des diners étaient organisés afin de célébrer la rupture du jeûne. « Traditionnellement, ce mois est une période d’entraide, il donne la possibilité aux personnes isolées et aux plus nécessiteux de se retrouver et de partager un bon repas », déplore l’imam.
Malgré tout, il n’est pas question pour ce dernier de critiquer les précautions mises en place : « C’est important pour les musulmans de prendre part à la solution et non au problème, c’est pour cela que nous avons fait le choix de fermer le centre islamique avant même l’annonce des premières mesures. »
Durant cette période, à l’instar de toutes organisations ou personne individuelle, les communications se limitent au téléphone et aux réseaux sociaux : « On organise des webinaires pour que les gens puissent savoir quoi faire chez eux. »

Mosquée à l’arrêt
Dans l’ensemble des Territoires du Nord-Ouest, il n’existe qu’une seule mosquée, située à Inuvik. Elle a été inaugurée en 2010. À Yellowknife, les musulmans se réunissent habituellement dans une maison transformée en lieu de culte sur l’avenue Franklin. Cependant, l’année 2020 aurait dû voir s’élever le premier minaret de l’histoire de la capitale. Les fondations sont visibles en face de l’hôtel Arnica Inn. « Le reste de la construction est terriblement affectée par la situation actuelle, les travaux n’avancent pas », de dire le directeur du Centre islamique.
La question du financement s’avère également cruciale selon lui et menace le chantier : « Nous ne savons pas trop comment nous débrouiller, les commanditaires n’ont plus forcément les moyens de nous suivre. »


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