Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées : Quatre recommandations

Marie Speakman, Therese Villeneuve, Jane Weyallon et Caroline Wawzonek. (Crédit photo : Denis Lord)

Marie Speakman, Therese Villeneuve, Jane Weyallon et Caroline Wawzonek. (Crédit photo : Denis Lord)

L’Association des femmes autochtones des Territoires du Nord-Ouest souligne la bonne relation avec le gouvernement ténois.

 

Si l’Association des femmes autochtones des Territoires du Nord-Ouest (AFATNO) considère que les appels à la justice de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (ENFFADA) auraient pu contenir des propositions plus spécifiques aux Premières Nations du Nord, elle considère tout de même que ses doléances sont reflétées dans ces appels.


L’organisme a tenu une conférence de presse à Yellowknife le 12 juin dernier.


L’avocate Caroline Wawzonek travaille pour la firme Dragon Toner, qui a conseillé juridiquement l’association ténoise lors des auditions des experts et des institutions de l’Enquête qui ont eu lieu à Yellowknife en 2018.


« Nous aurions pu avoir une longue liste de recommandations, dit-elle, [...] mais ultimement, nous avons mis de l’avant quatre recommandations, qui concernent la façon dont la société est structurée et la manière dont le gouvernement donne les services. »


Ces recommandations sont : reconnaitre le tort et la crise nationale; reconstruire la confiance dans les relations entre les fournisseurs de services gouvernementaux et les citoyens; centrer les services et programmes sur la personne et sur la collectivité; assurer l’imputabilité.


« De la manière dont nous analysons les appels à la justice, observe Mme Wawzonek, beaucoup des appels à la justice de l’Enquête incluent nos quatre recommandations. C’est vraiment un point de départ. »

Services
L’ainée Therese Villeneuve illustre le besoin de services axés sur les besoins de la personne et de la collectivité, et d’une plus grande cohésion entre celles-ci et le gouvernement.


Dans la communauté de 500 personnes d’où elle provient, dit-elle, il faudrait ouvrir un refuge pour les femmes victimes de violence conjugale, au lieu de les envoyer à Hay River ou à Yellowknife.


« J’ai vu, dit Mme Villeneuve, des femmes traverser des épisodes de violence domestique. Parfois, on leur dit “Nous t’avons aidé la dernière fois et tu es retournée à la même place alors on ne peut pas t’aider cette fois-ci.” La GRC va dire qu’elle ne peut pas agir avant qu’un crime soit commis. »


Marie Speakman travaille comme agent de liaison et a travaillé comme aide aux familles durant les audiences de l’ENFFADA dans le Nord. Elle ajoute qu’il faut que les victimes soient informées lorsque les personnes ayant commis des actes de violence domestique reviennent dans les collectivités.


Comme rapporté dans L’Aquilon du 7 juin, la présidente de l’AFATNO, Jane Weyallon, a plaidé pour une plus grande présence policière dans les collectivités, soulignant qu’il y a de la violence domestique non signalée.
« Je sais que les organisations autochtones ont discuté avec le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest, précise Mme Weyallon. Rien n’a encore été fait. »

De bons mots pour le GTNO
Malgré cette pointe d’amertume, les commentaires positifs sur le gouvernement ténois ont été fréquents lors de la conférence de presse, qui s’est déroulée au bureau de l’AFATNO en présence de parentes et d’amies de femmes autochtones disparues ou assassinées.


« Ça a été extrêmement important et intéressant que le GTNO appuie les quatre recommandations de l’Association dans sa soumission finale, souligne l’avocate Caroline Wawzonek. À notre connaissance, aucune organisation non gouvernementale n’a reçu ce type d’appui de son gouvernement. »


« Un dialogue vraiment important a été lancé, mais c’est seulement un dialogue; maintenant, c’est le temps de l’action. Il faut que les organisations comme la nôtre participent à la conception et à la prestation de services et que tout le monde soit imputable... »


Mme Wawzonek concède néanmoins que le GTNO a commencé à appuyer les travailleurs de première ligne en s’assurant qu’ils ont une formation adéquate et les ressources pour fournir les services de la meilleure façon.
« Nous avons une bonne relation de travail avec le GTNO, affirme Mme Weyallon, nous aimerions la poursuivre et faire partie de son plan stratégique pour n’importe quel programme. C’est comme ça que nous apporterons notre contribution et que nous continuerons à travailler sur les appels à la justice. »


Vers les élections
Thérèse Villeneuve concède qu’il y a des répétitions dans les recommandations des trois commissions sur les peuples autochtones, la commission royale (1991-1996), la commission de vérité et de réconciliation (2017-2015) et la plus récente, mais elle a foi que le rapport de cette dernière n’ira pas sur les tablettes et que des gestes seront bientôt portés par le gouvernement fédéral.


Interrogée sur la place que le rapport de l’Enquête devrait occuper dans la plateforme électorale des partis politiques fédéraux, Mme Weyallon ne répond pas directement.


« On sait ce que le gouvernement conservateur pensait de l’Enquête nationale avant qu’elle commence, dit-elle néanmoins. [...], J’espère [que les conservateurs] n’en feront pas un problème. J’ai de la gratitude pour le gouvernement actuel pour avoir reconnu que les femmes assassinées et disparues sont un problème sérieux. J’espère que le prochain gouvernement prendra ça en considération et continuera à travailler avec les peuples autochtones. »


Dans sa déclaration clôturant la conférence de presse, la présidente de l’AFATNO s’est déclarée d’accord avec le premier ministre Justin Trudeau sur l’apposition du terme génocide aux disparitions et aux meurtres des femmes autochtones.
« Parce que depuis le début des temps coloniaux, explique Mme Weyallon, les femmes autochtones ont perdu le contrôle et ont été exploitées à travers la législation et parce que ça arrive encore aujourd’hui. »
 

 


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