Une femme à la mer ! : Portrait d'une bénévole d'Iqaluit

11 mai 2001
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Les dunes de roche façonnent la capitale, tout comme Suzanne Lefebvre a façonné cette ville qu'elle habite depuis 12 ans. « J'étais une fille de la ville, de Montréal. Je n'avais pas d'enfants, je sortais beaucoup car j'adorais la vie culturelle de la métropole », raconte Suzanne Lefebvre, expliquant qu'elle a « fait comme bien du monde » en suivant son mari à Iqaluit.

Suzanne admet qu'au début, cela n'a pas été facile. « Tu ne peux pas trouver Montréal à Iqaluit et tu ne peux pas reproduire la vie de la ville », explique celle qui n'aime ni la motoneige, ni le plein air. « Je n'avais jamais fait de bénévolat avant d'arriver à Iqaluit, mais ça été une bouée de sauvetage ! »

La Nunavutoise a fait partie d'un groupe de femmes blanches et autochtones qui se rencontraient pour échanger. Elle a également été vice-présidente de la Fédération Franco-TéNOise avant la division. « Le milieu communautaire m'a permis de combler le vide », avoue Suzanne. « Ce n'est pas facile de toujours avoir à vivre des deuils », souligne-t-elle. Les gens qui s'établissent plus de dix ans à Iqaluit se font plutôt rares ! « J'avoue que j'en fais moins [bénévolat] mais je demeure très engagée auprès de l'école. J'ai moins de temps parce que je suis en amour ! », s'exclame Suzanne, en ajoutant qu'elle n'a pas envie de laisser des traces jusqu'à sa mort non plus. Selon elle, il faut parfois délaisser un peu le bénévolat pour forcer d'autres personnes à prendre la relève. « Il faut que ces gens-là apportent leurs couleurs à la communauté », souligne-t-elle. Par ailleurs, Suzanne a déjà donné beaucoup en mettant sur pied, en 1993, un programme de français à Iqaluit, avec Nicole Beaulieu.

« Nous n'avions pas de ressources et nous étions seulement deux enseignantes francophones dans une école trilingue pour enseigner de la maternelle à la septième année ! », se souvient la bénévole du mois. « Parfois je suis obligée de me mordre les lèvres quand j'entends certains commentaires de la part du personnel enseignant. Ils n'ont pas connu ce temps ! », lance celle qui ¦uvre actuellement au sein du ministère de l'Éducation du Nunavut.

Et l'avenir dans tout ça

L'avenir sera-t-il blanc, couleur Iqaluit, pour Suzanne Lefebvre et ses deux enfants nés à dans la toundra ? « Vivre dans le Nord m'a appris à accepter les différences et à rencontrer toutes sortes de personne. Ma fille est très nordique, elle rêve de transporter des touristes en traîneau à chien. Mon fils inuit, lui, a pas mal plus d'intérêt pour le Sud », souligne Suzanne Lefebvre. « Il nous reste trois ans de certitude. Nous partirons peut-être du Nord. Pour moi, c'est très important que mes enfants continuent leurs études en français ! »
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