La passion des hauteurs : Prendre le contrôle de la troposphère

02 août 2002
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Kent Pietsch se tient devant son avion jaune et rouge qui tombe en morceaux lorsqu’il l’utilise. Ce n’est pas que l’appareil soit en mauvais état. C’est pour épater la galerie. Il ne reste que 38 Interstate Cadet dans le monde. Construit en 1942 par la compagnie américaine Interstate Engineering, ce petit appareil de 740 livres a été utilisé lors de la Deuxième Guerre mondiale. Son pilote, Kent Pietsch, a reconstruit de 1977 à 1979 le modèle qu’il utilise lors de spectacles aériens. Lorsqu’il s’élance, le petit oiseau de métal chancelle dangereusement. Pourtant, le pilote s’est retrouvé aux commandes d’un avion dès l’âge de 16 ans.

Le public de Yellowknife n’était pas au courant de ce détail lors du spectacle aérien du 27 juillet dernier. Lorsqu’il a mis les moteurs en marche et qu’il s’est élancé vers le ciel, Kent Pietsch, un Américain du Dakota du Nord, a eu à ses trousses ambulances et camions de pompiers. Un peu fou, il s’est amusé à frôler les véhicules au sol. « J’ai appris ça tout seul », dira-t-il pour expliquer ses manœuvres audacieuses.

« Lors de mon spectacle, je vais enlever l’une des ailes de l’avion. C’est pour montrer au public qu’un avion peut voler même avec une seule aile. » Il en fera de même avec son moteur, qu’il coupe en plein vol. Le « deadstick » est le clou du spectacle, lorsque l’avion, sans moteur, redescend vers le sol en spirale. « Je n’ai jamais eu d’accidents », annonce-t-il fièrement, ajoutant toutefois qu’il a « déjà touché des arbres. »

Kent Pietsch, entre sa douzaine de spectacles par année, est pilote professionnel pour Northwest Airlines. Il a accumulé jusqu’à ce jour près de 25 000 heures de vol.

Planer comme un oiseau

Les médias ont été conviés à rencontrer les pilotes et à essayer certains appareils lors de la journée précédant le spectacle aérien. Sur les pistes bordant le hangar de la Défense nationale à l’aéroport de Yellowknife, les Snowbirds des Forces armées canadiennes sont sous inspection. Un mécanicien, Québécois d’origine, explique que les deux réservoirs situé sous les appareils servent à emmagasiner de l’essence diesel, « pour faire de la boucane. » Les neuf avions Tutor réalisent des prouesses acrobatiques et se groupent en formation lors de leur performance. Les prochaines années seront peut-être les dernières pour ces appareils car, selon un communiqué du ministère de la Défense nationale, ces avions pourraient être remisés et remplacés à partir de 2006.

Entre deux séances de photo et d’entrevues, deux journalistes ont pu voir Yellowknife en détail du haut des airs. L’équipe de parachutistes des Forces armées canadiennes, les SkyHawks, a emmené avec elle les deux élus, dont l’auteure de ces lignes, à 12 500 pieds pour un saut en tandem. L’équipe de 16 membres a pris place dans un DC3 Dakota ce qui, selon le major Juan Gallego, est assez excitant pour des militaires. « Cet avion a toute une histoire militaire. Il a été utilisé lors du débarquement de la Normandie, lors de la Deuxième Guerre mondiale. »

Les SkyHawks se déploient dans le ciel et réalisent des manœuvres acrobatiques en chute libre et après l’ouverture du parachute. De mai à octobre, ces militaires, pour la plupart au sein de l’armée de terre, feront près de 80 représentations. Ces soldats, postés dans la division « amusement » des Forces armées, n’en sont pas moins aguerris à l’exercice militaire. Hors saison, ils sont amenés à intervenir lors de recherches et de sauvetages.
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