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Plan d’action sur les langues officielles : une assemblée publique cet été à Yellowknife

R. J. Simpson, ministre de l’Éducation, de la Culture et de la Formation des Territoires du Nord-Ouest. (Crédit photo : Lambert Baraut-Guinet)

R. J. Simpson, ministre de l’Éducation, de la Culture et de la Formation des Territoires du Nord-Ouest. (Crédit photo : Lambert Baraut-Guinet)

La Fédération franco-ténoise compte recommander à Ottawa de réduire la complexité des demandes de financement et d’en accroitre la flexibilité, afin de permettre aux organismes francophones de faire leur travail dans leurs communautés.

Thomas Ethier
IJL – Réseau. presse – L’Aquilon

Des organismes ténois seront invités prendre part à une Assemblée publique organisée le 19 juillet à Yellowknife, dans le cadre des consultations pancanadiennes 2022 sur les langues officielles. Le tout se déroulera en présence de la ministre des Langues officielles du Canada, Ginette Petitpas Taylor, dans le cadre de l’élaboration du nouveau plan d’action en matière de langues officielles du Canada, dont l’entrée en vigueur est prévue pour le printemps 2023.

Le conseil des ministres de la francophonie canadienne a émis ses recommandations en juin, au terme de sa rencontre annuelle qui se tenait à Regina, en Saskatchewan. Le ministre de l’Éducation, de la Culture et de la Formation des TNO, R. J. Simpson, y représentait la francophonie ténoise. « Certains enjeux sont spécifiques aux TNO, mais nous sommes très alignés sur les autres provinces en ce qui a trait au manque de services bilingues à travers le pays », a-t-il indiqué à Médias ténois.

 

Plus de ressources en éducation

Déployées jusqu’à la fin aout, les consultations serviront notamment à orienter le projet de loi C-13, modifiant la Loi sur les langues officielles du Canada, déposée en mars 2022. « Avec ce nouveau Plan d’action, le gouvernement du Canada s’engage à faire plus et à faire mieux, afin de poursuivre son appui à la vitalité des communautés de langue officielle en situation minoritaire et à la promotion des deux langues officielles », souligne-t-on sur le site Web du gouvernement.

Se prononçant d’une même voix, les ministres qui représentent la francophonie canadienne appellent Ottawa à mieux coordonner ses investissements, dans le but de maximiser le financement et les ressources offertes aux territoires et provinces, le tout, dans le but d’assurer « une plus grande efficacité de leurs actions respectives », lit-on dans un communiqué de presse.

Le ministre Simpson met notamment l’accent sur le secteur de l’éducation, appelé à accroitre le bassin de locuteurs francophones parmi les résidents des Territoires du Nord-Ouest. « Un nombre croissant de parents souhaitent inscrire leurs enfants en classe d’immersion pour l’apprentissage du français comme langue seconde, affirme le ministre. Nous sommes engagés en tant que gouvernement à créer des locuteurs francophones, mais les TNO sont aux prises avec une pénurie d’enseignants, à la fois francophones et anglophones. »

De manière plus large, le conseil des ministres réclame du gouvernement fédéral qu’il admette davantage d’étudiants internationaux qui parlent français au pays. « Nombre de provinces et territoires l’ont réclamé. Nous avons discuté des possibilités de collaboration entre les territoires, les provinces et le gouvernement fédéral, puisqu’il s’agit d’une responsabilité partagée », a souligné le ministre.

Néanmoins, selon ce dernier, les Franco-Ténois ont droit à une offre relativement compétitive en matière de services gouvernementaux. « Notre modèle est différent de celui des provinces, puisque le gouvernement fédéral finance les services en français à 100 %. Dans certains secteurs, nous sommes en mesure de fournir davantage de services en français que certaines provinces », affirme R. J. Simpson.

 

Appuyer les initiatives sur le terrain

De son côté, la FFT s’affaire à préparer des recommandations pour l’assemblée publique du 19 juillet. L’organisme qui représente les intérêts des francophones du territoire compte déjà une liste de requêtes à soumettres. À l’heure actuelle, le tout cible essentiellement les obstacles bureaucratiques qui se dressent devant les organismes qui souhaitent faire partie de la solution.

Sur le plan administratif, les organismes francophones seraient eux-mêmes aux prises avec des exigences de reddition de compte qui surpasseraient leurs capacités. « Il s’agit d’un enjeu criant. Il devient difficile pour nous de mobiliser les partenaires, qui manquent de ressources pour naviguer les demandes de financement. C’est une chose que l’on constate du côté des organismes francophones des TNO, et que nous vivons à la FFT », affirme Mme Fournier.

La FFT observerait une démobilisation des partenaires face à la difficulté à s’engager dans des projets financés par Ottawa. « Ces projets amènent pourtant des fonds, mais les demandes de financement sont tellement lourdes sur le plan administratif, les organismes n’ont pas les ressources humaines pour s’embarquer. Ce n’est pas faute d’intérêt », déplore la directrice.

Il en irait de même sur le plan de l’attraction de la main-d’œuvre, alors que les exigences administratives imposeraient « énormément d’obstacles » à l’immigration, selon Mme Fournier. « Il faut donner les moyens aux organismes sur le terrain de participer aux différentes étapes du processus d’immigration, suggère-t-elle. Ce qu’on observe, c’est un processus lourd et complexe, qui gagnerait à être facilité pour accroitre la population francophone des provinces et territoires. »

La FFT compte également plaider pour un meilleur financement de base. À l’heure actuelle, bien que l’argent soit disponible, les financements ne seraient accordés que pour des projets circonscrits. « Pour assurer la pérennité des organismes francophones et leur permettre de répondre aux besoins de leur communauté, il est clair qu’un financement de base adéquat, indexé au cout de la vie, est nécessaire. Ce n’est pas ce que nous avons observé dans les dernières années », souligne Mme Fournier.

 

*Corrections:
Il est indiqué dans une précédente version de cet article que la ministre Ginette Petitpas Taylor se déplacera à Yellowknife dans le cadre de sa tournée. C’est plutot son secrétaire parlementaire, Marc G. Serré, qui sera présent, selon ce qu’a indiqué le cabinet de la ministre à Médias ténois, le 8 juillet.


Il est indiqué dans une précédente version de cet article que le public sera invité à prendre part à l’Assemblée publique du 19 juillet. Il faut plutôt lire que des groupes spécifiques seront invités à participer à cette session - décrite comme un Forums de discussion en présentiel de type « assemblées publiques » sur le site du gouvernement- et qu’elle ne sera pas ouverte au grand public.


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