Stratégie pour les arts 2021-2031 : Plaidoyers pour les Arts aux Territoires du Nord-Ouest

29 septembre 2021
Le Centre du patrimoine septentrional Prince-de-Galles. (Crédit photo : Marie-Soleil Desautels)

Le Centre du patrimoine septentrional Prince-de-Galles. (Crédit photo : Marie-Soleil Desautels)

Alors que des associations d’artistes déplorent un faible appui du GTNO, aux yeux du ministre de l’Éducation de la Culture et de la Formation, R. J. Simpson, l’avenir financier du secteur artistique ténois dépendra d’Ottawa et du secteur privé.

Thomas Ethier – IJL – Territoires

Le GTNO dépense beaucoup d’argent pour les arts, mais il devra maintenant évaluer la manière dont cet argent est dépensé parmi les artistes et groupes d’artistes. C’est ce qu’indique le ministre de l’Éducation, de la Culture et de la Formation, R. J. Simpson, qui ajoute que cet exercice n’a encore jamais été réalisé par le GTNO. Cette mesure s’inscrira dans les premières étapes de la nouvelle Stratégie pour les Arts des TNO 2021-2031, dévoilée en septembre par le GTNO.

Présenté conjointement par le ministère de l’Industrie, du Tourisme et de l’Investissement, et par le ministère de l’Éducation, de la Culture et de la Formation, le document met de l’avant plusieurs priorités, incluant la mise sur pied d’espaces de création et d’exposition, l’accès au financement, l’engagement des artistes auprès des jeunes, et le renforcement du secteur artistique.

À terme, cette stratégie devra notamment permettre de structurer le secteur des arts aux TNO, et d’offrir des ressources aux artistes pour leur permettre d’obtenir davantage de financement du gouvernement fédéral et du secteur privé. « Nous devons faire en sorte que les organismes locaux aient accès au financement fédéral qui est disponible, ainsi qu’à l’appui de tiers partis du secteur privé. Cet argent, nous ne pouvons pas le faire entrer aux TNO à l’heure actuelle », a indiqué le ministre à Médias ténois.

 

Des fonds divisés

Cette nouvelle stratégie gouvernementale succède à une première initiative, mise en place en 2007, dont l’un des principaux objectifs était de faire connaitre les différents programmes gouvernementaux offerts aux artistes. Selon la directrice du Northern Arts and Cultural Center (NACC), Marie Coderre, ces efforts de promotion auront surtout eu pour effet de diviser les fonds disponibles. « La même tarte a été divisée entre un nombre croissant de créateurs », résume-t-elle.

« La stratégie des dix dernières années a vraiment permis d’accroitre la popularité des programmes. Ils ont fait un bon travail de communication. Mais en ce qui concerne le NACC, c’est un désastre, affirme Mme Coderre. Des parties de nos budgets ont été redistribuées vers d’autres groupes artistiques. Mais à quoi bon ? Offrir de petits dons par-ci par-là, sur une base annuelle, ça ne permet pas vraiment de solidifier la fondation. »

« À l’heure actuelle, il est très difficile pour tous les groupes artistiques des TNO d’établir un plan sur cinq ans, poursuit-elle. Chaque année, ils doivent repartir à zéro. À quoi bon élaborer un plan stratégique ? Chaque année, le NACC s’efforce d’atteindre ses objectifs annuels, point. C’est sans doute pire pour les autres groupes puisque plusieurs d’entre eux n’ont même pas accès à un fonds de roulement. »

 

L’argent d’Ottawa et du privé

La directrice du NACC appelle aussi les députés à faire pression à l’Assemblée législative, pour s’assurer que de réels efforts seront mis en place pour appuyer le secteur des arts. Or, selon le ministre Simpson, l’évolution du secteur artistique ne saurait dépendre uniquement des coffres du GTNO, dont le budget annuel pour les arts s’élève à environ 2 900 000 $. « Non, le GTNO ne néglige pas les arts, soutient-il lorsque questionné sur le financement du secteur des arts. Après le Yukon, c’est aux TNO que l’on dépense le plus d’argent pour les arts par habitant. »

« La grosse différence par rapport au reste du pays, c’est que les artistes des provinces ont accès à d’importants montants provenant d’Ottawa ou du secteur privé, auxquels les artistes d’ici ne peuvent accéder. Presque tout l’argent pour les arts aux TNO provient du GTNO, explique M. Simpson. C’est l’un des principaux problèmes que nous devrons régler dans les prochaines années. [Les financements offerts par le fédéral et le secteur privé] représenteront éventuellement la plus importante source de revenus que nous aurons pour les arts. »

Le ministre affirme qu’il aimerait voir apparaitre une galerie d’art aux TNO dans les prochaines années, « un lieu qui rassemble ateliers et salle d’exposition », souligne-t-il. Sur ce plan, le GTNO devra appuyer les démarches de la communauté artistique, pour lui permettre d’aller chercher l’argent là où il se trouve. « Dans la plupart des provinces, les galeries d’art ne sont pas construites par le gouvernement provincial ou fédéral, mais par des organismes locaux, qui sont financées par un tiers parti comme les gouvernements ou les entreprises privées, souligne le ministre. Nous appuierons les organisations locales, qui devront être à la tête de ce type d’initiatives. »

Un projet pilote à Yellowknife

Basée dans la capitale, la Yellowknife Artists Cooperative (YAC) a mis sur pied, à l’été 2021, un projet pilote de centre des artistes, aménagé dans le célèbre bâtiment du Wildcat café. Par cette initiative, les instigateurs ont souhaité rassembler les artistes et centraliser les efforts pour assurer le déploiement des arts dans les collectivités des TNO. Selon Fia Grogono, qui présida le projet, la publication de la Stratégie pour les arts 2021-2013 du GTNO représente un pas dans la bonne direction.

« L’objectif, c’est que nous ne soyons plus en compétition pour la même cagnotte, explique-t-elle. Les différents groupes artistiques doivent être en mesure de joindre leurs forces et de créer un réseau, plutôt que d’agir de façon disparate. Ce document présente des objectifs ambitieux, et nous offrira l’occasion de tenir le gouvernement responsable de ce qu’il avance. Nous serons en mesure de dire “voici ce sur quoi nous travaillons. Vous vous êtes donné comme mandat de nous appuyer, où est cet appui ?” »

De manière plus large, selon les membres de la YAC, le GTNO devra accorder une plus grande importance au secteur des arts, qui selon eux a toujours été négligé à travers le territoire. « Le secteur des arts devrait être officiellement reconnu aux TNO, comme le sont les secteurs du tourisme, de la restauration ou des mines de diamant, indique le trésorier de la coopérative, Roland Laufer. Les arts représentent un fort potentiel de retombées économiques. »

Mais au-delà des retombées économiques, il en irait de la qualité de vie des résidents du Nord pour la coopérative, qui voit avant tout les arts comme un outil de cohésion et de guérison. « La plupart des gens du Nord ont quelque chose de beau à mettre sur leurs murs. Il y a de nombreux créateurs aux TNO, mais l’importance des arts va au-delà du produit artistique, ajoute le président de la YAC, Matthew Grogono. L’art est un facteur de guérison. Ça ne touche pas uniquement 10 ou 15 % des gens. L’art rassemble tous les membres d’une communauté. »


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