Municipalité de Yellowknife : Prêts pour 20 ans de développement

La mairesse de Yellowknife, Rebecca Alty (Crédit photo : archives Radio Taïga)

La mairesse de Yellowknife, Rebecca Alty (Crédit photo : archives Radio Taïga)

À quoi ressemblera Yellowknife dans vingt ans ? Comment résidents et entrepreneurs cohabiteront-ils pour faire évoluer leur communauté ? Des lignes directrices s’imposent, et le nouveau Plan de développement communautaire de Yellowknife déterminera ainsi la façon dont pourront être utilisés les terrains de la municipalité pour les vingt années à venir. Radio Taïga s’est entretenu avec la mairesse de Yellowknife, Rebecca Alty.

Où en sommes-nous à l’heure actuelle ? Comment décririez-vous les bases sur lesquelles sera déployé ce plan ?
En 2018, nous avons commencé à parler avec les résidents de Yellowknife. Le plan nous dira comment développer les prochaines zones pour les maisons, les entreprises. Où on va chercher les ressources, etc. La prochaine étape, c’est d’étudier nos règlements de zonage, et de nous assurer qu’ils correspondent à notre nouveau plan de développement communautaire, et qu’il n’y aura pas de conflit.
Le plan de développement communautaire doit aller dans les détails. L’une des grandes questions abordées avec les résidents, par exemple, concerne le développement du secteur de Kam Lake avec les éleveurs de chiens de traineau. Quelle distance devrait-il y avoir entre les maisons et les pistes empruntées par les chiens ? Il en sera certainement question lors des consultations pour les règlements de zonage.

À court terme, dans un horizon de cinq ans, quels seront les premiers objectifs à atteindre ?
Avoir des terrains pour construire des maisons. Les prochains résidents veulent savoir où ce sera. On veut favoriser l’accès à la propriété. Nous avons maintenant des terrains pour les résidences, mais on entend qu’il manque d’espace pour les éleveurs de chiens. Il y a également des préoccupations entourant les commerces liés à l’agriculture, ainsi qu’au tourisme. Par exemple, des résidents souhaitaient avoir un espace pour construire un pavillon intérieur pour l’observation d’aurores boréales. À l’heure actuelle, il n’y a pas de terrain pour ça à Yellowknife.

On pense ainsi à l’avenir, au mode de vie à Yellowknife. Certains jeunes expriment un désintérêt pour la région, par exemple. Quels sont les défis à relever sur ce plan à Yellowknife ?
La COVID-19 a changé beaucoup de choses. Des gens m’indiquaient en décembre vouloir acheter des terrains pour avoir de l’espace afin de développer le tourisme. Maintenant, tout ça est en pause. Or, on veut toujours entendre les résidents : s’ils croient qu’il n’y a pas de terrain pour tel projet, ils peuvent discuter avec la municipalité pour voir où ce développement pourrait se faire.
Sur le plan de l’emploi, la fermeture des mines de diamant dans les prochaines années représente aussi un grand défi. On veut donc étudier les autres secteurs d’emploi potentiels, comme l’agriculture, le tourisme, ou encore le secteur des tests de machinerie en basse température. Par exemple, Bell Hélicoptère nous a visités en 2019 pour tester leurs nouveaux hélicoptères afin de s’assurer qu’ils puissent fonctionner lorsqu’il fait froid. Il y a donc plein de petites opportunités qu’il s’agit d’attraper.

Avec le déclin de l’industrie minière, le défi se pose-t-il de garder et d’attirer des gens à Yellowknife ?
Oui. Il y a quand même d’autres entreprises minières qui vont s’installer, comme Avalon et T-Rex, autour de Yellowknife. Mais les mines de diamants représentent encore beaucoup d’emploi, et [ces autres projets miniers] ne seront peut-être pas suffisants [pour pallier aux emplois perdus] lorsqu’elles fermeront. C’est donc important d’étudier d’autres secteurs.

À quel point la municipalité parvient-elle à s’arrimer avec le GTNO ? À quel point sentez-vous que vous avez un appui ?
C’est un peu un défi, mais on essaie de travailler ensemble. Le plus grand défi, selon moi, c’est qu’une grande partie des terres au sein de la municipalité de Yellowknife appartient au gouvernement territorial. Une chose que l’on souhaiterait réaliser avec eux, c’est que Yellowknife puisse obtenir le contrôle de ces terres. Nous pourrions alors les vendre pour des fins industrielles ou résidentielles. À l’heure actuelle, on doit demander de nous transférer le terrain, pour ensuite le transférer aux nouveaux propriétaires. C’est un processus qui prend beaucoup de temps et, en affaires, on ne veut pas attendre deux ou trois années après les différents paliers gouvernementaux pour obtenir une décision. C’est un défi, mais nous allons continuer de travailler ensemble pour trouver des solutions.

Comment avance ce dossier ?
Lentement, mais nous allons continuer à pousser. C’est peut-être lent, mais c’est assez rapide : nous avons parlé à la précédente Assemblée législative. Or, c’est dans le mandat du gouvernement actuel. On avance un peu, mais on sait que ça va prendre au moins quelques années avant d’en voir la fin.


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