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Naturopathie : Première profession règlementée par la Loi sur les professions de la santé et des services sociaux

La Loi sur les professions de santé et des services sociaux est entrée 
en vigueur ce mardi 1er mars 2022. (Crédit photo : Maxence Jaillet/Archives Médias ténois)

La Loi sur les professions de santé et des services sociaux est entrée en vigueur ce mardi 1er mars 2022. (Crédit photo : Maxence Jaillet/Archives Médias ténois)

Après plus d’une décennie de discussions, la profession de naturopathe est désormais règlementée aux Territoires du Nord-Ouest. Cette règlementation a pour objectif de protéger les populations en contraignant les praticiens à respecter un certain nombre de normes pour exercer en tant que naturopathe.

Lambert Baraut-Guinet
IJL – Réseau.presse – L’Aquilon

Le mardi 1er mars 2022 est entrée en vigueur la Loi sur les professions de la santé et des services sociaux. L’objectif de ce texte est de règlementer les professions de santé dans les Territoires du Nord-Ouest. Première cible de cette loi, les médecins et les naturothérapeutes, dont l’activité au Canada n’est pas toujours très régulée.

Les TNO rejoignent donc la Colombie-Britannique, l’Alberta, la Saskatchewan, le Manitoba et l’Ontario dans la classe des provinces et territoires qui régulent la pratique naturopathique. Ailleurs au Canada, et comme c’est le cas dans de nombreux endroits de par le monde, n’importe qui peut s’installer et se prévaloir de la qualité de docteur en naturopathie.

Nicole Redvers est docteure en naturopathie et exerçait à Yellowknife en 2011, lorsque le sujet fait son entrée à l’Assemblée législative. Elle expliquait à l’époque à L’Aquilon, que «?sans législation, n’importe qui peut s’installer aux TNO, mettre sur pied une clinique et s’identifier en tant que docteur en naturopathie, sans que personne ne lui demande s’il a des compétences, des diplômes, ou s’il est enregistré ailleurs au Canada ». À cette époque déjà, elle et ses collègues des TNO militaient pour une règlementation protégeant à la fois les patients et les praticiens.

En 2015 et 2016, la nouvelle législature s’empare du sujet et ébauche la Loi 36 sur les professions de santé et des services sociaux. Cette loi même qui permettra d’encadrer les pratiques des différents métiers liés à la santé, y compris les naturopathes.

Nicole Redvers, docteure en naturopathie et ancienne praticienne aux TNO.
(Crédit photo : Sandra Iniss/Archives Médias ténois)

Bien que la règlementation proposée aille bien dans le sens des médecins naturopathes des TNO, Nicole Redvers pointe à cette époque, toujours dans les colonnes de L’Aquilon, certains manques dans le texte. Elle explique notamment que sa pratique de la médecine naturopathique nécessite l’accès à des laboratoires d’analyse médicale, et que la liste des molécules thérapeutiques accessibles à sa pratique reste limitée par le contrôle exercé par les médecins. « Ça serait impossible de pratiquer autrement qu’avec un accès à des laboratoires », disait-elle à ce moment-là.

Mais le résultat aujourd’hui, dévoilé par communiqué de presse ce mardi 1er mars, semble beaucoup mieux lui convenir. Elle explique cette fois être relativement satisfaite de la manière dont la régulation devrait permettre la protection de sa profession : « Nous sommes très satisfaits de la règlementation, explique-t-elle. Elle répond aux besoins de sécurité du public dans les Territoires du Nord-Ouest, et elle est très semblable à celles des autres provinces et territoires déjà règlementés au Canada. De cette manière, il n’y a pas de véritable précédent, on pourrait dire. Tout est clair. »

« Nous voulions nous assurer que tous les praticiens qui viennent dans le Nord soient correctement formés et éduqués, et ne puissent pas venir dans des régions non règlementées et potentiellement mettre les patients en danger. La sécurité est toujours notre première préoccupation, mais nous devons aussi nous assurer que le public soit conscient de ce que les docteurs en naturopathie peuvent et ne peuvent pas faire. »

C’est donc chose faite, et les futurs médecins naturopathes devront à partir de cette année faire une demande de licence annuelle auprès du gouvernement des TNO. La première demande est d’ailleurs à déposer avant le 1er septembre 2022. Pour utiliser un des titres autorisés par le gouvernement, dont ceux de docteurs ou de médecins naturopathes, les praticiens devront respecter un certain nombre de contraintes, telles qu’édictées par le College Of Naturopathic Doctors Of Alberta (CNDA), l’organisation qui régit les docteurs naturopathes de l’Alberta.

C’est ce texte qu’a repris l’Association des docteurs en naturopathie des TNO pour ses propres conditions, impliquant donc que la licence officielle demandée par le GTNO soit éditée par le CNDA. À partir de 2022 donc, pour porter le titre de docteur ou médecin en naturopathie, il faut avoir été formé ou avoir étudié la médecine naturopathique dans un des cursus listés par l’association canadienne des médecins en naturopathie.

Il n’en existe que deux au Canada, tous deux remis par le Canadian College of Naturopathic Medicine, et dont les campus sont situés à Vancouver et à Toronto. Les formations durent quatre ans et sont accessibles après un premier cycle universitaire de trois ou quatre ans avec une concentration scientifique conseillée. Ces institutions sont privées, et les frais de scolarité sont d’environ 26 000 $ par an. Cinq autres écoles existent aux États-Unis, et proposent des formations similaires.

Une fois sorti.e.s de l’école, les futur.e.s docteurs en naturopathie qui souhaitent s’installer aux TNO devront s’inscrire au CNDA. Les diplômés devront se faire remettre la fameuse licence, s’enregistrer auprès du gouvernement des TNO, et respecter l’ensemble des règles stipulées par l’association albertaine. Un certain nombre d’heures de formation ou certaines contraintes d’exercice sont exigées pour pouvoir renouveler la licence.

Ces conditions sont, selon Nicole Redvers, une obligation pour « avoir l’assurance non seulement que les naturopathes peuvent pratiquer en toute sécurité aux TNO, mais aussi que nous n’aurons pas de gens qui viendraient ici sans les titres de compétences adéquats et qui pourraient nuire à notre public et aux membres de notre communauté ».

Elle pointe par exemple le cas du Québec : « Il y a beaucoup de naturopathes [là-bas], mais ils ne peuvent pas fournir de soins médicaux, car ils n’ont pas fait d’études de médecine. » Il est donc important, selon elle, d’être certains que « les gens formés puissent venir dans les territoires, et que ceux qui ne le sont pas ne puissent pas profiter de la situation ».

C’est en gardant ces objectifs en tête que le GTNO précise également, dans son communiqué du 1er mars, la création d’un comité consultatif sur la règlementation de la profession de naturopathe, pour définir le champ d’action de ces professionnels et permettre, comme l’explique la ministre de la Santé et des Services sociaux des TNO, Julie Green : « de s’aligner sur les meilleures pratiques et les normes établies déjà en place dans la plupart des administrations canadiennes ». Elle permet également aux praticiens et aux patients de bien comprendre ce qui est requis et attendu des professionnels.


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