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Plusieurs sociétés pétrolières se retirent de la réserve faunique de l’Arctique

Pour Dana Tizya-Tramm, chef de la première nation des Gwitchin Vuntut au Yukon (premier à gauche), tous les outils législatifs, techniques, règlementaires et juridiques disponibles seront utilisés pour obtenir une protection permanente de la réserve faunique nationale de l’Arctique en Alaska. (Crédit photo : Gouvernement des Gwitchin Vuntut)

Pour Dana Tizya-Tramm, chef de la première nation des Gwitchin Vuntut au Yukon (premier à gauche), tous les outils législatifs, techniques, règlementaires et juridiques disponibles seront utilisés pour obtenir une protection permanente de la réserve faunique nationale de l’Arctique en Alaska. (Crédit photo : Gouvernement des Gwitchin Vuntut)

Les compagnies pétrolières Chevron et Renegate Alaska ont annoncé le mois dernier se retirer de la zone de la Réserve faunique nationale de l’Arctique, sur la côte de la mer de Beaufort en Alaska.

Dans un échange de courriels avec L’Aquilon datant du 13 juin 2022, la conseillère aux affaires extérieures pour la société Chevron basée au Texas, Deena McMullen, a confirmé que « la décision de Chevron de renoncer officiellement à ce bail a été motivée par l’objectif de hiérarchiser et de concentrer le capital d’exploration de manière disciplinée. » En d’autres termes et dans le contexte des changements climatiques qui affectent particulièrement l’Arctique, il n’est pas bien vu d’investir dans cette zone sensible qui est au cœur de la culture Gwich’in.

D’autres compagnies pétrolières comme Regenate Alaska, filiale de la compagnie 88 Energy, ont elles aussi décidé de se retirer de la région, à l’instar des grandes banques canadiennes. La Banque Royale du Canada et la Banque de Montréal avaient annoncé leur refus de financer des projets d’exploration dans la réserve faunique nationale de l’Arctique dès l’automne 2020.

Dans un communiqué de presse du 1er juin 2022, Dana Tizya-Tramm, chef de la première nation des Gwitchin Vuntut, a rappelé l’importance culturelle et spirituelle de cette région, qui est aussi la zone de mise bas de la harde de caribous Porcupine. Selon lui, tout projet d’exploration et de forage dans la réserve est néfaste pour l’image des compagnies qui décident de persister dans cette voie.

« Lorsque l’administration Trump a ouvert la réserve faunique au développement pétrolier et gazier, elle a ignoré nos droits et a tenté de faire taire nos voix. Ceux qui ont demandé et obtenu des baux de la plaine côtière lors de la vente illégale de baux par l’administration l’ont fait malgré d’importants risques juridiques, financiers et de réputation », a-t-il indiqué.

 

Une lutte de longue haleine

La controverse au sujet de la réserve faunique nationale de l’Arctique ne date pas d’hier. Dès 1988, le Comité directeur gwitchin a amorcé un plaidoyer pour qu’une protection durable de la réserve soit mise en place. Entre le 16 et le 19 mai 2022, une délégation de représentants de la nation gwich’in des Territoires du Nord-Ouest, du Yukon et de l’Alaska s’est rendue à Washington afin de plaider, une nouvelle fois, la cause de la réserve faunique. C’est auprès de plusieurs membres du Congrès comme Jared Huffman, membre du Parti démocrate et élu de Californie à la Chambre des représentants depuis le 3 janvier 2013, que la délégation a réitéré sa demande d’abrogation du programme d’exploration pétrolière.

« Nous exhortons que la restauration de la protection de la réserve faunique nationale de l’Arctique soit incluse dans tout projet de loi de réconciliation budgétaire qui avance cette année, car la loi américaine actuelle exige une deuxième vente de bail d’ici 2024. Nous savons que les négociations de réconciliation budgétaire sont en cours », précise Liz Staples, coordinatrice des projets en lien avec le caribou, au sein de la première nation des Gwitchin Vuntut au Yukon.

Dana Tizya-Tramm estime que le dossier est loin d’être clos et que « tous les outils législatifs, techniques, règlementaires et juridiques disponibles pour protéger [la réserve faunique] seront utilisés » pour aboutir à la mise en place d’une protection durable de la région.


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