Portrait d'un couple de bénévoles d'Inuvik

20 avril 2001
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« Elle va bien elle-là. So far, so good »,lance Albert Basque, de son bel accent acadien, en parlant de sa fille qui vient de naître, il y a quelques semaines à peine. Le couple avait l'intention de mettre les voiles et de repartir vers leur terre natale (Tracadie au Nouveau-Brunswick), mais une offre d'emploi intéressante les gardera encore pour quelques années à Inuvik ! Juste le temps de bâtir la nouvelle association francophone de cette communauté située près du delta du Mackenzie.

« C'est la première fois que je fais du bénévolat. Ils me font travailler dur », lance Albert Basque en riant et en m'expliquant ses fonctions de vice-président de l'Association des francophones du delta du Mackenzie. Il s'occupe du recrutement des membres. « C'est vraiment dur d'avoir des membres puisque les gens viennent à Inuvik le temps d'un contrat. Les gens ne sont pas stables et certains travaillent du lundi au lundi, puis ils quittent », avoue Albert Basque.

« Nous sommes une petite gangqui commence. » La cabane à sucre n'a pas eu lieu cette année faute de temps, mais une glissade familiale a été organisée par la jeune association francophone. « Nous avons fait cette activité pour tout le monde. Les autochtones l'apprécient ! », avoue le jeune papa, en soulignant qu'éventuellement, des activités uniquement pour les francophones seraient mises en ¦uvre. L'association pourra compter sur une très jeune membre, bébé Noémie! « On lui fait écouter la musique de 1755, elle va aimer ça ».

Pourquoi faire du bénévolat à l'association ? « Je suis un Acadien, je parle français », s'exclame celui qui n'a pas peur des mots. Il raconte qu'il s'est souvent fait aborder par des gens d'Inuvik qui lui demandaient pourquoi il ne parlait pas la langue du Canada, soit l'anglais. « J'ai répondu : là, toi t'es en train de perdre ta langue et tu veux que je parle anglais et que je perde la mienne ? Si l'on perd le respect de soi-même, on perd tout ! », lance Albert. Il n'est pas prêt de perdre son français puisque de son propre aveu « j'aime même les commerciaux, puisqu'ils sont diffusés en français ! »

Un bénévole qui ne perd donc pas espoir.

« On ne se décourage pas ! », s'exclame celui qui vient de relever son « plus beau défi », apprendre le métier de papa, une forme de bénévolat qui ne s'achève pas !
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