Admissions scolaires : RJ Simpson prudent

À l’antenne de Radio Taïga, le nouveau ministre de l’Éducation, de la Culture et de la Formation répond aux interrogations sur le dossier des consultations publiques concernant les admissions scolaires.


Batiste Foisy : Dernièrement votre bureau a indiqué qu’il n’y aurait pas de consultation sur les admissions scolaires à l’école francophone tant et aussi longtemps que certaines requêtes d’admission faisaient l’objet de vérifications judiciaires. Or ces recours en justice ne sont pas directement liés à la politique d’admission. Pouvez-vous expliquer en quoi les consultations et les dossiers de cour ne peuvent pas être menés parallèlement ? En quoi sont-ils incompatibles ?
RJ Simpson : Il y a eu un appel et la Directive [ministérielle sur les admissions scolaires à l’école de langue française] fera l’objet d’un examen par la Cour. J’espère qu’on aura une réponse d’ici le printemps ou peut-être l’été. Avant de nous lancer dans des consultations, je pense qu’il importe d’être bien informés sur les enjeux et cela inclut l’avis des cours de justice. Alors, c’est réellement la raison pour laquelle nous voulons attendre une décision de la Cour, pour avoir en main toutes les données. Je crois que c’est nécessaire avant d’aller de l’avant avec quelque éventuelle modification [à la directive] que ce soit.

Batiste Foisy : D’accord. Or, la situation actuelle, pour le meilleur ou pour le pire, c’est que le choix d’accepter ou de refuser une demande d’admission d’un non-ayant droit à l’école francophone, c’est le privilège du ministre – vous, en l’occurrence. Alors, quel est votre processus ? S’il y avait une requête sur votre bureau ce matin, comment l’évalueriez-vous ?
RJ Simpson : La Directive détaille les critères d’admissibilité. Ensuite le ministre peut exercer sa discrétion [pour permettre l’admission d’un élève hors critère]. Il faut voir au cas par cas. Chaque dossier est unique. Il faut vraiment voir chaque dossier. Il y a tellement de facteurs. C’est difficile de dire comment je m’acquitterais d’un dossier en général.

Batiste Foisy : Certes. Or, dans les faits, jusqu’ici tout dossier qui ne correspondait pas tout à fait aux critères de la directive ministérielle a été rejeté. Est-ce que c’est aussi l’approche à laquelle nous devrions nous attendre de votre part ? Est-ce que vous traiteriez de cette manière, par exemple, un dossier ayant reçu l’aval préalable de la Commission scolaire francophone qui a déterminé que la famille a un intérêt sincère envers la langue et la culture francophone sans toutefois que l’élève soit ayant-droit ou immigrant francophone. Est-ce que vous rejetteriez sur-le-champ un tel dossier ?
RJ Simpson : Comme je le disais, c’est difficile de répondre à cette question. Rien n’est jamais tout à fait blanc, ni tout à fait noir et même le gris vient en plusieurs nuances. Alors, je ne peux pas vraiment me prononcer sans avoir les détails spécifiques d’un dossier. Mais, oui, la discrétion ministérielle existe, et je suis un nouveau ministre et je souhaite faire ce qui est juste. Alors, il faudra d’abord que je voie les requêtes qui me seront acheminées et, à cette occasion, je prendrai une décision idoine.

Batiste Foisy : Lorsque vous étiez député régulier pour la circonscription de Hay River North vous aviez appuyé l’expansion de l’école Boréale. Maintenant vous êtes le ministre de l’Éducation. Est-ce que les familles francophones de Hay River peuvent toujours compter sur votre soutien dans le projet d’agrandissement de leur école ?
RJ Simpson : Ce genre de question relève du conseil des ministres et je n’ai pas eu l’occasion de discuter de cela avec mes collègues du cabinet. Mais, vous savez, j’essaie de passer autant de temps que possible chez moi, à Hay River. Et j’ai hâte de rencontrer et de discuter avec les familles et les commissaires scolaires. Je souhaite discuter davantage avec eux.

Batiste Foisy : Une auditrice, dont les enfants fréquentent l’école Allain St-Cyr de Yellowknife, veut savoir si vous avez un plan pour améliorer l’offre de services spécialisés en français dans les écoles, l’orthophonie notamment. C’est un problème qui est parfois soulevé : les spécialistes qui évaluent les habiletés langagières des élèves franco-ténois s’expriment dans une langue que les enfants ne parlent pas. On peut voir assez aisément les ratés que peut causer une telle situation. L’auditrice mentionne aussi les services en santé mentale.
RJ Simpson : Je n’ai pas entendu parler de cet enjeu à ce point-ci. Vous savez, il y a encore de nombreux enjeux sur lesquels je dois encore être informé par mon personnel. Le ministère de l’ÉCF est un très grand ministère et je fais de mon mieux pour être breffé. Mais, maintenant, j’ai l’intention de me renseigner sur cet enjeu particulier.

Entretien entre le journaliste de Radio Taïga Batiste Foisy et le ministre de l’Éducation, de la Culture et de la Formation, RJ Simpson. L’entretien téléphonique réalisé en anglais le 13 décembre a été traduit en français par le journaliste. Certains passages ont été retranchés pour plus de concision.


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