Économie : Pine Point pourrait revivre en 2025

Le projet minier de Pine Point. (Courtoisie Métaux Osisko)

Le projet minier de Pine Point. (Courtoisie Métaux Osisko)

La mine offrirait 258 emplois pendant environ 10 ans.

Pine Point, l’ancienne mine de zinc et de plomb du Slave Sud, pourrait revivre et se hisser au 9e rang mondial en termes de production.
C’est ce qui ressort d’une évaluation économique préliminaire préparée par des firmes indépendantes pour Métaux Osisko, propriétaire de Pine Point, et rendue publique le 15 juin dernier.
« Selon le plan proposé, la mine produirait 450 millions de livres de zinc à son point culminant et une moyenne annuelle de 330 millions de livres de zinc et 145 millions de livres de plomb pendant une durée de vie anticipée de 10 ans », indique le directeur général et président de Métaux Osisko, Robert Wares.
La valeur actuelle nette après impôt de la mine serait de 500 millions $, avec un taux de rendement interne après impôt d’environ 30 %.
« Cette étude vient confirmer le potentiel de Pine Point, affirme le vice-président au développement corporatif de Métaux Osisko, Killian Charles. […] Il y a très peu de projets de zinc de cette envergure dans le monde, avec un rendement aussi élevé et un accès à des infrastructures. Nous pensons avoir démontré tout ce qu’il faut pour que ça devienne éventuellement une mine. »
On estime qu’une fois en opération la mine pourrait générer des revenus bruts de 4,3 milliards $ et permettre à la minière d’engranger des profits de 960 millions $.

Le zinc, symbole de croissance économique
La valeur de Pine Point est constituée à 70 % par le zinc.
« La projection qu’Osisko utilise est en fonction d’un prix du zinc plus élevé [que le prix actuel] », commente le directeur de la Chambre des mines des Territoires du Nord-Ouest et du Nunavut, Tom Hoefer. « Mais le marché du zinc est actuellement moyen parce qu’avec la COVID, l’économie se trouve dans un moment d’incertitude. Mais une fois que nous aurons passé cette étape, l’économie va reprendre. »
Or, avance M. Hoefer, le zinc étant utilisé pour empêcher l’acier de rouiller, son utilisation va de pair avec la croissance économique.

Un plan réaliste?
Il faudrait 550 millions $ en capitaux d’investissement pour ouvrir la mine, dont 245 millions $ pour créer une usine de traitement sur place.
« Mais il y a encore beaucoup d’exploration à faire », souligne M. Charles, dont la compagnie, basée au Québec, y exploitait jadis la mine aurifère de Malartic. […] Nous voyons des façons d’agrandir la ressource. Nous voulons faire plus de forages cette année. »
La compagnie souhaite franchir tous les processus règlementaires avant de chercher des investissements.
Avec le temps nécessaire pour l’exploration, l’obtention de permis et la construction de l’usine de traitement, M. Charles estime que Pine Point ne pourrait rouvrir avant 2025, sinon 2026.
Une estimation très optimiste, considère Tom Hoefer, quand on tient compte des délais inhérents à l’évaluation environnementale et aux processus d’obtention des permis. Il se dit néanmoins excité par la réalisation prochaine d’un autre projet minier aux TNO. « En 2025, souligne M. Hoefer, nous perdrons une opération minière majeure avec la fermeture de Diavik, qui emploie 1 100 personnes. Pine Point, avec ses 258 travailleurs, ne remplacera pas ça, […] mais chaque morceau aide. […] Nous avons besoin de plusieurs Pine Point. »
Selon l’évaluation économique préliminaire, préparée par les firmes BBA, WSP Canada et Tetra Tech, la renaissance de Pine Point pourrait générer des revenus d’impôts de 529 millions $ aux paliers fédéral et territorial.

Avantages
À Pine Point, Métaux Osisko bénéficie d’avantages considérables qui diminuent ses couts d’opération, assure Killian Charles.
Avec une concentration du minerai en zinc de 60 %, alors que la moyenne sur le marché serait de 50 %, le zinc de Pine Point serait un des plus purs sur terre, ce qui facilite son traitement.
De plus, la majorité du zinc se trouve dans la partie à ciel ouvert de la mine alors que, selon M. Charles, près de 85 % de la production mondiale se ferait sous terre.
Enfin, à Pine Point, Métaux Osisko bénéficie d’infrastructures déjà en place. « Ça aide, de dire le vice-président. Il y a la sous-station électrique [reliée à la centrale Tatson], le chemin de fer à Hay River, qui donne une bonne idée de comment on sortirait le concentré produit à la mine, l’accès routier se fait très facilement. »
Métaux Osisko a conclu des ententes avec la Nation Métis des Territoires du Nord-Ouest et la Première Nation Deninu Kue´ afin d’agrandir ses claims dans la région. L’Aquilon n’a pas été en mesure de communiquer avec leurs représentants.
La mine de Pine Point a été opérée du milieu des années 60 jusqu’en 1987 par la minière Cominco. La création de la mine a donné naissance à une collectivité du même nom qui aurait compté près de 2 000 citoyens. Les minières Tamerlane Ventures et Darnley Bay en ont été ensuite propriétaires du site, sans jamais l’exploiter, avant que Métaux Osisko en fasse l’acquisition en 2018. Cette dernière a aussi un projet minier au Nouveau-Brunswick et des propriétés au Québec.


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